‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 129 sur 170 · FAURE · texte numérisé non relu

FAURE

phénomènes avaient disparu. Il conclut à une action directe du virus diphtérique sur les nerfs.

Nous avons fait connaître précédemment le cas si caractéristique du docteur Herpin, dont Bretonneau avait cité tout au long l’observation dans un mémoire paru en 1855 et que nous avons analysé. On se souvient que les troubles nerveux de la sensibilité et de la motricité persistèrent pendant six mois. Trousseau, en outre de ce fait, mentionna encore celui d’un enfant qui, en pleine convalescence, fut pris de symptômes nerveux si gravés, qu’ils paraissaient dus à une affection cérébrale. A l’autopsie, on trouva cependant l’encéphale parfaitement intact.

Presque vers la même époque, c’est-à-dire, peu de temps après la thèse de Maingault, l’article de Bretonneau et la clinique de Trousseau que nous venons d’analyser, Faure fit connaître, en 1857, dans l’Union médicale, un cas qu’il signale au cours d’un article où il cherchait à mettre au point la question. Il s’agissait d’une petite fille de deux ans, qui, à la suite d’une angine diphtérique, eut les fosses nasales, le voile du palais, les amygdales et le pharynx entièrement ; recouverts par des fausses membranes. La guérison fut obtenue à l’aide d’énergiques cautérisations; mais, vingt jours après la disparition apparente du mal, l’enfant fut prise d’un profond abattement avec teint décoloré, voile du palais immobile, nasonnement, dysphagie ; quinze jours après, survint une paralysie complète de membres inférieurs avec infiltrations œdémateuses de ceux-ci. Mort vingt-sept jours après le début des accidents parétiques.

Les phénomènes furent presque aussi graves, dit-il, chez une autre malade, qui guérit cependant à la longue.

ANGINE DIPHTÉRIQUE

Cette observation est des plus intéressantes. Au cours f d’une épidémie familliale qui avait emporté le plus jeune des enfants et frappé en outre une petite fdle de neuf ans l’aînée des enfants, il fut appelé h Villerville. où l’on était allé prendre des bains de mer. L’angine pseudomembraneuse de la fillette parut assez sérieuse à cause de l’étendue des fausses membranes et de l’abattement général. Faure constata, en outre, chez un jeune garçon âgé de sept ans et demi, de la rhinite diphtérique qui obstruait les fosses nasales; il nasillonnait légèrement 1 en parlant ; mais, pendant son sommeil, on entendait un il raclement nasal des plus prononcés. Les ganglions sous- f* maxillaires étaient tuméfiés et volumineux.

« M. . . , petite fille de trois ans sur qui doit se con- f centrer tout l’intérêt de cette observation, n’avait rien | dans la bouche ou dans les narines ; sa voix était naturelle, I elle paraissait enfin se trouver dans l’état le plus, normal.

«L’aînée fut cautérisée soigneusement avec la solution concentrée de nitrate d’argent et d’acide chlorhydrique pur. Son états’améliora rapidement. En quelques jours elle fut hors de danger. Mais le lendemain de son arrivée, l’état diphtérique s’était aggravé chez elle et la petite fille de trois ans avait, au fond de l’arrière-gorge, une tache d’un blanc opalin sur laquelle" malgré son peu d’étendue et sa transparence il ne pouvait pas rester de doute. Ces deux enfants furent le même jour ramenés à Paris avec leur mère, de qui l’amygdale droite commençait également à se recouvrir de plaques blanchâtres que je cautérisais avant le départ à Paris; le garçon de sept ans fut confié aux soins de M. Lasègue ; la diphtérite ne s’amenda que par l’emploi de cautérisations les plus énergiques, renouvelées trois fois par jour. Chez la petite

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