‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 153 sur 170 · L’auteur veut parler de l’infliienza · texte numérisé non relu

L’auteur veut parler de l’infliienza

ANGINE CHRONIQUE

Anglais désignent par l’expression imitative de hem- | ming [du verbe to hem), quelquefois d’un peu de gêne j dans la déglutition. Les accès de fièvre, s’ils s’étaient $ montrés dans la première période, cessaient le plus sou- 5j vent, ou étaient représentés par un simple malaise périodique.

«Cette affection pouvait durer plusieurs semaines, lais- , sant quelquefois les malades dans un état de faiblesse s qui n’était pas en rapport avec le peu dé gravité d’une | affection qui ne leur avait paru être qu’une simple indis- t position.

« J’ai examiné la gorge d’un grand nombre de ces , malades, et chez ceux qui avaient de l’enrouement, un chatouillement à la gorge, du hemming. J’ai trouvé un j développement considérable avec rougeur des follicules pharyngiens; chez quelques-uns, l’épiglottè était d’une ! couleur rouge uniforme et d’un aspect grenu, tomenteux. Chez un grand nombre de ces malades, j’ai observé des signes prononcés d’herpétisme. Ces granulations préexis- ► taient-elles à la maladie accidentelle et avaient-elles, seulement subi sous son impulsion un développement anormal ? Je crois qu’il en fut ainsi chez un certain nombre, car après la disparition des accidents, j’ai retrouvé les glandules beaucoup moins volumineuses, beaucoup plus pâles, mais bien caractérisées, et les malades reconnaissaient avoir ce hem caractéristique, que souvent ils n’avaient pas remarqué auparavant.

« Je suis bien éloigné cependant de prétendre que ce développement des glandules pharyngiennes, se rattachant à une affection catarrhale aiguë, suppose nécessairement une diathèse herpétique, ou ne soit que l’exagération d’un état morbide préexistant. Je suis persuadé

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qu’il y a des inflammations catarrhales simples à forme granuleuse , comme il existe des conjonctivites et des métrites granuleuses dégagées de toute influence diathésique.

«Mais je crois pouvoir conclure de mes observations que la diathèse herpétique et le développement morbide des glandules pharyngiennes prédisposent à ces. catarrhes, et surtout favorisent la forme laryngée qu’ils revêtent assez souvent. Chose remarquable, en même temps que chez les adultes où j’observais ces laryngites, j’ai soigné plusieurs enfants affectés de laryngites striduleuses, dont quelquesunes graves. Le pharynx chez ces enfants était en général granuleux, d’une manière très prononcée, et, chez quelques-uns qui avaient eu plusieurs attaques successives, il existait des eczémas, des pityriasis, ou des lichens rebelles. Était-ce simple coïncidence ?

«-La diathèse herpétique interviendrait-elle quelquefois comme condition pathogénique des affections catarrhales du larynx chez l’enfant? — Je puis dire seulement que quelques malades, atteint d’angine granulée chronique, se rappelaient avoir eu dans leur enfance des attaques de faux croup. Mais je n’en tire aucune conclusion ; je suis d’ailleurs convaincu que toute laryngite peut présenter, chez l’enfant, le caractère striduleux, très rare dans la laryngitè aiguë chez l'adulte. »

Ainsi, le mal pourrait succéder à une inflammation aiguë plus ou moins nettement sous la dépendance d’une maladie générale, telle que la grippe ; mais, le plus souvent, elle aurait besoin d’un terrain spécial préparé par la diathèse herpétique, quoique cela ne soit pas absolument nécessaire. De plus, l’auteur, en signalant la pharyngite granuleuse chez les enfants, a décrit, sans

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s’en rendre compte du reste, un état adénoïdien diffus, | qu’on retrouve fréquemment chez les jeunes sujets | atteints de végétation du cavum. Lasègue complétera plus tard la peinture un peu écourtée qu’en donne j Guéneau de Mussy et montrera qu’il s’agit d’une forme spéciale de l’angine granuleuse, considérée comme une entité purement anatomique.

