‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 134 sur 170 · SSE · texte numérisé non relu

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TROUSSEAU

employés pour combattre l’angine, et, dans la convalescence, des toniques avaient été administrés. Les petits malades avaient été guéris de la diphtérie; toutefois l’un, une petite fille de cinq à six ans, que ses grands parents avaient emmenée chez eux, présentait des accidents pour lesquels, trois semaines après, mon confrère me faisait l’honneur de me demander mon avis. Je constatais une paralysie de la langue, du voile du palais qui empêchait la déglutition ; il y avait du strabisme ; de plus un bras et une jambe étaient complètement paralysés1. Je crus d’abord à une hémiplégie, dépendant d’une lésion tuberculeuse du cerveau. A quinze jours de là l’enfant succombait ; la paralysie s’était étendue à la totalité du corps.

« Ces faits, comme le premier, restaient donc lettre morte pour moi. Je connaissais pourtant l’observation d’Herpin de Tours. Bretonneau me l’avait racontée et m’avait dit c’est une paralysie diphtérique. Chose inouïe, je m’obstinais à ne voir là qu’une coïncidence, et lorsque nous publiâmes, en 1851, M. Lasègue et moi, notre travail sur la paralysie du voile du palais, je me tenais pour satisfait de l’explication que je donnais de ces paralysies locales. Je ne voyais pas que celles-ci étaient de même nature que les paralysies des membres, de la vue. Ce ne fut que vers 1852, qu’éclairé par de nouveaux faits, mieux étudiés et mieux interprétés, je compris la paralysie diphtérique, telle que Bretonneau la comprenait lui-même. Dès lors, quand l’occasion s’en présenta, j’appelai à mon tour l’attention de mes confrères sur cet important sujet, et dans cette enceinte, je vous signalais,

1. C’est le deuxième cas d’hémiplégie vu par Trousseau, variété exceptionnelle ainsi que nous Tavons dit plus haut.

ANGINE DIPHTÉRIQUE

dès 1855, quelques observations que je vous rappellerai encore aujourd’hui1». Il cite, avec plus de détails cette fois, le cas célèbre de son américaine que nous avoi relaté précédemment. Blache, auquel il avait commu niqué ce fait, ainsi qu’à quelques collègues des hôpitaux se rappelèrent en avoir vu des exemples qu’ils avaient laissé passer inaperçus. Faure l’appela ensuite près i sa malade qui avait une paralysie, générale semblable à celle de sa cliente, « avec cette différence qu’il existait une sorte d’alternance dàns les accidents, les sym tomes de la paralysie se montrant tantôt dans un bn tantôt dans une jambe ». Le fait suivant lui prouva aussi combien les accidents pouvaient être diffus. « En 1858 j’étais mandé en consultation chez un agent de chang par M. Arnal, qui me racontait'que son malade, 'après avoir été atteint d’une paralysie rdu voile, avait eu un affaissement notable de la vue, puis de la paraplégie, de la paralysie des membres supérieurs ; les muscles du cou qui, s’étaient pris aussi étaient deveniis impuissants à soutènir la tête dans sa position naturelle. Enfin il y avait de l’anaphrodisie. » En entendant sa voix nasillarde, Trousseau rechercha les antécédents d’àngine diphtérique, qui existaient bien réellement.

Il rappelle que sous son influence Pératé, Péry et surtout Maingault avaient fait paraître des travaux importants sur ce sujet, «qui est pour ainsi dire à l’ordre dujour», et il ajoute : «Depuis quelque temps ces faits semblent se multiplier cousidérablement dans les hôpitaux, surtout dans les hôpitaux d’enfants, comme en ville, comme en différents points .de la France. Des rapports sur les épidémies d’angine couenneuse qui ont régné dans les

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