‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 146 sur 170 · B. — ANGINE GRANULEUSE · texte numérisé non relu

B. — ANGINE GRANULEUSE

Les auteurs de la première moitié du xix6 siècle ont assez fréquemment décrit les principaux phénomènes des poussées aiguës de la pharyngite catarrhale chronique (Boissier, Tardieu, etc.) ; nous en avons parlé dans l’article consacré à l’angine simple, nous n’avons pas à y revenir. Rappelons seulement que plusieurs nosologistes ont signalé la régression incomplète de ces accidents inflammatoires. Ces lésions persistantes doivent être étudiées, à la période qui nous occupe, à propos de l’angine granuleuse, bien que les granulations soient loin de constituer toutes les variétés de la pharyngite chronique; mais il nous faut nous conformer à la nomenclature de l’époque.

ANGINE CHRONIQUE

Il semble que Gaillard de Poitiers, ait entrevu avant Chomel cette triste affection qui cause tant dé tourments aux professionnels ; du moins, ceci semble résulter d’une comparaison de date des deux publications, celle de l’article de Gaillard [Gazette méd ., 1846, p. 284), et celle de la leçon de Chomel. Le point en discussion est, du reste,

. de très faible importance ; car la note de l’auteur que nous étudions est des plus courtes, et Gaillard se préoccupe plutôt du côté diathésique que de la description symptomatique. « L’observation directe signale bien des affections différentes, dont plusieurs diathésiques, lesquelles sont appelées pharyngites, ainsi : la phlegmasie simple, l’irritation herpétique, le rhumatisme des parois, l’exulcération syphilitique, l’ulcère scrofuleux, l’angine couenneuse, etc., maladies si différentes par leur nature, leurs causes, leur pronostic et leur traitement. Au reste nous avons vu des toux quinteuses alterner avec diverses éruptions cutanées, des douleurs au col de la vessie être remplacées par un herpès du prépuce, une laryngite opiniâtre succéder plusieurs fois à un 'eczéma du gland; de telle sorte que le malade, orateur éminent, fut obligé de renoncer à des lotions d’acétate de plomb qui ne guérissaient l’affection qu’en affectant l’organe d.e la voix. Pour nous le tubercule pulmonaire n’est qu’une forme de la diathèse scrofuleuse et demande le même moyen de traitement ». Son malade . avait depuis longtemps des récidives d’angine, malgré les moyens thérapeutiques les plus divers. Le fond de son gosier était inégal et couvert d’une douzaine dé petits mamelons ou monticules ovales, qui lui firent diagnosti-

1. Nous verrons plus loin, à propos de Boulard, que Trousseau et Belloc ont donné, avant Gaillard et Chomel, une observation bien nette d’angine granuleuse.

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