L’étiologie est très développée ; car Guéneau de Mussy lui attribue non seulement un grand intérêt théorique, mais encore une importance considérable au point de vue des indications thérapeutiques. Comme ses prédécesseurs, il admet que l’affection se retrouve principalement dans le sexe masculin. « Mes observations donnent soixante-six hommes pour douze femmes. » Il rappelle, à propos des ulcérations de l’épiglotte, que Louis, sur cinquante-trois cas de cette lésion, en a observé trenteneuf chez l’homme et quatorze seulement chez la femme. D’ailleurs, suivant Jérôme et Nyland, le croup serait plus fréquent aussi chez les petits garçons que chez les fillettes.

« Cette dernière circonstance est digne d’être notée ; elle semblerait établir que la fréquence inégale de la maladie dans les deux sexes ne dépendrait pas, comme on peut j le supposer, des conditions si différentes de la vie J sociale, mais qu’elle tiendrait à des causes primordiales I et à une aptitude originelle1. » Après avoir rappelé que, suivant Chomel, le mal n’apparaîtrait pas au-dessous de ! quinze ans et que, suivant Green, on l’observerait entre vingt cinq et trente-cinq ans, il ajoute : « je soigne deux jeunes enfants, l’un de dix, l’autre de douze ans, affectés

1. Le larynx de l’adolescent se transforme en effet beaucoup plus que celui de la jeune fille ; et l’espèce de congestion physiologique qui en résulte lè rend plus vulnérable.

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d’angine granuleuse. Leur mère présente la même maladie. Sous forme aiguë et passagère, j’en ai rencontré d’autres exemples, chez de très jeunes enfants. » Guéneau de Mussy très partisan, comme on le sait, des diathèses, croit nettement, par leur intermédiaire, à l’influence de l’hérédité. D’ailleurs, dit-il, Green regarde également l’affection comme héréditaire. Le professeur Chomel aurait, le premier, signalé le rapport qui existe entre cette angine et les affections herpétiques. « Mes observations sont d’accord avec celles de mon savant maître. Sur quarante-cinq malades chez lesquels j’ai cherché à vérifier cette relation pathogénique, je n’en ai trouvé que quatre qui n’offrissent pas des manifestations dartreuses très prononcées et encore deux de ces malades avaient des alopécies chroniques. Chez l’un d’eux existaient des sueurs de tète très abondantes, et les cheveux étaient tombés prématurément. Or on sait que l’alopécie et l’inflammation chronique du bord ciliaire dépendent, dans un très grand nombre de cas, d’une disposition herpétique.

« Je serai porté à y rattacher également ces sueurs partielles abondantes, habituelles chez certains sujets.

« Ainsi, avec l’angine glanduleuse coïncident presque constamment des phénomènes dartreux, l’acné principalement, qui, suivant l’ingénieuse remarque de Chomel, offre avec les granulations, une analogie de siège et aflecte, comme elles, les glandules d’une membrane tégumentaire ; sur quarante-cinq cas j’ai rencontré vingt et une fois une éruption considérable d’acné ; onze fois elle coexistait avec du pityriasis ; sept fois cette dernière éruption existait seule ou combinée avec du lichen et occupait spécialement la tête, la poitrine, la région fémoro-scrotâle. Après ces formes, j’indique dans leur

ANGINE CHRONIQUE

ordre de fréquence, l’eczéma, le psoriasis, Tecthyma, i

l’herpès, comme manifestations de la diathèse herpétique, J

constatée par moi chez les malades que j’ai examinés. i

Les uns étaient tourmentés par des furoncles, des t

orgelets. Dans le plus grand nombre de cas, les dartres (

avaient précédé l’angine. i

«Il est une autre affection qu’on rencontre très souvent «

chez les sujets atteints d’angine, et qui me paraît i

dépendre du même principe, c’est la blépharite chronique. La vue devient tendre , suivant l’expression des j

malades, le bord ciliaire est rouge et garni d’écailles i

furfuracées ; et, en renversant la paupière inférieure, on i

aperçoit, vers l’angle externe de la gouttière palpébro- j

oculaire, un groupe de granulations entourées d’une j auréole vasculaire, et constituées par le développement , morbide de papules conjonctivales. i

« L’angine, d’après les recherches de Chôme!, paraîtrait avoir quelque connexion avec une autre maladie, carac- ]

térisée également par la production des saillies gra- :

nuleuses et pouvant se développer sous l’influence de la même condition diathésique : c’est la métrite [granuleuse.

