‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 136 sur 170 · OS · texte numérisé non relu

OS

toi

oe,

îf.

tn:

tf

l’asthénie. Donc, la diphtérie n’aurait rien à faire dans la pathogénie des accidents qui pourraient être réalisés par bien d’autres causes, et en effet il signala des cas de paralysies diffuses après la pleurésie, la pneumonie, la fièvre typhoïde, etc. Tout ceci, dit-il, montre bien qu’il n’y arien de spécifique dans ces troubles qui sont dus simplement à un épuisement ou aune lésion du système nerveux.

Dans les lignes suivantes, il explique sa façon de voir :

« Quelques auteurs ont admis la paralysie là où elle n’existait pas. Si peu croyable que paraisse au premier abord, cette erreur, elle peut cependant être commise dans deux circonstances differentes ; tantôt on a décoré un simple affaiblissement du titre de paralysie commençante ; tantôt on a pris pour une paralysie avancée et générale des états morbides divers sur lesquels nous allons nous expliquer. Une dissertation, excellente d’ailleurs, renferme entre autres quatre observations où je défie qu’on nous montre un seul signe positif de paralysie, à moins de prendre pour tels des troubles de la circulation, consistant en intermittence!» et irrégularité du pouls ou bien d’autres symptômes avant-coureurs de la terminaison fatale. On voit des sujets frappés, dit-on, de diphtérie grave, qui restent comme écrasés sous la violence du mal et ne peuvent plus se relever ; les sources des activités organiques sont toutes taries à la fois, et l’existence de ces malheureux n’est plus qu’une lente agonie (Pératé, Thèse de Paris , 1858).

«L’observation de la dissertation de M. Pérynenous offre qu’un épuisement général des forces et non une véritable débilité paralytique. Enfin un fait emprunté à M. Guynier, de Youvray, n’indique pas autre chose qu’un affaiblissement des membres inférieurs en rapport avec l’asthénie générale du sujet.

ANGINE DIPHTÉRIQUE

<i Entre la faiblesse et la paralysie légère, le bon sens ^ établit une différence capitale; cependant il n’est pas 1 impossible que l’une soit prise pour l’autre, si l’obser- '' vateur se laisse entraîner par les préventions.

« La paralysie n’est pas nécessairement une asthénie 'f du système moteur.

« D’un autre côté, l’asthénie même avancée du système 1 moteur peut n’être pas de la paralysie. A la fin d’une maladie grave, les sujets sont quelquefois plongés dans & une telle atonie, qu’ils restent cloués sur leur lit sans pouvoir bouger; leur parole est éteinte et pour se faire entendre ils semblent réunir toutes les forces de l’expiration ; aussi reculent-ils ordinairement devant l’effort i| que cela nécessite. Ils ne peuvent se servir eux-mêmes; 1 on est obligé de les faire manger. Est-ce de la paralysie? Ig Non. c’est une excessive débilité.

« Dans l’état syncopal incomplet, quand la connaissance 1 3 survit, le sujet voudrait rassurer ceux qui l’entourent, il voudrait les aider ; mais, malgré les ordres de sa volonté, les organes n’exécutent point les mouvements, les membres restent immobiles, et la parole expire sur les lèvres, j Est-ce de la paralysie ? Pas davantage ; c’est la résolution momentanée des forces.

« Il en est à peu près de même dans la période initiale de ‘ certaines affections malignes, où la prostration ressemble ? fort à une paralysie générale , si l’on n’a égard qu’à l’impuissance où se trouvent les malades d’exécuter les mouvements volontaires et d’exprimer leur pensée.

« Sur quoi se fondent ces distinctions ? Sur ceci : que l’impotence motrice, comme la torpeur des sens, est de niveau avec l’abaissement général de toutes les puissances de la vie. Toutes les actions organiques étant

GUBLER

amoindries ou enchaînées au même degré, c’est la vitalité elle-même qui fait alors défaut.

«En définitive, la paralysie est autre chose que l’adynamie ; elle peut s’y associer, elle n’en est point une expression nécessaire. L’asthénie de l’économie entière peut rendre la paralysie éminente, mais celle-ci a sa condition prochaine dans l’état morbiJe du système sensitivo-moteur ; elle dépend non seulement de l’absence de force nerveuse et de force musculaire, mais aussi de l' inaptitude . a conduire les impressions ou les excitations motrices, du défaut d’action réciproque entre les diverses dépendances de l’appareil moteur et sensitif et peut-être d’autres circonstances encore. En faisant le mot paralysie synonyme de faiblesse, on étend outre mesure sa signification ; en localisant cette faiblesse, dans le système nerveux, la définition cesse de s’appliquer à autre chose qu’à la paralysie véritable ; mais elle n’en comprend plus toutes les formes.

« Grâce à toutes les erreurs que je viens d’exposer longuement, la fréquence des paralysies diphtériques s’est donc trouvée singulièrement exagérée. Pour quelques-uns cette complication serait presque la règle ; pour d’autres, il y en aurait encore en proportion énorme d’un cinquième ou d’un quart des faits recueillis b Toutefois il est des médecins méritant confiance, qui n’ont pas été aussi malheureux dans leur pratique.

a En disant que les paralysies pharyngo-palatines n’avaient rien de commun avec l’action spécifique directe de la cause diphtérique, je n’en continuais pas moins à les laisser sur le compte des angines couenneuses maligues, parce que je comparais celles-ci aux angines vul-

Page 1