‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 16 sur 170 · Ils. ont fort bien décrit la stomatite mercurielle · texte numérisé non relu

Ils. ont fort bien décrit la stomatite mercurielle

2. La pblegmoneuse chez les jeunes sujets, la catarrhale chez les personnes âgées.

ANGINE SIMPLE AIGUE

détermineraient la formation de dépôts plastiques blanchâtres et membraneux entre le derme et l’épithélium. Il a insisté sur la rougeur intense que présente la gorge de beaucoup de jeunes enfants. On ne confondra pas, dit-il, cette teinte en quelque sorte naturelle et tout au plus congestive avec celle de l’inflammation, parce qu’elle dure indéfiniment sans modification apparente, sans hypersécrétion, sans dysphagie, ni phénomènes généraux. La tuméfaction des amygdales pourrait amener des phénomènes graves de suffocation ; elle entraverait en tout cas la succion du lait ; cette dysphagie serait très préjudiciable.

Rilliet et Barthez sont très intéressants à consulter. Après avoir énuméré les causes possibles d’angine, ils ont relaté les lésions anatomiques constatées du côté du gosier chez une jeune fille de treize ans, ayant succombé au cours d’une angine. Les amygdales étaient molles, rougeâtres et infiltrées de pus, le pharynx tapissé entièrement d’une couche de mucosités sanguinolentes; l’inflammation et la tuméfaction des parois pharyngées coexistaient avec une phegmasie semblable des fosses nasales. Les ganglions sous-maxillaires étaient gros, volumineux et mous ; chez d’autres enfants, où les altérations étaient beaucoup moins développées et qui avaient succombé à la maladie générale d’où dépendaient les troubles pharyngiens, ils constatèrent la dilatation des cryptes 1 amygdaliennes, remplies de mucosités jaunâtres ou même franchement purulentes, qu’on chassait assez facilement en comprimant la tonsille.

1. La notion de lésions cryptaires ou péritonsillaires révélées par les investigations- cadavériques conduira à l’idée d’angine lacunaire et de péritonsillite. D’ailleurs, les altérations cryptaires sont déjà de connaissance ancienne (Voir nos précédents volumes).

RILLIET ET BARTHEZ

Rilliet et Barthez insistent beaucoup sur la nature primitive ou secondaire du mal. S’appuyant sur la clinique, ils distinguent deux, variétés principales seulement d’angines, l’une bénigne , l’autre maligne. Dans la première variété, les ganglions lymphatiques ne s’engorgeraient pas et la face n’aurait aucune apparence spéciale ; elle seraitpâle ou colorée, mais naturelle. La respiration se montrerait notablement accélérée, sans caractère nasal; à l’auscultation, le bruit respiratoire resterait pur. La voix claire ne prendrait pas le timbre nasal. Selles normales, pas de vomissements, mais de la dysphagie et de la douleur évidentes quand les petits malades avalent. Les phénomènes locaux de l’inflammation et la réaction générale tomberaient au bout de trois, quatre ou cinq jours. Si la phlegmasie a porté plus particulièrement sur les amygdales, celles-ci resteraient tuméfiées pendant encore deux ou trois semaines. Les angines secondaires légères offrent le même type inflammatoire que les angines primitives qu’on vient de décrire, mais avec quelques différences qui tiennent à la maladie principale, dont elles ne sont qu’une manifestation.

L’angine gravé de Rilliet et Barthez est, en somme, en partie l’angine inflammatoire deBoerhaave, l’anginephlegmoneuse des modernes et en partie notre angine septique (infectieuse) actuelle. Moins, fréquente que la forme catarrhale, caractérisée par une fièvre ardente, une figure bouffie, des yeux égarés, de l’anxiété, des vomissements, une peau sèche, des maux de tète, de la courbature, comme on le constate au début d’une maladie générale, elle s’accompagnerait de symptômes locaux beaucoup plus intenses. La rougeur serait très marquée, ainsi que la tuméfaction ; mais la muqueuse souvent se dissimulerait

ANGINE SIMPLE AIGUE

sous un exsudât sale et grisâtre. Dans d’autres cas, bien que gonflées, les parois pharyngées seraient remarquablement pâles1; la dysphagie, en général très accusée, se montrerait quelquefois assez faible 2. La respiration serait bruyante, la bouche ouverte, l’agitation considérable; souvent on constaterait du délire, qui peut faire place, si l’affection se termine fatalement, à l’adynamie la mieux caractérisée. Gomme on le voit, à côté des phlegmasies franches, les auteurs décrivent sans les nommer des formes d’angines septiques hyper'toxiques, qui seront mieux étudiées par leurs successeurs.

Àndral croit que les angines simples et même les amygdalites, celles-ci d’une fréquence extrême, affectent « tous les âges et tous les sexes » mais plus particulièrement, dit-il, « les enfants et les femmes », corrigeant ainsi ce que son opinion avait de contradictoire avec les idées généralement reçues. Il admet que le, mal peut être périodique. Sur un relevé statistique de quarante-huit cas, quarante-et-unefoiselle a été bilatérale ; presque toujours, par conséquent, elle frapperait à la fois ou successivement les deux amygdales. Elle s’observerait en toute saison, bien qu’elle survienne surtout au printemps et en automne. Il pense, avec beaucoup de ses contemporains, qu’elle peut régner d’une façon épidémique, et que ces épidémies peuvent succéder par exemple à la scarlatine ou à.la rougeole. Les facteurs étiologiques invoqués sont ceux incriminés à cette époque, c’est-à-dire le froid, lesingesta ; mais il faudrait avouer, dit-il , qu’assez souvent les causes restent totalement inconnues. Ainsi que plusieurs de ses devanciers, Andral admet que l’angine simple

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