‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 141 sur 170 · LORRAIN ET LÉPINE · texte numérisé non relu

LORRAIN ET LÉPINE

rable du mal dans les grands centres urbains. « Depuis quelques années surtout la diphtérie paraît avoir acquis un plus grand développement et envahi des régions de l’Europe où elle était jusqu’ici inconnue. Elle procède par épidémie et se montre assez souvent dans beaucoup de villes de notre pays qui en étaient autrefois exemptes. Aujourd’hui elle est même devenue endémique à Paris. Le professeur Birnne disait l’an dernier au congrès de Dresde qu’à Munich, dans les quatre dernières ■ années, elle est devenue du double plus fréquente; les professeurs Eberth, StefFen, Stiebel et Forster firent la même remarque pour Berlin, Stettin, Francfort et Dresde. »

Lorrain et Lépine sont loin d’adopter exclusivement l’inoculation( Bretonneau) comme mode de transmission du mal. « Cette opinion est fondée à la vérité sur un certain nombre d’observations ; mais elle méconnaît les cas irrécusables et nombreux dans lesquels le contact, comme l’entend Bretonneau, n’a pas existé.

« Il serait sans doute consolant de penser que ce seul mode de contagion (la contagion directe) est à craindre, parce que l’on pourrait avoir l’espérance de s’y soustraire; mais comment admettre ce transport direct et grossier dans tous les cas ?

« Comment ne pas reconnaître qu’il suffit de la présence d’un homme infecté pour former, pour ainsi dire, autour de lui, comme une atmosphère artificielle infectieuse qui rayonne tout autour et s’étend au loin ? Cette question, du reste, n’appartient pas en propre à la seule diphtérie, mais s’applique à tout le groupe des maladies infectieuses. » Ils pensent que les cas d’inoculations cités chez des médecins (Herpin, etc.) n’ont pas peut-

être toute la valeur qu’on leur attribue. « Il est certain que les mères ou servantes qui soignent assidûment les enfants atteints d’angine diphtérique, risquent de contracter la maladie, mais les antres membres de la famille, les enfants surtout, quoique tenus à distance des malades, ne sont pas exempts de la contagion. »

Rappelant les cas de transmission au niveau d’une plaie, ils déclarent que les faits n’ont pas toujours la clarté désirable. « Cependant Paterson a publié, en 1866,1e cas d’un paysan qui introduisit dans la gorge de son enfant atteint de la diphtérie son index blessé. Une ûlcération se produisit surce doigt; puis survinrent des symptômes graves, et un mois plus tard se montre une paralysie générale des membres. Les muscles du pharynx ne furent pas atteints. » La contagion médiate ne semble plus, suivant eux, pouvoir être niée. « Depuis que le microscope a permis de constater la présence dans l’air de, particules organiques, lesquelles, provenant d'un organisme affecté, sont susceptibles de se greffer sur un organisme sain, la question a fait un grand pas. Il n’est plus besoin d’admettre la nécessité du contact immédiat du sujet contaminateur avec un certain point du sujet contaminé. L’un devient le véhicule d’une contagion qui s’opère par des agents infiniment petits, et l’on ose aujourd’hui rechercher l’agent direct et matériel de ces transmissions invisibles.» Ace propos ils rapportent les recherches d’Œrtel, de Letzerich, de Hueter et de Tommasi. Iisadmettent l’action favorisante du froid humide, mais en reconnaissant que cesconditions atmosphériques ne sontpas indispensables h Pour l’anatomie pathologique, ils s’en tiennent à Wagner

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