‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 31 sur 170 · Voir pour la discussion Rostan, Roche, Valleix, etc · texte numérisé non relu

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DESNOS

simple vraiment idiopathique; mais le fait serait assez rare. « Sans doute on en pourrait trouver d’autres exemples que ceux des épidémies de la Ciotat, de Condom racontée par Mayenc, laquelle régna pendant cinq mois, affecta également les hommes et les femmes de 16 à 30 ans, et que ce médecin prit bien soin de distinguer d’autres affections épidémiques qui la suivirent ou coïncidèrent avec elle. Mais encore une fois ces sortes d’épidémies nettement précisées, ne sont pas d’observation vulgaire!». L’influence du froid est évidente; mais il faut, pour qu’il àgisse, une véritable prédisposition. x< Certaines personnes ne peuvent affronter le froid au pied sans prendre une esquinancie ». La chaleur au contraire jouerait assez souvent un rôle pathogénique évident. « Il faut savoir du reste, et c’est peut-être là une circonstance moins bien connue, que des cpnditions inverses, que le séjour dans une atmosphère trop chaude peuvent' également provoquer le développement de l’amygdalite. Cette cause arrive à sa plus haute puissance lorsque, à l’élévation de température, se joint la viciation de l’air. Nous conviendrons toutefois que cet ordre de causer impressionne plutôt les voies aériennes, le larynx en particulier, que les amygdales, et que cellesci mêmes -y sont surtout accessibles chez les malades déjà atteints d’angine glanduleuse ». Le traumatisme2, si volontiers négligé, mais dont les infections du revêtement cutané montrent l’importance parce qu’il crée une porte d’entrée au microbe, n’est pas oublié par Desnos. « Cette catégorie de causes agit plus rarement que la

1. En Allemagne, ces épidémies furent plus souvent signalées qu’en France ; étaient-elles grippales ?

2. Chez les carnivores, les angines sont souvent traumatiques, notamment chez le chien et le chat; (voir notre pathologie comparée du pharynx.

ANGINE SIMPLE AIGUE

précédente, mais elle nous fournit des types d’angine simple. Des aiguilles, des arêtes de poisson peuvent s’implanter dans les amygdales et y provoquer des inflammations peu importantes d’ailleurs ». Parfois le mécanisme serait tout à fait exceptionnel comme dans le cas de Bedor, communiqué à l’Académie de médecine en 1833, où une angine simple succéda à un coup de pistolet tiré dans la bouche, et guérit sans complications. . L’ammoniaque, les acides concentrés auraient une action qui pourrait être rapprochée de celle du traumatisme ; mais ici la phlogose gutturale disparaîtrait au milieu d’accidents beaucoup plus redoutables. Le tabac fumé dans des pipes qui jutent et amènent un liquide âcré sur les amygdales aurait un effet irritatif évident sur les tonsilles.

Les prodromes manquent parfois, mais on' en constaterait d’ordinaire la présence : un frisson plus ou moins violent ou simplement du frissonnement, un peu de courbature survenant en pleine santé. Desnos insiste sur les quintes de toux gutturales déterminées par la déglutition « pleine d’angoisse qui provoque l’expulsion de mucosités visqueuses, opaques ou jaunâtres ». Ainsi que d’autres nosologistes, ses prédécesseurs, il montre combien la situation est en apparence précaire.

« Il semble à tout moment, au malheureux qui ne peut pas tourner la tête, ouvrir la bouche, qu’il va succomber à la gêne de la respiration et que la suffocation est imminente. C’est surtout lorsqu’il veut boire que cette sensation devient plus pénible encore ». Non seulement la douleur se propagerait aux oreilles, mais elle pourrait envahir les différentes parties de la face. « Nous les avons vu s’irradier par voie de sensibilité réflexe sur le trajet des différentes branches du trijumeau. La trompe,

DESNOS

on le sait, reçoit des' filets delà cinquième paire. Il en est de même, des amygdales (nerf lingual) et du voile du palais. (Nerfs palatins postérieurs émanés du ganglion deMeckel) ». Il signale la crépitation et le gargouillement auriculaire d’après J. Franck. Le timbre de la voix ne seraitpas enroué comme dans la laryngite, mais nasonnè^. La suffocation peut être due parfois à l’œdème de la glotte, mais Desnos affirme qu’il en est très rarement ainsi. « Malgré tout ce fracas, nonobstant toutes ces manifestations si douloureuses, si effrayantes en apparence, presque jamais l’existence n’est mise en question. » L’exploration physique est décrite avec beaucoup de soin. L’auteur recommande l’éclairage direct et oblique. Il indique la façon de bien faire ouvrir la bouche de façon à se passer de l’abaisse-langue. « On conseillera, dit-il, une grande inspiration et un mouvement tendant à avaler la langue tout en la gardant collée au plancher de la bouche et à la face postérieure de l’arcade dentaire inférieure »; chez les enfants qui résistent, on bouchera inopinément avec les doigts les narines. « Sous l’influence de la surprise, du besoin de respirer, l’enfant entr’ouvre la bouche. » On profite de ce moment pour glisser l’abaisse-langue. En cas d’empêchement absolu d’écarter suffisamment les mâchoires, on aura recours au toucher digital.

Au point de vue de la terminaison, on doit séparer évidemment l’angine phlegmoneuse ou profonde de la forme catarrhale ou superficielle, bien que le siège et les symptômes soient très semblables. La suppuration surviendrait bien plus souvent dans les variétés cantonnées

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