‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 40 sur 170 · Voir péritonsillite · texte numérisé non relu

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3. Un homme âgé de vingt ans se présente à l’Hôtel-Dièu pour un mal de gorge ; depuis un an, tumeur du cou, à développementlent et insidieux dont il se préoccupait peu, amélioration des phénomènes gutturaux en cinq semaines, mais la tuméur reste stationnaire. Il sort de l’hôpital pour y rentrer quatre mois après avec une fièvre violente. La tumeur ne faisait que grossir ; dysphagie, dyspnée, difficulté deparler, crises d’étouffements.

ABCÈS RÉTROPHARYNGIENS

années après Roussille-Chanseru publia dans le Recueil périodique (1793, T. XIII, p. 55) un cas fort intéressant d’abcès rétropharyngien à allure latente1. Dupuytren vit un fait de ce genre, mentionné en 1827 par le Bulletin général de thérapeutique 2. Larrey incisa en 1816 une

On montre le malade à Desault, chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu, qui constata la présence d’une énorme masse allant aux deux mâchoires transversalement et verticalement en bas jusqu’à la fourchette du sternum. La peau n’avait pas changé sa coloration, la tumeur n’était ni dure ni molle et paraissait siéger profondément sous les muscles des parties latérales et antérieures du cou. Elle bombait un peu plus à gauche où la carotide lui imprimait un mouvement de succussion et de soulèvement. Examinant alors le gosier, Desault trouva une saillie lisse et arrondie àla paroi postérieure du pharynx, qui s’avançait jusqu’à la hase de la langue. Elle était molle et fluctuante. Il soupçonna alors l’existence d’une vaste collection purulente située entre la colonne vertébrale et le pharynx. Il pratiqua aussitôt son ouverture et il s’en écoula plus de trois chopines de pus. Tous les symptômes morbides subjectifs et objectifs disparurent immédiatement. En quinze jours la guérison fut parfaite. [Ancien Journal de médecine, 1788, LXXY, p. 461 )

1. « Dans l’hôpital du camp de Péronne, un soldat, âgé de 30 ans, depuis cinq jours atteint d’un hoquet inquiétant et d'une dysphagie qui ne permettait que l’usage des boissons, mais sans fièvre .et sans aucun autre phénomène bien marqué, sauf un peu de malaise au gosier, fut soumis aux gargarismes adoucissants et à un vésicatoire placé sur le côté du cou ; quatre jours après son entrée, il fut pris d’un violent accès de suffocation avec rejet de matières mousseuses puriformes, et succomba au bout de quelques minutes. Nous découvrîmes en haut du pharynx une poche pleine de pus qui se vida avec éxplosion au premier coup de scalpel et, ayant été dilatée par de nouvelles incisions, laissa à nu l’apophyse basilaire. » Rien de remarquable du côté du pharynx, de l’œsophage et du rachis [Recueil périodique , 1793, t, XIII, p. 55).

2. Il s’agit d’un officier âgé de quarante ans, qui se rendit d’une province du Midi à Paris afin de consulter Dupuytren pour un mal qu’il éprouvait à la gorge depuis deux mois. Ce malade n’accusait d’autre souffrance qu’une douleur dans le fond du gosier et une difficulté assez grande dans la déglutition. L’inspection du fond de la bouche montrait la partie postérieure du pharynx très bombée en avant. Cette partie était auss plus longue que dans l’état naturel ; elle avait la forme et la grosseur d’un marron couvert d’un morceau d’écarlate. Le toucher avec le bout du doigt introduit dans la bouche indiquait , une fluctuation manifeste. Les avis des médecins, que le sujet avait consultés en province, avaient été partagés : on avait parlé de squirrhe, d'exostose, d’anévrysme, de spasme musculaire; aucun cependant ne s’était avisé de palper la tumeur avec le