« Tous les troubles profonds de l’organisme peuvent favoriser les maladies diathésiques et l’angine en particulier. Chez l’un, c’est la dysenterie ; chez d’autres, les chagrins; chez d’autres, la suppression du flux hémorroïdal.

« La calvitie, dans un grand nombre de mes observations, coïncidait avec l’angine.

«En même temps que des manifestations herpétiques, j’ai souvent noté des douleurs rhumatoïdes, d’autres fois des accidents dyspeptiques chez les sujets atteints d’angine, et tous ces symptômes se rencontrent fréquem-

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ment, comme on dans les affections dartreuses.

Sont-ce des états morbides congénères ? Ou bien encore, distincts dans leur essence, se développent-ils simultanément sons l’influence d’une débilité constitutionnelle ou de toute autre condition générale de l’organisme, qui favorise l’éclosion de tous les germes diathésiques ? C’est une question qui peut laisser encore matière à discussion, bien que toutes les présomptions semblent se réunir en faveur de la première hypothèse. »

Ce qui montre bien que l’angine granuleuse des auteurs de cette période contient une certaine quantité d’adénoïdiens, c’est que Guéneau de Mussy, comme son maître, note le palais ogival, qu’il regarde comme un facteur pathogénique.

« Chomel regarde comme prédisposant à. la maladie qui nous occupe, la forme ogivale de la voûte palatine avec rétrécissement de l’arcade dentaire.

«Chez les personnes qui présentent cette disposition, la lèvre supérieure est entraînée en haut, les narines sont généralement étroites, d’où résulte la nécessité de respirer par la bouche et de tenir cette cavité ouverte pendant le sommeil, de là, sécheresse de la muqueuse buccale et peut-être irritation sécrétoire des glandes pharyngiennes, ce qui peut en amener l’hypertrophie. » Guéneau de Mussv, persuadé que des phlegmasies répétées sont une des causes les plus puissantes de l’affection, prête une assez grande importance à la questiondesclimats.il pense, avec Green, qu’une région froide et humide est favorable au développement de l’angine g'ranuleuse et combat sur ce point l’opinion d’Hasting. Après avoir noté, comme ses prédécesseurs, l’influence des professions qui conduisent à l’abus de la

ANGINE CHRONIQUE

parole et du chant, il y ajoute un paragraphe intéressant concernant certains métiers manuels insalubres, « qui forcent le malade à vivre dans une atmosphère tenant en suspension des particules solides, des fragments de tissu, des duvets, des poussières minérales ou végétales prédisposant aux affections des voies respiratoires. » Et en effet la pharyngite granuleuse, du moins une certaine forme de celle-ci, est fréquente dans les conditions indiquées par l’auteur, d’après les récentes publications, notamment le traité de Schech sur les maladies des voies aériennes supérieures de causes professionnelles. Les formes éruptives (Green), qui produisent si souvent l’hypertrophie tonsillaire, déterminent aussi parfois la pharyngite granuleuse. « La grippe mérite une place importante dans cette étiologie. » Mais le facteur étiologique, auquel Guéneau de Mussy prête une attention toute spéciale, ce sont les inflammations répétées de la partie supérieure du tube aérien, « qui peuvent survenir à titre de causes occasionnelles puissantes dans le développement de l’angine glanduleuse ; de là le rôle des rhinites concomitantes1. « Beaucoup de malades attribuent à un rhume ou à une grippe l’origine ou l’aggravation des accidents qu’ils éprouvent. Non seulement les coryzas répétés et chroniques doivent être rangés parmi les causes de l’angine glanduleuse, mais l’inflammation de la partie postérieure des fosses nasales en est très souvent le premier degré. Cette dernière affection tend à revêtir la forme chronique.

