‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 7 sur 170 · B LACHE ET CHOMEL · texte numérisé non relu

B LACHE ET CHOMEL

queinent ; mais dans la plupart des cas, il y avait eu précédemment, ou il y avait eu en même temps épidémie de scarlatine ou de rougeole. Nous citerons comme fort remarquable, la relation d’une épidémie d’anginé, observée dans l’arrondissement de Condom ( Bulletin de la Faculté). Cette épidémie qui se déclara en 1818, vers l’équinoxe d’automne, après des changements brusques dans la température, dura cinq mois environ ; les deux sexes en furent également atteints ; mais audessus de seize ans, on ne l’observa que chez peu de sujets. Parmi les formes diverses qu’elle revêtit, l’amygdalite simple, avec ou sans fièvre, fut une des plus communes. L’inflammation débutait presque constamment par l’amygdale droite, passait à la gauche et se terminait du quatrième au sixième jour par résolution ou par abcès. » Les symptômes généraux peuvent manquer, succéder aux troubles locaux ; mais parfois ils précéderaient l’éclosion de ceux-ci. « L’amygdalite se montre quelquefois sans être annoncée par aucun dérangement de la santé. Les premiers symptômes sont alors la difficulté d’avaler et la sensation d’un corps étranger dans l’arrière-bouche. D’autres fois, elle est précédée par des phénomènes fébriles, analogues à ceux qu’on observe dans la plupart des phlegmasies aiguës; tantôt il survient des frissons, suivis de chaleur, de soif, de céphalalgie, de brisement dans les membres, et tantôt un simple malaise, avec inappétence et légère accélération dü pouls. Cet état peut durer depuis quelques heures, jusqu’à un ou deux jours. » La propagation de l’inflammation à l’oreille moyenne est indiquée de la façon la plus nette. Ceci est important à remarquer, parce que les complications auriculaires n’ont été connues réelle-

ANGINE SIMPLE AIGUE

ment qu’à une époque assez tardive1. « La douleur que les malades éprouvent dans l’intérieur de l’oreille, lors du bâillement surtout, la crépitation qu’ils y ressentent, et la surdité incomplète qui se joint à ces phénomènes, portent à croire que l’inflammation s’étend alors à la trompe d’Eustache. » L’amygdalite phlegmoneuse est confondue avec l’amygdalite ordinaire, dont elle ne serait qu’un mode de terminaison. L’histoire des abcès tonsillaires est racontée en quelques lignes. Cependant malgré leur optimisme, partagé par la plupart des nosologistes de l’époque et justifié, il faut le dire, par la marche habituelle de ces collections purulentes, Blache et Chomel signalent parfois la possibilité de fusées purulentes dans le cou. <t A peine cite-t-on quelques cas dans lesquels le puss’est frayé une voie au dehors, à la partie latérale et supérieure du cou ; on l’a vu aussi se faire jour des deux côtés. Dans tous les cas, il se passe plusieurs jours avant que les parois du foyer se réunissent, et que le pus cesse de couler dans la bouche ou sur le cou. Dans quelques cas, heureusement fort rares, un phlegmon considérable se développe, le pus décolle la peau dans une plus ou moins grande étendue, il fuse le long des principaux troncs veineux et artériels, et pénètre ainsi dans la poitrine2, où sa présence détermine bientôt des accidents inflammatoires promptement mortels. » La gangrène est regardée comme exceptionnelle, - le sphacèle résultant, disent-ils, le plus souvent non d’un excès du processus inflammatoire, mais de la nature 3 de la phlegmasie.

1. On sait que Kramer, partisan trop exclusif des myringites, combattait ta fréquence des inflammations de la caisse.

Page 1