‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 157 sur 170 · C. — AMYGDALITE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

C. — AMYGDALITE CHRONIQUE

Avant-propos. — Étant donné que la plupart des notions accessibles à la clinique ou à l’examen macroscopique avaient été signalées aux époques précédentes, notamment au xvme siècle (voir le 2e volume de cet ouvrage), la part qui restait aux auteurs de la période que nous étudions était par conséquent assez limitée ; les découvertes qui ont renouvelé, pour ainsi dire, la question (coïncidence des hypertrophies des amygdales palatines avec celle des autres tonsilles, origine infectieuse et notamment tuberculeuse, cryptes considérées comme un locus minoi'is resistantiæ , où s’élaborent un certain nombre d’infections générales et surtout locales, étendant leurs ravages au pharynx seulement ou aux cavités voisines, principalement à la caisse) sont, comme on le sait, de date toute récente. L’étiologie cependant a suscité des querelles intéressantes, où l’action présumée de la scrofule a tenu un grand rôle; d’autre part, certaines déformations physiques

amygdalite chronique

(pulais en ogive, dépression des parois latérales de la cage thoracique) furent attribuées à l’hypertrophie amygdalienne et rattachées d’une façon plus ou moins nette à la suppression de la respiration nasale. Enfin les lésions des cryptes1, principalement les ulcères et les dépôts calculeux, ont été signalées d’une façon plus précise et plus complète qu’autrefois. Bien que la plupart des méthodes opératoires (sauf le morcellement qui n’a été èmployé que dans ces vingt dernières années) aient été indiquées précédemment, les auteurs des deux premiers tiers du xix® siècle, s’ils se sont un peu trop préoccupés du voisinage des gros vaisseaux du cou, notamment de la carotide, ont néanmoins accompli des progrès incontestables.

Dans les traités de chirurgie et les dictionnaires les articles consacrés à cette affection ne se préoccupent, pour ainsi dire, que du côté opératoire de la question. Toutefois, on trouve, dans les Maladies Chirurgicales de Boyer, un paragraphe assez intéressant sur le sujet.

L’amygdalite chronique est ainsi exposée : « Lorsque l’angine tonsillaire se termine par résolution, les amygdales ne reviennent pas toujours à leur volume naturel : elles restent souvent et plus grosses et plus dures qu’avant l’inflammation. Cet état les rend beaucoup plus susceptibles de s’enflammer de nouveau, et le retour plus ou moins fréquent de ces fluxions, dont l’intensité est toujours proportionnée au volume des amygdales, produit enfin le gonflement ou engorgement chronique dont il est ici question2. » Ainsi que la plupart des auteurs du xvin0 siècle, il

1. Voir, à la fin de ce paragraphe, le petit appendice sur l’angine lacunaire.

2. Actuellement (Chaumier, Gallois, Pierre, Zarniko, Gastou, etc.), on tend au contraire à regarder les maladies tonsillaires chroniques comme un facteur très puissant de l’état scrofuleux, à cause de leur nature

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