‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 17 sur 170 · AN DR AL · texte numérisé non relu

AN DR AL

peut avoir des prodromes ou en 'manquer tout à fait, mais sans insister autrement sur ce point intéressant. Cependant, il croit que d’ordinaire l’affection est précédée de ces symptômes avant-coureurs qui ont fait comparer certaines amygdalites à une maladie générale, idée qui a été émise de bonne heure, notamment par Rilliet et Barthez, ainsi qu’on l’a vu plus haut, cc Le plus ordinairement, elle {(l’angine) est précédée par les symptômes généraux communs à toutes les phlegmasies, tels que frissons, céphalalgie, soif, inappétence et réaction fébrile. Cet état ayant duré plus ou moins longtemps, une douleur variable en intensité se manifeste. en même temps qu’un besoin continuel et inutile d’avaler. La déglutition devient difficile, les efforts pour cracher fréquents et accompagnés d’une touxrauque et gutturale. » Cette toux ne serait pas le seul symptôme que l’on pourrait appeler laryngé; car la voix s’obscurcirait et pourrait même s’éteindre complètement ». Andral mentionne lui aussi la dyspnée et même les suffocations passagères déterminées par l’obstruction de l’isthme à la suite d’une tuméfaction notable des amygdales. Après avoir signalé le dépôt des mucosités grisâtres, eà et là, il note de la façon la plus nette, la participation de l’oreille aux troubles pharyngés. « La trompe d’Eustache participe ordinairement à l’inflammation, et les malades éprouvent de la douleur dans l’intérieur de l’oreille penffant le bâillement, quelquefois il y a surdité plus ou moins complète. » L’urine deviendrait rouge dans les phlegmons gutturaux accentués et les malades pourraient éprouver de la dysurie. Rappelons que, dans un autre travail, celui où ils . ont étudié la couenne du sang dans les différentes maladies, Andral a constaté, avec Gavarret, chez quatre angineux

ANGINE SIMPLE AIGUE

que le caillot fibrineux des saignées se .trouvait notablement augmenté. Il n’admet pas, comme certains nosologistes, que la résolution soit pour ainsi dire la règle. La maladie se terminerait souvent ainsi ; mais, lorsque l’inflammation est intense, elle arriverait à suppuration. En quelques mots, il rappelle les fusées purulentes sur lesquelles de récents travaux1 avaient attiré l’attention ; quelquefois le pus au lieu d’être versé dans la bouche, se fraierait une voie au dehors et fuserait sur les côtés du cou.

A côté de l’angine vulgaire, dans laquelle il confond, comme on vient de le voir, l’amygdalite, cet auteur fait une place à la pharyngite qui, dit-il, peut être idiopathique ou secondaire. Ainsi elle accompagnerait la scarlatine, elle serait une des lésions les plus constantes de la rage et s’observerait aussi dans la syphilis. «N’est-il pas remarquable, dit-il, de voir l’affection naître sous l’influence de causes si diverses? » Andral accepte la division alors classique en pharyngite supérieure et en pharyngite inférieure (rétrolaryngée), mais sans rien ajouter de personnel sur cette intéressante question. Cette variété passerait souvent à l’état chronique, principalement sous l'influence de la syphilis.

Valleix fait ressortir la gravité de beaucoup d’angines. Celle-ci donneraitune notable importance aux affections de la gorge, qui seraient d’ailleurs très fréquentes à tous les âges de la vie ; aussi, dit-il, ces sortes de maladies ontelles toujours attiré l’attention des praticiens à toutes les époques de la médecine. Rappelant la quantité incalculable de descriptions qu’elles ont suscitées, il ajoute :

1. Communication de Londe sur une fusée purulente arrivée jusqu’au médiastin.

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