‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 126 sur 170 · SÉDILLOT · texte numérisé non relu

SÉDILLOT

qui étaient déjà rétablis, et qui persévérèrent pendant e îviron un mois après la guérison de l’angine et de l’abcès, l’enfant continuant à parler du nez, et ses aliments, au lieu de suivre le chemin de l’œsophage, revenant par les narines, principalement ceux qui étaient les moins solides ». Chomel l’ancien, vers la même époque, signalé nettement aussi la paresse du voile. «.Le malade, dit-il, à propos d’une observation de diphtérie buceo-pharyngée, n’a commencé à être véritablement hors d’affaire, que le quarante-cinquième jour de sa maladie, ayant toujours de la peine à s’exprimer, parlant du nez, et ayant la luette traînante. » Dans un autre cas qu’il rapporte, il a observé que la patiente était devenue louche et contrefaite, et que peu à peu, reprenant ses forces, les malformations disparurent. Samuel Bard a vu survenir pendant quelque temps, chez une petite fille de deux ans et demie, guérie d’une angine couénneuse, des accès sérieux de suffocations pendant la déglutition des liquides. « Le larynx conservait une sensibilité particulière par rapport aux liquides ; de sorte qu’au moment où la petite malade essayait de boire, elle tombait dans un accès de toux, bien qu’elle pût avaler les aliments solides sans difficulté. Ces symptômes mêmes s’évanouirent, à l’exception de la faiblesse et de l’aphonie qui persévérèrent pendant plus longtemps ; de sorte qu’au deuxième mois, elle pouvait difficilement marcher seule et élever la voix au-dessus du chuchotement. »

Sédillot le jeune publiait, quelque temps après, une observation caractéristique de paralysie diphtérique suite d’angine qui lui parut tout à fait remarquable, et sur laquelle il attire avec insistance l’attention de ses contemporains. Il attribua les troubles moteurs

ANGINE DIPHTÉRIQUE

observés à l’humidité de l’air entretenue à cette époque par des pluies continuelles, à la constitution molle du sujet, à son alimentation défectueuse, aux chagrins qu’il aurait éprouvés, bref, à un ensemble de causes déprimantes. L’auteur ignore l'exemple de paralysie si remarquable du pharynx signalé par le médecin arabe Avenzoar ; il ne connaît que ce qu'en disait Pinel, qui n’en parle que pour mémoire et, ainsi que le dit Sédillot, « comme un objet de classification »; son observation, considérée comme un « cas fort rare », est désignée sous le titre de « paralysie des organes de la déglutition » . « Mme Deleyne, âgée de vingt-trois ans, d’une constitution molle, sujette à la leucorrhée, ayant les menstrues habituellement régulières (donc pas de troubles gutturaux d’origine génitale), mais en petite quantité, me consulta le 16 décembre 1810, à l’occasion d’une maladie des organes de la déglutition, qu’elle éprouvait depuis quinze jours. Cette affection se caractérisait par les symptômes suivants : impossibilité absolue d’avaler les aliments solides, difficulté extrême d’avaler les aliments liquides, ou ceux ayant la consistance de bouillie, dont la déglutition ne se faisait qu’avec effort convulsif, impuissance, par conséquent, de prendre une quantité suffisante de nourriture, d’où amaigrissement, pâleur du visage, voix éteinte, et diminution sensible des forces. La luette et le voile du palais ' paraissent pendants et sans ressort ; ils paraissent être entraînés vers le pharynx par une force d’inertie que partagent les muscles constricteurs de cet organe. » La malade fut examinée par les docteurs Bousquet, Bodin, Arrachart, Sédillot aîné, Roux, Macquart, commissaires comme l’auteur aux consultations gratuites. On s’accorda à ordonner un régime fortifiant

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