‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 6 sur 170 · BLACHE ET CHOMEL · texte numérisé non relu

BLACHE ET CHOMEL

ment de la partie postérieure du pharynx qui est ainsi parsemée de taches blanchâtres, à la raucité de la voix, à la douleur, à la difficulté de la déglutition qui devient même impossible lorsque la partie supérieure de l’œsophage participe à l’inflammation ; d’où il résulte que les boissons et les aliments ne pouvant franchir l’obstacle, sont rejetés par les narines. Le malade éprouve une douleur d’oreille provenant de l’irritation de la trompe d’Eirstache, et il rend par la bouche un mucus visqueux plus ou moins abondant. » Les phénomènes seraient assez semblables à ceux de l’affection précédente; mais, dans celle-ci, il y a des troubles respiratoires qui n’existeraient pas dans l’angine pharyngée. Du reste, les modes de terminaison, les complications, les métastases, seraient identiques dans les deux cas. Comme on le voit, Renauldin, mentionne déjà quelques-uns dès phénomènes de la pharyngite sèche aiguë.

Blache et Chombl (Dict. en 30 vol. , art. Angine) croient devoir distinguer l’amygdalite de l’angine proprement dite pourles raisons’suivantes : elle en différerait « parson siège dans un organe d’une texture particulière, par l'intumescence considérable qui l’accompagne, par la suppuration profonde qui la termine fréquemment, et par l induration chronique à laquelle elle donne lieu, lorsqu’elle s’est reproduite un certain nombre de fois. » La bilatéralité des lésions, mentionnée depuis l’antiquité gréco-romaine, leur inspire quelques réflexions : «Cette inflammation peut occuper les deux amygdales à la fois ou successivement, ou être bornée à une seule. Ce dernier cas est le plus rare, et cette circonstance mérite d’être remarquée, car les autres organes doubles ne sont que rarement affectés à la fois d’inflammation. Sur quatre-

ANGINE SIMPLE AIGUE

vingt-dix cas de pleuro-pneumonie observés à la clinique de l’Hôtel-Dieu en 1831 et 1832, il ne s’est présenté, que dix sujets chez lesquels l’inflammation occupait les deux poumons, tandis que sur trentetrois amygdalites observées par Louis, trente fois la maladie était double. M. Rufz a noté la même chose dans le service de Rullier, onze fois sur quinze; et sur vingtdeux enfants atteints d’amygdalites, vingt et un avaient les deux tonsilles enflammées en même temps. » Ils nient que les femmes y soient plus sujettes que les hommes. Cette opinion, acceptée par plusieurs nosographes de l’époque, était motivée certainement par des troubles pharyngés liés à des perturbations menstruelles diverses, dont la connaissance était déjà ancienne ; mais les relevés statistiques seraient contraires à l’idée d’unè prédominance de l’affection chez le sexe féminin. Suivant Blache et Chomel : « Sur soixante-quatre

angines dont les observations ont été recueillies par Louis1 et Rufz, trente-neuf existaient chez des hommes et vingt-cinq seulement chez des femmes. » Ils vont jusqu’à nier l’influence de ce que Landouzy appellera plus tard le tempérament vénitien (cheveux roux), contredisant sur ce point les affirmations de Sydenham. Ils mentionnent pour mémoire les angines périodiques qui avaient fait, dans les époques précédentes, l’objet de nombreuses discussions, mais sans pouvoir en donner, ainsi qu’ils le reconnaissent, une explication suffisante. Ils admettent que l’amygdalite idiopathique simple peut régner èpidè iniquement. « On l’a vu quelquefois, dans ces conditions atmosphériques, régner épidémi-

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