PARROT
qu’il décrit tout à fait l’équivalent de ladite synoque. « Galien rangeait les synoques de la première espèce parmi les éphémères dont la durée pouvait être d’un seul ou de plusieurs jours ; suivant l’intensité et la cause, il les rangeait parmi les putrides. C’est cette même fièvre que Pinel appelait angiosténique, parce qu’il l’attribuait avec P. Franck à l’inflammationde la face interne des vaisseaux, particulièrement des artères. Nous proposons de substituer le terme de fièvre herpétique à ceux de synoque, fièvre continente, fièvre éphémère, fièvre gastrique, embarras gastrique fébrile, fièvre angiosténique, employés jusqu’ici pour désigner cet état morbide, et c’est à justifier cette modification dans le langage médical et à en démontrer l’utilité, que cette note est consacrée ». Parrot fait remarquer « que c’est surtout avec les fièvres . éruptives qu’ils (les accidents de la fièvre herpétique) présentent une grande analogie. Rappelons, comme preuve à l’appui, la brusquerie du début, la constance de certains troubles nerveux, tels que la céphalalgie, les vertiges, la somnolence, et parfois même le délire, la perturbation des fonctions digestives se manifestant par de l’inappétence, des nausées, des vomissements en général bilieux, plus rarement, une légère irritation de la muqueuse respiratoire, enfin et surtout, un appareil fébrile ayant une durée moyenne de trois à cinq jours, mais pouvant atteindre un septénaire, intense au début, et s’amendant toujours d’une manière rapide après l’apparition sur la région naso-labiale delà face d’une éruption herpétique ». Ces vésicules d’herpès jugent en quelque sorte le mal qui semble avoir évolué sous l’influence qui a présidé à leur incubation. « En tenant compte de ce dernier fait qui est constant, et en l’absence de toute
ANGINE HERPÉTIQUE
lésion capable d’expliquer les divers troubles précédemment énumérés, ne sommes-nous pas autorisés à faire de ceux-ci le cortège de l’herpès, c’est-à-dire que c’est pour lui et par lui qu’ils se sont développés. Sans doute on ne manquera pas d’objecter la disproportion considérable qui existe entre la lésion cutanée et les accidents généraux ; mais cette remarque, d’ailleurs très juste, loin d’affaiblir notre manière de voir, lui vient en aide. Les faits analogues ne sont pas rares en pathologie, et pour répondre par un exemple que Ton ne puisse récuser, quel est le clinicien qui n’a pas vu une fièvre des plus ardentes accompagnée des désordres fonctionnels les plus graves, et faisant craindre pour la vie du malade, céder comme par enchantement à l’apparition de quelques pustules varioliques ». Dans une note à ce sujet, il rappelle la locution triviale : « Petite pluie abat grand vent. »
L.’ étiologie de cette fièvre serait le froid, incriminé déjà par Gubler, Lasègue, etc. « Bien que toutes nos observations ne . soient pas explicites sur ce point, ce qui n’a rien de surprenant, puisque nous avons eu affaire à des enfants, nous estimons, d’après ce qui se passe aux autres âges, que c’est dans un refroidissement qu’il faut chercher l’origine dé la fièvre herpétique. C’est par le fait d’un changement brusque de sa température qui s’abaisse rapidement après s’être ' élevée d’une façon anormale, que l’organisme subit une perturbation à la faveur de laquelle s’élaborent les germes herpétiques. » Mais alors pourquoi la plupart résistent à l’action du froid, et comment se fait-il qu’une cause si universelle et si banale, choisisse en quelque sorte ses victimes. Parrot répond à cette objection embarrassante, en ajou-