Gazette médicale
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départements, signalent en effet l’existence de cette affection. » Il a pu montrer, dit-il, récemment dans ses salles des cas identiques qui ont été l’objet d’une importante communication de son chef de clinique Moynier.
Nous n’insisterons pas beaucoup sur la symptomatologie qui avait déjà été suffisamment esquissée autrefois par luimême ou par ses élèves sous sa direction. Nous rappellerons pourtant qu’il admet deux formes : cç Une grave, mais fort rare grâce à Dieu, dans laquelle les malades succombent au milieu d’accidents adynamiques ou ataxiques, l’autre, bénigne, se termine généralement par la guérison, ou si quelquefois la mort arrive, «lie est le fait d’un accident dérivant il est vrai de la paralysie, mais se produisant, si je puis dire, d’une façon mécanique. » A ce sujet il rappelle le cas de Tardieu, où le malade fut étouffé par un bol alimentaire ayant pénétré dans les voies respiratoires. Ce qui montrerait bien que la phlegmasie de la gorge n’a rien à faire même pour la paralysie du voile, c’est que Barthez et Guéneau de Mussy ont vu survenir la paresse de cet organe à la suite de diphtérie cutanée, et que lui-même a constaté un fait de ce genre. Le malade lui avait été envoyé par le docteur Garreau, de Laval. Son enfant et sa domestique avaient eu de l’angine ; chez lui, la diphtérie survint à la suite de l’application d’un vésicatoire. Les fausses membranes disparurent rapidement; mais, pendant qu’il était au Croisic pour se remettre, il éprouva une grande gêne de la déglutition, puis des fourmillements dans les membres inférieurs, dans les mains. « Il ne sentait pas quand ses orteils touchaient le fond de ses chaussures ; il pouvait à peine tenir son chapeau, attacher un bouton, porter sa cuiller à sa bouche, si bien que c’était plutôt
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celle-ci qui allait au-devant de celle-là. La miction et la défécation se faisaient bien sous l’influence de la volonté ; mais le malade n’avait pas conscience du passage des matières excrémentitielles à travers leurs canaux. Il avait enfin du trouble dans la vue, une amblyopie considérable, qui avait du reste sensiblement diminué au mois de juin, \ époque à laquelle je le voyais. A cette époque aussi; les < phénomènes de paralysie paraissaient plutôt augmenter. Les urines traitées par la chaleur et par l’acide nitrique ne donnaient pas de précipité albumineux. Aucune, douleur d’ailleurs en aucun point du corps et l’intelligence avait conservé toute son intégrité. » Après avoir mis en j; relief les troubles sensitifs et les troubles moteurs, qui $ •généralement coïncident, il insiste sur les troubles de la | vie organique, notamment sur l’impuissance virile dont il 1 cite un exemple remarquable.
« La mort peut survenir, dit-il, non seulement par un j* accident mécanique tel que celui de Tardieu, qu’on doit h s’étonner de ne pas voir plus fréquent, étant donnée la j paralysie souvent excessive du pharynx et aussi par : épuisement, par dyspnée croissante et œdème pulmo- 1 naire, comme on a pu le voir chez un malade de vingt- j cinq ans, couché salle Sainte- Agnès. Ici la quantité j d’albumine était excessive et il y avait anasarque, de telle sorte que la terminaison fatale est plutôt attribuable 1 au mal de Bright. Chez un malade qu’il a vu six mois \ avant la clinique que nous analysons, avec le docteur Surbled, de Corbeil, il y eut paralysie du voile, puis des membres inférieurs. La respiration devint gênée et le , malade succomba au bout de trois mois à l’apoplexie. Une petite fille de neuf ans, malade de Millard, ayant contracté une angine diphtérique, il y eut paralysie du
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; voile, puis faiblesse extrême généralisée avec tristesse insurmontable, avec vue affaiblie, pupilles petites et I contractiles. Elle saisissait mollement les objets qu’on !' lui présentait et les laissait échapper facilement quand 5 elle les tenait. Un peu de mieux s’était produit les premiers jours qui suivirent son entrée à i’hôpital de la s rue de Sèvres; mais elle fut prise subitement d’accidents syncopaux sans convulsion ni changement dans le visage.
* Dans la nuit, survinrent des convulsions généralisées ; 1 quelques heures après la petite malade succombait ; à 1 l’autopsie on ne trouva que des petits tubercules dans les ® poumons. Trousseau combat avec énergie la théorie qui s, commençait à attribuer les symptômes observés, non au à poison diphtérique, mais au mal de Bright(ou plutôt, diraitfe on aujourd’hui, à l’urémie). Il rappelle que Maingault et
i [ d’autres ont pu se convaincre que dans beaucoup de cas l de paralysies diphtériques même graves ce dépôt faisait
ii entièrement défaut. Cet auteur a fait du reste, reprend $ Trousseau, remarquer avec juste raison que les accidents jj nerveux des maladies de reins ne ressemblent point à | ceux que l’on voit survenir dans la convalescence de la i diphtérie, ceux-là étant surtout des accidents convulsifs et f comateux. La gravité des accidents pseudomembraneux ne ,1 doit pas non plus être invoquée; car ces troubles singuliers il de l’innervation peuvent se déclarer chez des individus I qui n'avaient été atteints en apparence que d’une diphté- ^ rie des plus bénignes. « M. Maingault a rappelé un cerp . tain nombre de faits de ce genre. » Au n° 19 de la salle f Sainte-Agnès, les élèves de la clinique auraient vu un |(j exemple tout à fait probant de ces angines diphtériques jj très bénignes engendrant des accidents nerveux parfois | fort graves.
ANGINE DIPHTÉUIQUE
A l’époque où Trousseau parlait ainsi, la question n’était plus du côté symptomatique bien connu maintenant, mais vers la pathogénie et celle-ci suscitait les dissentiments les plus graves. Tant qu’il s’était agi de la paralysie du voile, l’interprétation avait paru aisé. On pouvait invoquer, tantôt des myosites par 1 propagation du processus inflammatoire de l’angine, tantôt une névrite que des faits bien observés mettront bientôt hors de doute. Mais il n’en est plus de même quand les phénomènes parétiques se généralisent. Gubler, que nous avons vu si souvent intervenir déjà pour hâter les progrès de la pathologie pharyngée, fit faire un pas énorme à la question, en montrant que des pyrexies diverses ou même de simples angines, mais à allure septique, pouvaient réaliser tout le complexus symptô- T matique de ces troubles nerveux, qu’il divisa en deux classes. Les uns seraient dus à la propagation, sur les nerfs, de lésions qui existent au pharynx, les autres sembleraient de nature asthénique. Les premiers comprendraient les phénomènes qu’on observe du côté de la voix, du goût, de l’ouïe, les paralysies de la langue, des lèvres, de la face, des muscles, de la nuque, les symptômes cardiaques ou respiratoires.. Il mit à profit le voisinage du ganglion cervical supérieur du grand sympathique pour expliquer par les perturbations de ce dernier les troubles visuels. Rappelant les branches anastomotiques nombreuses que présentent le trijumeau, le grand sympathique, le ganglion de Meckel, origine des nerfs palatins, etc., il expliqua, par des irradiations sur ces différents nerfs, les troubles du goût, de l’ouïe, la paralysie des lèvres, de la face, du poumon, du cœur. Quant aux paralysies des extrémités, ce serait de
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