‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 37 sur 170 · J.-L. PETIT · texte numérisé non relu

J.-L. PETIT

n’aperçoit point leur ouverture. On reconnaît qu’ils se sont percés par la cessation des accidents et par le pus que les malades crachent, et qu’ils rendent aussi par le nez en se mouchant. Ils affectent l’oreille, soit parce que le pus y entre par le canal d’Eustache, soit parce que ce canal même se trouve détruit, soit enfin parce que le canal extérieur de l’oreille se trouve compris dans l’abcès. Pendant le cours de cet abcès, le malade est sourd de cette oreille, mais la faculté d’entendre revient lorsque l’abcès est percé et que la suppuration n’a attaqué que les conduits externe ou interne, et elle est entièrement abolie, pour l’ordinaire, lorsque l’organe immédiat de l’ouïe a suppuré. J’ai vu un grand nombre de personnes attaquées de cette maladie qui semble n’avoir pas été exactement observée par les auteurs, et qui mérite cependant beaucoup d’attention. »

Recollin en donne une description qui, bien qu’un peu sommaire et confuse, renferme déjà cependant des détails précieux. Avant ces deux auteurs, Lanfranc en avait parlé d’une façon assez claire (Y. notre deuxième volume pour Lanfranc et Recollin). Antérieurement à Velpeau, la grande majorité des écrivains mentionnent bien parfois des abcès envahissant le cou et s’ouvrant au dehors ou même fusant dans le médiastin (Londe) ; mais on admettait que le pus provenait de tonsilles et par conséquent ces faits ne constituaient en somme qu’une aberration de la terminaison habituelle, l’ouverture dans le pharynx. Velpeau eut le mérite de nettement rappeler à ses contemporains qu’auprès de l’amygdale le tissu cellulaire du voisinage peut suppurer et constituer une forme de maladie toute spéciale, qu’il appelle angine celluleuse

102 INFLAMMATIONS SUPPURATIVES PERI-PHARYNGIENNES

et dont le siège, tout en étant voisin de là cavité pharyngée, serait en dehors! Du reste voici l’intéressant passage auquel nous faisons allusion. «Il est pour l’angine celluleuse des distinctions qu’il ne faut pas perdre de vue, et qui reposent sur la différence des tissus envahis par l’inflammation. Je parle de l’angine pharyngienne qui présente trois variétés : Dans la première, Ja membrane muqueuse est enflammée par sa surface libre; c’est la plus fréquente, elle occupe tout le pharynx. Dans la deuxième, l’inflammation occupe le parenchyme des tonsilles, la muqueuse dans tous ses replis. Enfin, la troisième variété est constituée pour l’inflammation du tissu cellulaire qui double le côté externe des tonsilles ; c’est l’angine celluleuse. »

« L’angine celluleuse est la plus grave; elle se comporte comme le phlegmon ; voici sa marche :

« Il survient une douleur sourde, pongitive, permanente, qui d’abord ne gêne pas la déglutition des liquides ni de la salive, parce qu’elle n’existe pas d’abord sur la surface interne. C’est comme dans une inflammation d’un membre; elle est à la peau, ou dans le tissu cellulaire, ou sous l’aponévrose. Dans le premier et le second cas, le toucher détermine de la douleur ; dans le troisième cas, la souffrance existe sans le toucher. De même dans la première espèce d’angine qui enflamme la surface interne, et dans la deuxième qui est sous-cellulaire, la douleur se manifeste par la déglutition, mais dans la troisième, lés aliments ne touchent pas la partie enflammée, qui est plus profonde, et ne détermine pas de douleur; elle existe cependant, et elle est permanente. Il résulte encore du siège du mal que l’amygdale ne se boursoufle pas, mais tout le côté malade se soulève,

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