‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 148 sur 170 · CHOMEL · texte numérisé non relu

CHOMEL

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unes des circonstances principales auxquelles M. Chomel croit pouvoir assigner le rôle de cause.

« En première ligne une conformation particulière des os maxillaires supérieurs dont la voûte est disposée en ogive. Il résulte effectivement de cette disposition de la voûte palatine des modifications qui peuvent, jusqu’à un certain point, rendre compte de la production de ces phénomènes morbides ; ces modifications sont l’étroitesse des fosses nasales, le raccourcissement des lèvres qui ne s’appliquent jamais exactement, hermétiquement, l’une contre l’autre, et qui, pendant le sommeil surtout, restent constamment entre-ouvertes. Les sujets ainsi conformés dorment ordinairement la bouche ouverte, et à leur réveil, ils ont toujours la bouche sèche. Par suite de cette circonstance, les follicules du pharynx se développent outre mesure, comme pour suppléer à la sécrétion des humeurs buccales incessamment desséchées par le passage réitéré de l’air. Cette disposition a été constatée chez plusieurs des sujets atteints de cette affection. Enfin, et cette dernière circonstance semble venir à la fois confirmer cette vue étiologique et rendre raison de la plus grande fréquence de l’affection chez les hommes que chez les femmes, les personnes sur lesquelles la maladie a été plus souvent observée sont des chanteurs, orateurs, avocats, professeurs, ou instituteurs, en un mot les individus qui font un grand exercice de la parole et de la voix.

ce L’affection granuleuse du pharynx débute ordinairement d’une manière insensible et lente. Elle ne se manifeste le plus ordinairement, au début, que par une sensation de gêne si peu considérable que les malades n’y prêtent le plus souvent aucune attention : ce n’est dans

ANGINE CHRONIQUE

quelques cas que par la fréquence insolite de l'expiation qu’ils sont avertis de cet état.

« Les phénomènes qui caractérisent cette affection sont un sentiment obscur de gêne dans l'arrière-gorge, avec sensation de sécheresse et sécheresse réelle; une certaine impression de démangeaison ou d’âcreté dans cette région, qui détermine de fréquents mouvements de déglutition involontaire et d’expuition sonore. Chez quelques individus ces diverses sensations se prolongent jusque dans l’œsophage ; elles sont fréquemment accompagnées d’un besoin de boire. L’expectoration offre un caractère particulier : c’est un liquide muqueux, gluant, transparent, qui s’échappe sous forme de globules, d’une teinte iégèrementopaline, offrantquelques stries noirâtres, ardoisées. La voix est toujours plus ou moins altérée.

« A l’examen de l’arrière-bouche, on trouve la membrane muqueuse du pharynx couverte de petits points rouges, se présentant le plus ordinairement sous la forme et le volume de petits grains de chènevis } d’autres fois ces points sont plus saillants, plus volumineux et lenticulaires, tantôt ovoïdes ou bien sous> la forme de larmes.

« Dans quelques circonstances, les granulations sont groupées de manière à représenter soit un chapelet, soit une sorte de pilastre ; ces formes sont du reste extrêmement variées ; on ne saurait mieux les comparer, dans quelques cas, qu’à des sortes d’arabesques ; la forme la plus commune est celle de disques ou de mamelons. Le mal est rarement borné au pharynx ; le voile du palais, la luette, présentent le plus ordinairement quelques petits points rouges, granulés, de même nature, mais plus discrets ; c’est toujours au pharynx qu’on les trouve en plus grande abondance. Dans les intervalles qui séparent ces granulations, la muqueuse conserve son aspect ordinaire.

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