LARREY, ABERCROMB1E, DETMOLD

collection rétropharyngienne chez un officier supérieur qui guérit; mais le fait ne fut connu que longtemps après, grâce à Bouvier, et sans que celui ci ait du reste fourni d’autres renseignements que cette brève mention. Deux ans plus tard, Abercrombie en Et connaître une nouvelle observation touchant un enfant atteint de rougeole A Peu après Abercrombie, Detmold en publiait une autre relative à une maladie ressemblant au croup et qui n’était pas cette affection. Ce cas, resté ainsi sans dénomination précise, était en réalité un abcès rétropharyngien. Il s’agit d’un enfant bien portant, âgé de onze semaines, ayant une nourrice saine ; il éprouva, vers le milieu de 1820, une tuméfaction des glandes du cou, se dissipant

bout du doigt, ainsi que Dupuytren le fit. Ce chirurgien, se fondant sur les caractères physiques de la tumeur, sur les symptômes qu’elle avait présentés dans sa marche, et sur l’absence des signes de la carie vertébrale, fut d’avis que le mal en question n’était qu’un abcès idiopathique développélentementdans le tissu cellulaire rétropharyngien, etqu’il fallait ouvrir avec le bistouri, comme il l’avait fait sans danger chez plusieurs autres malades qui avaient bien guéri. Cet officier désira ne se faire ouvrir la tumeur qu’après être retourné au sein de sa famille.

1. « Une petite fille de dix-huit mois avait eu la rougeole huit ou dix jours avant que je la visse. La respiration avait commencé à être difficile pendant l’éruption, et après un soulagement partiel survenu à la suite du traitement ordinaire ; la dyspnée avait reparu après la disparition de l’éruption. Cette gêne de la respiration s’était graduellement accrue, surtout durant les trois derniers jours, et, dans la nuit qui précéda ma visite, la dyspnée avait été assez intense pour faire craindre, à maintes reprises, une suffocation immédiate.

Examinantle pharynx, je trouvai une tumeur exactement pareille à celle que j’ai déjà décrite dans l’observation précédente ; seulement elle avait son siège -plus bas dans le pharynx, en sorte que le doigt seul pouvait la découvrir, tandis qu’à l’œil on ne trouvait rien d’anormal dans le gosier. La tumeur fut ponctionnée, non sans quelques difficultés, avec un petit trocart à hydrocèle; il y eut un copieux écoulement de pus, et aussitôt après, amendement de tous les symptômes. Je prescrivis de comprimer là tumeur à plusieurs reprises, chaque jour, afin de l’empêcher de se remplir à nouveau. Grâce à cette précaution, il n’y eut pas de rechute. Une circonstance à noter, c’est que l’enfant ne parut avoir que peu ou point de peine à avaler. »

néanmoins par l’emploi des moyens convenables. Une seule glande toutefois, entre en suppuration, s’ouvre, guérit, et l’enfant recouvre complètement la santé. Quinze jours après, Detmold est appelé auprès de cet enfant qui présente une toux dont le son est absolument croupal. Il existe, en même temps, une difficulté de respirer, dyspnée qui augmente à la moindre pression sur le larynx. Pouls fébrile et température élevée. La maladie est prise pour le croup et traitée en conséquence, sans qu’aucun moyen procure de soulagement; la fièvre, cependant, diminue, la température baisse au-dessous de la normale ; l’urine s’excrète plus librement, mais la toux croupale persiste, la difficulté de la respiration augmente, et la difficulté d’avaler devient tellement pénible que l’enfant laisse écouler hors de la bouche le lait qu’il suce.

On suppose qu’il y a? une paralysie des muscles de la déglutition, et l’on administre le musc combiné au sel volatil de corne de cerf. La dyspnée, ainsi que la difficulté d’avaler, augmentent à un point « impossible à dépeindre ». Après avoir souffert pendant douze heures, l’enfant succombe avec des symptômes effrayants de suffocation.

