L’hypertrophie amygdalienne
ROBERT
que l'amygdalotomie amenait une disparition partielle de l’aplatissement latéral de la cage thoracique, ainsi que l’avait déjà mentionné Dupuytren1.
Robert fit beaucoup plus progresser le sujet que i Coulson et Warren. Son travail mérite du reste d’être consulté au point de vue de l’hypertrophie amygdalienne elle-même, dont il donne une excellente description. Il nie l’unilatéralité des lésions. « Jamais je ne l’ai vue affecter un de ces organes isolément ». Il montre comme quoi les deux glandes refoulent le voile en haut, descendant en bas jusqu’à la racine de la langue, écartant les piliers qu’elles débordent largement et ne laissant entre elles ' qu’un espace assez étroit. Il note leur indolence. Quant à leur consistance elle serait souvent plus molle2 que d’habitude. Leur texture paraîtrait la suivante : « au milieu d’un tissu rougeâtre, homogène, friable, sans apparence de fibres, se voient des canaux qui le traversent dans tous les sens et ne sont autre chose que les follicules dilatés formant la base organique de l’amygdale. » Les troubles auriculaire sont ainsi dépeints. « Un des symptômes que j’ai plus d’une fois constatés, est un affaiblissement de l’ouïe. 11 est facile d’en expliquer la cause et le mécanisme. L’amplification de l’amygdale dans le sens vertical a pour effet de refouler en haut les parties latérales du voile du palais et de comprimer l’extrémité gutturale de la trompe d’Eustache, immédiatement placée au-dessous de lui, derrière le méat inférieur des fosses nasales.
1. L’autèur français, en rappelant les recherches microscopiques de 'Breschet, prouvant qu’il y avait un ralentissement dans l’ossification des os, montra qu’on pouvait expliquer assez facilement l’amélioration survenue, les côtes ayant conservé une élasticité anormale.
2. Quand l’augmentation de volume est due à une dilatation des cryptes engorgées de mucus ou de pus plus ou moins altéré.
AMYGDALITE CHRONIQUE
Cette compression, il ets vrai, ne saurait être portée au point d’oblitérer complètement l’orifice de ce conduit, mais il y gêne le passage de l’air et suffit pour déterminer une dureté de l’ouïe plus ou moins marquée. A l’âge où se manifeste le gonflement des tonsilles, les enfants sont trop jeunes pour s’apercevoir de cette infirmité et la signaler eux-mêmes ; mais les parents observent qu’il faut leur parler à haute voix pour se faire entendre et que les enfants sont obligés de prêter plus d’attention qu’on ne le fait ordinairement à leur âge. Je n’insisterai pas sur ce qu’il peut y avoir de grave pour l’éducation à cette imperfection, dont est frappé un des sens les plus nécessaires au développement de l’intelligence ».
D’autre part, la respiration nasale se trouverait supprimée.
« Le gonflement des amygdales, en refoulant en haut le voile du palais, gêne ou intercepte entièrement le passage de l’air à travers les fosses nasales et force les enfants à respirer constamment par la bouche. C’est là un des résultats les plus constants de la maladie. Pendant la veille les enfants ont la bouche sans cesse entre-ouverte; leur physionomie en reçoit quelque chose d’étrange et d’hébété qui, plus d’une fois, m’a suffi pour diagnostiquer l'affection principale. Pendant le sommeil, leur respiration est bruyante, ronflante, et parfois tellement gênée qu’une attitude tant soit peu gênante suffit souvent pour les menacer de suffocation et les réveiller en sursaut. Il s’échappe aussi de leur bouche une mucosité épaisse et souvent teinte de sang, dont on trouve les traces sur leurs vêtements et sur leurs oreillers ».
La toux sèche est décrite de la façon la plus nette bien avant certaines communications récentes. « Un des symp-
ROBERT
tomes fréquemment observés dans cette maladie est une toux opiniâtre. Dupuytren l’avait déjà signalée, et il la regardait comme une complication annonçant l’état catarrhal des bronches; mais je ne saurais partager son opinion, et d’après ce que l’auscultation m’a démontré, je regarde ce phénomène comme purement sympathique1, au moins pour la plupart des cas. 11 n’y a là rien qui doive étonner; chez l’adulte aussi on voit des phlegmasies bornées à l' arrière-bouche suffire quelquefois pour entretenir de la toux et même simuler des altérations graves des poumons eux-mêmes ». Il insiste sur la confusion possible avec la phtisie. « L’exemple suivant m'en a paru trop remarquable pour ne pas trouver sa place dans ce travail : un Brésilien, âgé de vingt-cinq ans, nouvellement arrivé à Paris, eut, pendant l’hiver de 1835, une angine tonsillaire assez intense, qui fut combattue énergiquement par les moyens appropriés. A la suite de ce traitement la douleur et la difficulté qu’il éprouvait à avaler se dissipèrent presque complètement; mais il conserva de l’inappéten-e, une petite toux sèche, de légers accès fébriles revenant tous les soirs, et une constipation opiniâtre. Il perdit son embonpoint et ses forces, et tomba dans un profond découragement, se croyant phtisique. Un praticien habile qui lui donnait des soins n’était point rassuré à son égard, bien que l’exploration du thorax ne lui eût fourni que des résultats négatifs. Il garda la chambre, évitant de s’exposer au froid, et se soumit à un régime sévère. Je le vis pour la première fois six semaines après l’invasion de l’angine. Comme il conservait encore un peu de gêne dans la parole et la déglutition, j’examinai l’arrière-bouche et je trouvai l’amygdale gauche rouge et