Leudet
ANGINE CHRONIQUE
leur angine ; ils n’ont plus que les granulations et ils s’en inquiètent toujours. Ces granulations deviennent pour eux le motif ou plutôt le prétexte et la justification apparente de leurs préoccupations hypocondriaques. »
Lasègue a étudié l’angine granuleuse sous le nom de pharyngite catarrhale. Il s’est efforcé de montrer qu’on a trop concédé au larynx dans sa symptomatologie et pas assez au pharynx, de telle sorte que les déterminations pharyngées ont presque été éclipsées par celles de l’organe, vocal. Cette tendance n’aurait, suivant lui, aucune raison d’être ; car, souvent, le mal se cantonne exclusivement dans la gorge. Il pourrait occuper la totalité du pharynx, se limiter à sa partie moyenne, ou prendre en haut ou en bas une large extension. Ici encore, la question d’âge jouerait un grand rôle, l’affection ne se comportant pas chez les enfants comme chez les adultes. Les jeunes sujets ont une muqueuse peu colorée, mais très inégale ; car elle est constellée, pour ainsi dire, de saillies arrondies, demi-transparentes, de forme et de volume très variables 1, qui ne correspondent pas à une disposition pathologique. L’angine ne débute pas dans l’enfance par la région moyenne, mais par la portion supérieure du pharynx2. « Elle prend place entre le coryza et l’affection gutturale, et c’est ce processus qui la caractérise essentiellement ». Il survient de l’enchifrènement, du nasonnement, du ronflement pendant le sommeil; et le petit malade respire la bouche ouverte, ce qui donne à sa physionomie un air étonné. Les liquides sécrétés en excès s’éliminent d’abord aisément, mais, plus tard, il