GREEN
Green admet, comme les auteurs précédents, l’influence du sexe masculin et remarque, à ce propos, qu’elle se retrouve aussi pour beaucoup d’autres affections laryngées. Ce serait de vingt-cinq à trente-cinq ans que le mal aurait son maximum de fréquence. Il regarde comme incontestable l’influence de l’hérédité. Il aurait soigné, pour cette pharyngite, trois frères, dont la mère ét lit atteinte d’angine granuleuse. Il a constaté que la maladie était bien plus fréquente et plus grave dans le Nord que dans le Sud des Etats-Unis. Ceci, cependant, ne serait pas sans exception, et il aurait fréquemment observé cette affection gutturale à la Nouvelle-Orléans. Il cite, comme une remarque banale, le fait que les granulations s’observent surtout chez certains professionnels, d’où le nom de clergymen-hemming, sous lequel cette maladie serait connue dans le public. La situation pécuniaire fâcheuse de beaucoup de pasteurs protestants, ayant à peine de quoi subvenir à leurs besoins, inquiets de l’avenir, ferait que ces ecclésiastiques négligeraient, d’habitude, les premiers symptômes, de telle sorte que la maladie aurait tout le temps de suivre une évolution rapide. Le tabac aurait aussi une action déplorable et, pour guérir, il faudrait cesser de fumer. Parlant de l’induration qui succède ordinairement dans les amygdales à l’inflammation chronique, il signale, après plusieurs autres, l’existence dans les cryptes tonsillaires de dépôts calcaires, qu’il croit sécrétés par les glandules de la région. On les retrouve, dit-il, près des orifices lacunaires, mais parfois au centre de la cavité. Suivant Cox, de New York, leur développement pourrait devenir considérable et ils présenteraient alors une disposition corolliforme. Ils apporteraient à l’excision de l’or-
ANGINE CHRONIQUE
ganeun obstacle assez sérieux. Ces calculs contribueraient peut-être h créer, en dehors des tonsilles, les lésions granuleuses en dilatant les follicules. L’hypertrophie de la luette s'observerait d’une façon presque constante; ce prolongement veriniforme du voile grossi et allongé viendrait, non seulement irriter l’épiglotte, mais descendrait dans le larynx lui-même, ainsi qu’il a pu le constater dans une observation. Des troubles divers en résulteraient, tels que vomissements, titillation, troubles laryngés divers. Les glandules pharyngiennes seraient non seulement enflammées, tuméfiées, mais présenteraient assez souvent des ulcérations véritables, et cette lésion formerait une des phases de la maladie. Les altérations finiraient par intéresser la glande tout entière. En outre de la syphilis et de la tuberculose, il y aurait donc, si l’on adopte l’idée de Green, des ulcères d’origine purement phlegmasique. II a remarqué, dans l’intérieur, des glandules hypertrophiées, la présence d’une matière ayant tous les caractères physiques du tubercule. Lasègue reviendra sur ce point et comparera ces dépôts caséeux à du mastic.
La symptomatologie, la marche avec ses périodes d’aggravation et d’atténuation, et l’allure si tenace, le pronostic bénin quant à la survie, mais mauvais au point de vue fonctionnel, le diagnostic, sont étudiés avec beaucoup de soin et longuement décrits. De nombreuses et intéressantes observations permettent de bien se rendre compte de l’aspect du mal; mais il faut avouer qu’au point de vue clinique, Chomel et Boulard avaient peu laissé à faire à leurs successeurs.
La même remarque s’applique à l’excellent ouvrage de Guéneau de Mussy. Cependant, celui-ci a eu le mérite d’insister sur les poussées aiguës de l’affection.
GUÉNEAU DE MUSSY
■ « L’anginé glanduleuse a été considérée comme une maladie essentiellement chronique par tous les médecins qui s’en sont occupés jusqu’ici, c’est sous cette forme que je l’ai été étudiée et l’étudierai dans la suite. C’est elle que j’ai eu spécialement en vue dans les considérations qui précèdent. Cependant elle peut se présenter avec une marche aiguë, ou, avant de s’établir définitivement et d’une manière continue avec tous les caractères de la chronicité, se manifester par des accès que séparent de longs intervalles de rémission. Cet hiver (1855-1856) a été marqué par une épidémie de ces affections catarrhales qu’on désigne vulgairement sous le nom de grippe, bien qu’elle n’aient ni l’ensemble phénoménal, ni la gravité de véritables épidémies grippales1. Les catarrhes de cet hiver commençaient en général par des coryzas. Bientôt la gorge se prenait ; il survenait une toux quinteuse et de l’enrouement ; assez souvent la fièvre se développait, précédée de frissons, accompagnée de céphalalgie et souvent de troubles gastriques. Cette fièvre offrait en général le type rémittent avec paroxysme le soir. Convenablement soignés, ces accidents duraient une huitaine de jours ; d’autres fois l’inflammation franchissait la région du larynx, envahissait la trachée, ou même tout l’arbre bronchique, donnait lieu, surtout la nuit, à des quintes de toux terribles, assez intenses pour provoquer de la suffocation ou des vomituritions et laissant, dans la région sternale et vers les attaches du diaphragme, une sensation de fatigue douloureuse.
«Les malades se plaignaient d’une sensation de chatouillement continuel à la gorge; provoquant le besoin de
->usser et de faire une expiration bruyante, ce que les