‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 147 sur 170 · C HOMEL · texte numérisé non relu

C HOMEL

quer la nature herpétique du mal, hypothèse qui fut confirmée par l’éruption postérieure de vésicules sur le visage. «Les bains de Barègesetles insufflations d’un mélange de calomel et sucre candi améliorèrent beaucoup l’état local.»

Cho.mel s’est montré observateur beaucoup plus attentif. Son excellente description, sa haute situation scientifique contribuèrent beaucoup à la vulgarisation du nouveau type morbide, qu’il n’avait, dit-il, vu nulle part mentionné. Il insiste sur l’aspect granuleux et mamelonné du pharynx ressemblant beaucoup à l’état semblable du col de l’utérus. L’afiection serait assez fréquente ; car il en aurait réuni en un an plus de trente cas, et Marjolin en aurait observé après lui un certain nombre. Elle se montrerait à l’âge adulte et prédominerait dans le sexe masculin. L’herpétisme paraîtrait une condition favorisante. Chose assez remarquable, il attribue un rôle pathogénique important à ce que nous appelons maintenant palais ogival et à la respiration buccale, l’adénoïdisme étant en effet accompagné fréquemment de granulations dans le pharynx1. Chomel note l’évolution insidieuse, le peu d’intensité du début, la sensation obscure de gêne, puis l’ardeur au pharynx, le caractère gluant des crachats, la présence des élévations rougeâtres, dont est parsemé le pharynx, entre lesquelles la muqueuse conserverait son aspect normal, les troubles vocaux caractéristiques. Du reste cette leçon a eu un tel retentissement, elle a exercé ultérieurement une telle influence sur l’évolution de nos connaissances sur le sujet que nous croyons devoir la reproduire.

1. Cette confusion de l’adénoïdisme diffus arec la pharyngite sèche granuleuse sera commise par tous ses successeurs immédiats, sauf peut-être par Lasègue.

ANGINE CHRONIQUE

« Depuis un an environ que l’attention de M. Chomel a été portée sur cette affection, il en a recueilli environ trente cas, dont vingt-deux ont été vus et observés par lui-même, et les autres par M. Guéneau, son chef de clinique. M. Marjolin en a également rencontré un certain nombre qui sont venus confirmer les observations de M. Chomel. C’est d’après l’ensemble de ces faits que le professeur de l’Hôtel-Dieu a essayé d’en tracer l’histoire.

« Cette affection paraît se montrer plus particulièrement à l’âge adulte. Il n’en a pas rencontré audessous de quinze ans. Le plus grand nombre avait plus de vingt ans.. Les deux sexes ne paraissent pas y être également sujets ; dix-sept sur vingt-deux appartenaient au sexe masculin. Cette observation a été confirmée par M. Marjolin, qui a remarqué égalemént que cette affection était beaucoup plus commune chez les hommes que chez les femmes, ce qui l’a porté à penser que les granulations pharyngiennes remplaceraient en quelque sorte, chez les hommes, les granulations utérines auxquelles les femmes sont, comme on sait, si sujettes. Il ne paraît pas cependant que ces deux formes de l’affection granuleuse s’excluent ; car. sur les dix-sept sujets du sexe féminin dont il vient d’être question, trois avaient en même temps des granulations utérines.

« M. Chomel signale une circonstance qui peut être importante au point de vue étiologique, c’est que les individus chez lesquels on a observé l’affection granuleuse du pharynx, sont, en général, comme les femmes, atteintes de granulations utérines, sujets aux affections herpétiques, et particulièrement à l’acné.

« Quelle est la cause de cette affection? Voici quelques-

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