L’ouverture du cadavre est pratiquée le lendemain. Après avoir enlevé la peau et le muscle peaucier, on trouve du côté droit du cou un foyer purulent, provenant d’une glande détruite par la suppuration. Ce foyer, situé à côté et au-dessous de l’os hyoïde, contenait une petite cuillerée à bouche de pus. On découvre derrière le pharynx un kyste purulent contenant à peu près trois cuillerées de pus. Ce kyste ou ce sac s’étendait jusqu’à la base du crâne et descendait sur une longueur de huit pouces entre le pharynx et le corps des vertèbres. Ni le pharynx, ni

MOTT, FRIOÜ, BÉGIN

le larynx ne sont altérés par la suppuration. On ne constate aucune communication entre les foyers purulents et la glande extérieure qui avait suppuré et qui avait été ouverte. Il n’en existait pas davantage entre les deux foyers purulents; les vertèbres étaient saines.

En 1834, Mott, chirurgien de New-York, ayant été appelé à faire l’autopsie d’une jeune fille morte par suffocation, trouva une vaste collection purulente entre la colonne vertébrale et le pharynx décollé; ce qui étonna fort les médecins qui avaient donné leurs soins à la malade .

En 1829, Friou (.. Journal de médecine de Nantes) montra par l’observation suivante que ces collections purulentes pouvaient être dues à une rétrocession de l’érysipèle facial. Il s’agissait d’un homme de 36 ans, atteint d’érysipèle de la face, qui vit ce dernier disparaître brusquement à la suite d’un refroidissement. Il se développa immédiatement après une tuméfaction pharyngée, avec douleur fort vive à la déglutition, rougeur très marquée dans le fond de l'arrière-bouche et un gonflement notable de l’extérieur du cou. On soupçonna la présence d’un abcès et pour le faire crever de lui-même on recourut aux vomitifs. Bientôt on aperçut au fond de la gorge un point saillant sur. lequel on fit une ponction, qui donna issue à une chopine de pus de bonne nature. Malheureusement l’ouverture trop étroite se ferma à plusieurs reprises et, comme la suppuration continuait, on dut plusieurs fois la rouvrir; chacune des nouvelles ponctions fournit une grande quantité de pus. Dès lors on se résigna à inciser largement cette fois-ci la paroi postérieure du pharynx et bientôt la guérison eut lieu.

L’abcès rétropharyngien du malade de Bégin succéda certainement à une infection septique indéterminée que

ABCÈS RÉTRO PHARYNGIENS

l’auteur qualifie de gastro-encéphalite grave dont le malade aurait été atteint quelque temps auparavant. Il survint un abcès que l’auteur trouva volumineux; il faisait une saillie très apparente à la partie postérieure du pharynx. La bouche était largement ouverte ; la langue abaissée avec le doigt ou le manche d’une cuillère, la tumeur se présentait rouge, tendue, luisante et lisse à la surface, faisant dans le pharynx une saillie considérable qui obstruait cette cavité, rendant la respiration difficile et le passage des aliments très malaisé. De plus, l’articulation des sons en était manifestement gênée. Comme la collection était située contre la paroi antérieure de la région cervicale du rachis en face de l’isthme, on en pratiqua l’incision ; elle donna issue à une grande quantité de pus que le patient rejeta au moyen d’efforts d’expulsion; la guérison eut lieu en peu de jours.

Le cas observé par Ricord et publié par Forget est remarquable par son caractère insidieux, son apparition chez un syphilitique atteint auparavant de lésions gutturales spécifiques, la lenteur de sa marche, l’intensité des troubles respiratoires, la saillie en avant du larynx, la stagnation du pus s’accumulant dans la partie inférieure de la poche insuffisamment ouverte. Il s’agit d’un malade lymphatique, ayant contracté auparavant un chancre et une blennorrhagie, qui était entré au mois de décembre 1834 à l’hôpital d’Alençon pour des douleurs fixes à l’articulation coxo-fémorale, dont il fut délivré par l’usage des bains et des fumigations sulfureuses. La cessation des douleurs articulaires fut suivie immédiatement d’un sentiment de gêne du pharynx ; la déglutition devint douloureuse.

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