BOULARD
témoignage de M. Chomel lui-même, on comprendra comment nous sommes arrivés à conclure que l’angine folliculeuse du pharynx est liée à l’existence de la diathèse herpétique.» Non seulement l’auteur insiste sur la confusion possible avec de graves affections laryngées ; mais il met pleinement en lumière, comme Chomel, le côté en quelque sorte professionnel du sujet. Les causes prin- ’ cipales seraient suivant lui l’abus de la parole et du chant.
; « Les avocats, les chanteurs, les professeurs en sont, pour | cette raison, plus souvent atteints. Certaines méthodes de chant, écrites ou trop haut ou trop bas, nous ont paru déterminer le développement de cette affection » Quoi qu’il en soit, le premier symptôme de la pharyngite granuleuse serait une sensation de gêne dans l’arrière-gorge, qui détermine un mouvement de déglutition ou d’expuition sonore. La matière rejetée est peu abondante ét se détache difficilement. « Elle présente un aspect globuleux, opalin, tacheté de gris, pareil à de l’empois cuit ou à des œufs de grenouille. Cette expectoration laisse quelquefois après elle une légère cuisson. » Les malades auraient la sensation de particules de sable collées sur les parois du pharynx, et la gêne reparaît bientôt, s’accompagnant d'un chatouillement insupportable, i « Chez les chanteurs, on remarque souvent que le cou est dur; les muscles paraissent contractés. Il est probable que ceux du larynx participent à cet état, car la voix perd son agilité, pour la retrouver, quand les tissus ont repris leur souplesse. »
L’envahissementlaryngé consécutifestaffirmédelafaçon la plus explicite; quand il a lieu, aux symptômes que nous venons de décrire, s’en ajoutent d’autres plus graves. Le timbre de la voix s’altère, il devient sourd, il baisse,
ANGINE CHRONIQUE
la voix elle-même s’éteint. Le malade ne peut parler à 1 haute voix sans éprouver une fatigue qui se localise j dans le larynx, et, souvent, se répand dans toute l’écono- ! mie. Cet état ne tarde pas à réagir sur le moral, qui '
devient triste, morose; dans certains cas, la vie est à 1
charge. E:i abaissant la langue, ou voit, lorsque l’affection est ancienne, que la membrane muqueuse est parse- I niée de petits points rouges plus ou moins abondants et < faisant saillie. Si elle date de plusieurs mois, et surtout 1 de plusieurs années, la muqueuse est hérissée de marne- ' Ions ou de disques, formés par la réunion des follicules hypertrophiés ; dans quelques cas, ce sont, en somme, des < colonnes ou pilastres faisant s lillie sur les deux côtés du ; < raphé médian1. Les piliers et le voile du palais sont | i quelquefois le siège d’un certain nombre de granulations; ! I mais c’est à la partie postérieure du pharynx, qu’est, t
pour ainsi dire, leur lieu d’élection. L’injection et la dila- <
tation des vaisseaux sanguins sont toujours en raison directe de l’ancienneté de la maladie. » Suivant l’auteur, i l’évolution serait plus ou moins rapide, suivant les professions, les sujets, et il y aurait des rémissions variables.
« La marche de cette affection, quoique toujours chronique, est plus ou moins rapide suivant la profession du malade. Nous avons vu des chanteurs être obligés, en • moins de trois semaines, de suspendre tout exercice de chant; des avocats, des négociants être forcés, après un mois, de se condamner au silence. Cependant, dans le plus grand nombre des cas, la maladie prit, en débutant, une marche lente, qui, n’inspirant aucune inquiétude, ne . donne pas au malade la pensée d’y apporter remède; j
1. Les Allemands appelleront ces colonnes ou pilastres faux piliers postérieurs.