BOULA RD
souvent même, elle est tout à fait méconnue. La toux, qui se montre dans certaines circonstances, laisse croire au médecin lui-même qu’il s’agit d’une simple irritation bronchique ». Les récidives, le caractère si tenace du mal, sont ainsi signalés.
« Tous les praticiens qui se sont occupés de la pathologie du larynx, ont fait une remarque qui trouve ici son application : c’est que l’enrouement, souvent très pron mcé avant le repas, diminue beaucoup ou cesse entièrement après, pour revenir un peu plus tard.
« Les températures froide et sèche sont favorables ; celles élevées d’un appartement chauffé, par exemple, déterminent de la sécheresse, de la cuisson et une expuition presque constante. Le passage d’une température, froide à une température chaude produit de l’enrouement et une sensation plus désagréable que le passage du chaud au froid.
<c La durée de cette affection ne peut être exactement appréciée ; dans certains cas, lorsqu’elle est soignée dès son début, on peut la guérir promptement ou l’empêcher de se développer, sans que le malade soit obligé de renoncer complètement à ses occupations. Jamais elle ne cesse d’elle-même, et souvent, elle résiste à tous les moyens de traitement. Sur quatorze sujets, Chomel n’a constaté que quatre cas de guérison complète. Nous avons été plus heureux, probablement parce que les malades que nous avons rencontrés ont été plus persévérants ; car nous verrons,' à propos du traitement, que 1 hypertrophie des follicules ne peut être résolue que par une excitation modérée et prolongée pendant longtemps. »
Quant au pronostic, « il n’est jamais fâcheux; cette
ANGINE CHRONIQUE
affection, quoique très tenace, n’altère pas ordinairement la santé ; cependant, il peut prendre, suivant les circonstances, une gravité réelle; ainsi les malades sont dans l’impossibilité de continuer leur carrière si elle exige l’exercice prolongé de la parole ou de la voix. Les chanteurs, les avocats, les avoués, les notaires, certaines classes de négociants sont menacés plus directement dans leur position sociale. L’angine granuleuse peut se compliquer ou coexister avec une affection des poumons. »
Voici les conclusions de Boulard :
1° La pharyngite granulée a pour caractère anatomopathologique une hypertrophie des follicules mucipares ;
2° Cette affection est une manifestation de la diathèse herpétique ;
3° Le traitement doit être à la fois local et général ;
4° Les eaux sulfureuses à base de chaux (Eau d’Enghien), l’arséniate de soude, sont les modificateurs généraux qui ont paru le mieux réussir;
5° La solution de nitrate d’argent est le topique astringent qui favorise le plus rapidement la restriction des engorgements et des hypertrophies des follicules mucipares ;
6° Quand l’affection résiste à ces différents moyens, elle est généralement incurable ;
7° Elle n’attaque pas la vie du malade, mais peut amener les plus grandes perturbations dans sa position sociale, en nécessitant un changement de profession ;
8° Les eaux sulfureuses ont paru agir en certaines circonstances comme moyen prophylactique, en déterminant des éruptions sur un point quelconque de la surface du corps.