Thèse de Pans
ANGINE DIPHTÉRIQUE
compléta les travaux de ses prédécesseurs. Suivant cet auteur, la thrombose cardiaque dans la diphtérie serait fréquente et déterminerait souvent une issue fatale.
La péricardite n’était guère connue : en effet, elle semble infiniment rare, dans la diphtérie. On ne trouve signalés que des épanchements citrins peu abondants et surtout des taches ecchymotiques analogues à celles que l’on rencontre dans l’endocarde.
Altération des muscles laryngés l. — A un certain moment, on fit jouer un grand rôle aux lésions des muscles laryngés extrinsèques et parfois intrinsèques dans la pathogénie des troubles vocaux tenaces que l’on observe parfois consécutivement à la diphtérie. Nous empruntons à la thèse de Collendreau le passage qui y a trait.
;< Les altérations de ces muscles dans les cas de croup ont été jusqu’ici l’objet d’une étude incomplète. Elles ne sont même pas signalées par les auteurs qui se sont occupés, dans ces derniers temps, de l’anatomie pathologique des muscles : Zenker, Waldeyer, Niemeyer, Bernheim.
« A propos du croup, nous trouvons dans le Traité de Niemeyer la phrase suivante : « Partout où nous voyons une inflammation intense des muqueuses ou séreuses, ce n’est pas seulement le tissu cellulaire sous-muqueux ou sous-séreux, mais encore les muscles recouverts par ces membranes enflammées, infiltrées de sérosité. » Comme on le voit, c’est la loi générale donnée par Stokes ; Niemeyer ne fait que l’appliquer aux muscles du larynx et ne parle point de leurs modifications histologiques.
1. Nous plaçons ici les lésions des muscles laryngés et les complications auriculaires à cause de leur rareté relative.
ROBINSON REVERLEY
« Rokitanski dit que le tissu musculaire est infiltré, relâché, paralysé dans les affections croupales.
« Zenker affirme qu’il y a paralysie, mais il met en doute l’altération musculaire.
«Dans un cas fort intéressant, publié par MM. Charcot et Vulpian, nous trouvons décrites des altérations locales des nerfs et une dégénérescence graisseuse de quelques fibres musculaires.
« Mais il s’agit d’une paralysie diphtéritique à une période avancée du croup. Or, nous voulons parler des lésions observées à la période aiguë, spécialement dans les muscles thyro-aryténoïdiens.
« Jaccoud ne fait que rappeler les lésions signalées par Rokitanski.
« De ces quelques données bibliographiques, il résulte que l’attention n’a pas été portée sur les modifications de ces muscles, particulièrement au point de l’histologie pathologique.
, « Cependant nous trouvons, dans la thèse de Fouris, quelques mots de ces lésions observées par M. Quinquaud.
« Les muscles du larynx sont atteints à des degrés très divers. Les muscles extrinsèques ne présentent que rarement quelques fibres granulo-graisseuses. Viennent ensuite les muscles aryténoïdiens postérieurs un peu plus fréquemment affectés. Mais, presque toujours dans les cas d’inflammation croupale du larynx, les muscles thyro-aryténoïdiens présentent les altérations que nous allons décrire.
«Ils apparaissent à l’œil nu pâles, tuméfiés, d’une teinte feuille-morte. Ils sont le siège d’un œdème très marqué. Si l’on vient à les disséquer, on constate que leur friabi-
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lité est considérablement accrue. Ce dernier caractère devient surtout manifeste lorsqu’on détache quelque fragment du tissu pour l’examiner.
« A l’état frais, par dilacération, on voit que les fibrilles ont augmenté de volume, qu’elles contiennent une foule de granulations très réfringentes, pressées les unes contre les autres. Il semblerait qu’on ait affaire à la dégénérescence graisseuse phosphorée. L’acide acétique ne fait que rendre plus apparentes ces granulations ; l’éther et le chloroforme les font diminuer de nombre et bientôt disparaître ; leur nature graisseuse est bien évidente. La striation n’existe plus. Les noyaux du myolème sont multipliés, mais seulement sur quelques fibres. Telles sont les modifications des fibrilles trèsaltérées. A côté, l’on peut observer tous les intermédiaires jusqu’à l’état sain, mais, d’une façon générale, tout le muscle, en son épaisseur, offre de nombreuses lésions.»
Complications auriculaires. — Les complications otiques de la diphtérie beaucoup plus rares que celles de la scarlatine et plus tardives aussi n’ont guère été mentionnées qu’en Allemagne par Trôltsch, Wreden et Wendt, qui distinguent des formes primitives, exceptionnelles, et des formes secondaires coïncidant avec la diphtérie de la gorge, un peu plus fréquentes que les premières. Oertel, dans son article du Ziemssen Handbuch, dit que la trompe est assez souvent envahie, ce qui entraîne des bourdonnements d’oreille et de la surdité. Parfois la caisse serait également atteinte. Une fausse membrane tapisserait alors cette cavité qui contiendrait également du pus. Celui-ci se viderait au dehors après perforation du tympan. Lorain et Lépine se contentent de dire que la surdité a été observée.