« Tous les matins les malades ramènent dans la bouche, par une sorte de reniflement guttural, des mucosités

1. On ne se rend pas compte encore, et pour cause, des phénomènes déterminés par l’inflammation du cavum ; ceux-ci, du reste, sauf les troubles auditifs, se confondent plus ou moins avec ceux du coryza.

GUÉNEAU DE MUSSY, SPENGLE

épaisses, d’un jaune verdâtre, quelquefois demi-concrètes et qui se sont accumulées pendant le sommeil vers les narines postérieures. Les efforts que fait le malade pour leur faire franchir l’isthme du gosier provoquent quelquefois des nausées et des vomituritions. Très souvent ce coryza postérieur accompagne l’angine glanduleuse. »

Les lésions anatomiques ne sont étudiées, bien entendu, qu’au point de vue macroscopique. Il signale la coïncidence fréquente de l’hypertrophie amygdalienne. Les lacunes tonsillaires seraient le siège d’altérations morbides, telles que pus, dépôts calcaires1. La luette paraîtrait presque toujours atteinte d’angine folliculeuse. « Placée sur les limites de la bouche et de l’arrière-gorge, elle peut réunir les deux variétés de granulations, que Ton observe dans ces deux régions, les petites saillies en grains de semoule de la voûte palatine et les grains glanduleux de la muqueuse pharyngienne. Celles-ci offrent assez souvent à leur sommet une coloration jaune, qui y accuse la présence d’un liquide puriforme. Dans le plus grand nombre des cas, la luette est allongée. En général, les vaisseaux dilatés paraissent à sa surface et assez souvent on en voit deux qui marchent parallèlement sur sa surface antérieure en décrivant des flexions de sa base à son sommet. » Après avoir rappelé que, suivant Green, la luette peut dans certains pénétrer jusque dans l’orifice supérieur du larynx et y déterminer des troubles divers, il cite un passage intéressant emprunté à Wakes de Dublin où est ébauchée très suffisamment la toux pharyngée.

A l’étranger, en 1862, Spengler fit paraître, dans les Aertzliche Mittheillungen der deustschen Klinik , un article

1. L’angine lacunaire, au moins une forme de celle-ci, complique en effet assez fréquemment l'angine granuleuse.

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intéressant où il s’efforce de diviser le mal en deuxvariétés biendistinctes : l’une congestive, où les granulations, quand elles existent, seraient dues à une prolifération du tissu conjonctif sous-muqueux et l’autre véritablement catarrhale, où les nodules sont dus à des hypertrophiesglandulaires. Comme on le voit, il distinguait déjà assez nettement la pharyngite sèche avec muqueuse lisse ou légèrement granulée de la pharyngite granuleuse vulgaire. Cette distinction fut acceptée par Schrôtter, en 1871.

En 1866, Dobel fit une assez bonne description d’ensemble des différents catarrhes du pharynx (formes généralisées, isthmiques, du cavum, lisses, granuleuses, etc).

D’autre partDoMENico Severi étudiait l’anatomie pathologique de ces granulations, dans un article intéressant du Bolletino dette sciencie mediche , en 1873.

Mais peu à peu la question dévie du côté du catarrhe rétronasal, sur lequel paraissent, après les recherches de Czermak Türk et Voltolini, des travaux importants, que nous aurons l’occasion d’analyser dans une autre partie de cet ouvrage. Revenons pour le moment aux auteurs français. .

L’article de Desnos sur le sujet n’est qu’une mise à point. Rappelons cependant que l’auteur insiste tout particulièrement sur les crachats sanglants qui pourraient en imposer, dit-il, pour une hémoptysie tuberculeuse. Le mal serait, suivant lui, essentiellèment lent et torpide, mais des poussées plus ou moins violentes dans leur évolution ne seraient pas exceptionnelles. « Bien que Guéneau de Mussy ait décrit une angine glanduleuse aiguë, il faut reconnaître que la marche de cette maladie est essentiellement chronique. Néanmoins en vertu des causes diverses, par le fait d’une évolution spontanée,

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