V.- ANGINE ÉRYSIPÉLATEUSE
L’angine érysipélateuse a été admise sans conteste par les anciens, puis par Sennert, Sydenham, Boerhaave, Yan Swieten, Darluc1 et Hoffmann, qui n’avait pas été moins catégorique à son égard. « Faciem occupât, spiritus difficile Trahitur, nares et fauces aridæ valde sunt et siccæ, et torpor plerumque ac sopor conjunctus est, quin ob propinquitatem cerebri, metuendum ne in phreniti-, dem, vel lethargum degeneretur lethalem ». Il en fut de, même de Lorry signalant certaines éruptions cutanées à allure critique; celui-ci dit en effet avoir vu des érysipèles survenir à la face au cours d’une angine. « Cette éruption n’est pas critique, en ce sens qu’elle n’enlève pas la fièvre, cependant elle est d’un bon augure, parce qu’elle détourne une partie du mal concentré en un point et annonce un effort salutaire de la nature. » Dans un autre
1. Voici ce que celui-ci observa pendant l'épidémie de Caillan en 1750
« La fièvre érysipélateuse commençait d’abord par une petite rougeur au visage, suivie de chaleur et dé démangeaisons ; insensiblement cette rougeur gagnait toutes les parties de la face ; les joues, les lèvres, les paupières, se tendaient, se boursouflaient; la chaleur devenait brûlante, avec un-pouls dur, haut et fréquent; la langue sèche, jaunâtre et crevassée ; les inquiétudes, l’anxiété, la soif, tourmentaient les malades; le visage et les paupières se tuméfiaient si considérablement, qu’ils restaient plusieurs jours sans pouvoir ouvrir les yeux.' Quelques-uns avaient de fréquentes hémorrhagies par le nez. Dans d’autres, la matière morbifique, attaquant également Le visage, se ^ était sur la gorge, viciait la déglutition-, la voix devenait rauque, avec une espèce de suffocation, gonflement dans les muscles du cou, et tous les symptômes de T esquinancie. Les redoublements de la fièvre amenaient les délires, les soubresauts des tendons, les déjections bilieuses. et verdâtres farcies de vers ascarides, des urines troubles, épaisses, et leurs principes confondus ; le sphacèle des parties érysipélateuses et les convulsions terminaient la vie de ceux qui en périssaient. »