‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 44 sur 170 · FLEMING · texte numérisé non relu

FLEMING

menté pour se calmer aussitôt qu’il se recouchait. Le contraire arrivait pour les symptômes cérébraux qui s’aggravaient dans le décubitus, Cette coïncidence m’amena à penser que la maladie pouvait tenir à une obstruction mécaniqué du pharynx, survenue depuis l’examen que j’avais fait de ces parties. J’introduisis avec difficulté mon petit doigt entre les deux mâchoires serrées l’une contre l’autre, et j’arrivai jusqu’à la base de la langue, au-delà de laquelle je sentis distinctement une tumeur obscurément fluctuante. Le voile et les piliers se reconnaissaient facilement ; mais le moindre mouvement imprimé à la base de la langue était si douloureux que je crus devoir cesser mes investigations.

« Quoique je n’eusse jamais vu ni entendu parler d’abcés au pharynx des enfants, la sensation d’une fluctuation obscure en cette région me confirma dans l’opinion que mon malade portait un abcès dont le volume seul occasionnait les graves symptômes dont j’avais été témoin. J’en tentai l’ouverture en m’armant de toute ma prudence, et, à ma grande satisfaction, il s’écoula une grande quantité de pus. Presque aussitôt les accidents disparurent. Le soir du même jour, ils étaient revenus. J’examinai la gorge de nouveau; l’ouverture faite à la tumeur s’était fermée ; je l’agrandis et procurai de nouveau l’évacuation d’une grande quantité de pus.

« Je recommandai de tenir la tête de l’enfant aussi élevée et aussi penchée que possible sur la poitrine ; les jours suivants, la suppuration continua, l’enfant se leva, et la convalescence, quoique longue, se fit régulièrement ».

Fleming insiste sur la gêne mécanique que ces abcès ‘ rétropharyngiens exercent sur le larynx et sur la nécessité de les ouvrir au plus tôt pour sauver les malades - ■ 10

ABCÈS RÉTRO PHARYNGIENS

d’une mort imminente. Aigus ou chroniques, primitifs ou plus souvent symptomatiques d’une carie vertébrale, leur allure serait sensiblement la même dans tous les cas. Il pense aussi que certains de ces abcès seraient dus à une adénite suppurée succédant à une angine.

En 1841, un an après l’époque où parut dans les journaux l’article si connu de Fleming, un compatriote de l’auteur, Maxwèll Wade, faisait connaître également un nouveau fait très intéressant de cette même affection ; mais, chose assez surprenante, cet écrivain fut loin de rencontrer le même succès. Son nom est généralement ignoré de la plupart des médecins, même de ceux de langue anglaise.

Il s’agit d’une femme de cinquante ans qui fit appeler, au mois de décembre 1840, le docteur Wade. Trois mois auparavant, elle avait eu une angine qui avait gêné un certain temps la déglutition, la respiration ; puis les symptômes morbides s’étaient atténués. Elle se plaignait de ressentir de temps à autre de violents frissons et d’éprouver une céphalalgie gravative. Des médecins appelés avant Wade avaient pris le mal pour un cancer et instituéun traitement en conséquence. Cette femme était, lors de l’examen de Wade, dans un marasme très accusé et pouvait à peine se soutenir. Déglutition très gênée, respiration fort difficile. Une tumeur de la grosseur d’un oeuf de poule affleurait le bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien ; la carotide lui transmettait ses battements. A l’inspection du gosier, saillie considérable de la paroi postérieure du pharynx parcourue par des veines variqueuses, fluctuation bien distincte. Wade, ayant diagnostiqué un abcès rétropharyngien, incisa la saillie pharyngienne et donna ainsi issue à une grande quan-

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