DECHAMBRE
sementdu mal : « Ou l’érysipèle se propage directement de la peau à la membrane muqueuse (c’est le caste plus ordinaire), ou bien il débute par la membrane muqueuse et s'étend à la peau (M. Goupil, a cité des cas de coryzas suivis d’érysipèle de la face et M. Vulpian nous a dit en avoir rencontré également. C’est souvent alors par les points lacrymaux que la phlegmasie passe du dedans au dehors), ou bien enfin, un érysipèle siégeant sur une partie quelconque du corps disparaît au moment où se prend le tégument interne. 11 existe aussi des observations de transport érysipélateux de la peau du visage, à la gorge, par les conduits de l’oreille, comme dans un cas deReil... Or, le fait que nous avons eu tout récemment l’occasion d’observer, a ceci d’intéressant, qu’il offre un exemple très authentique, ce nous semble, d’un érysipèle marchant de dedans en dehors à travers l’oreille, c’est-à-dire prenant naissance dans le pharynx et jetant par les trompes d’Eustache deux bras, pour ainsi dire, qui, après avoir traversé les oreilles, reparaissent dans les conduits auditifs externes pour gagner les joues, marcher à la rencontre l’un de l’autre et se rejoindre sous le nez et la ligne médiane du front.»
Son malade, âgé de 25 ans, de constitution faible, assez lymphatique, « fut pris, le 18 novembre 1858, d’une douleur vive avec sentiment de chaleur et de sécheresse au fond delà gorge. En même temps, survintune céphalalgie générale, mais plus forte, en arrière ; les symptômes augmentèrent dans le cours de la nuit et je fus appelé le lendemain, 19. La fièvre était assez intense (110 pulsations), la peau chaude et âcre, le mal de tête intense et rapporté surtout à la base de l’occipital. Les muscles de la partie postérieure du cou devenaient un peu douloureux
ANGINE ÉRYSIPÉLATEUSE
dans les mouvements de rotation de la tête. Sensation d’étourdissement dans la situation assise. Brisure générale. Langue blanche, dégoût pour les aliments, constipation. Aucun autre symptôme notable du côté des fonctions digestives. Rien d’anormal du côté des voies respiratoires. A l’inspection, je trouvai toute la paroi postérieure du pharynx et les piliers du voile du palais envahis par une rougeur intense, écarlate, non piquetée, mais bien continue et uniforme. Cette rougeur se prolongeait à une petite distance, en s’affaiblissant, sur les parties internés des joues et sur la voûte palatine. Pas le moindre gonflement des amygdales. Déglutition douloureuse. Comme je présumais l’apparition prochaine d’un exanthème cutané, vraisemblablement d’une scarlatine, je me gardai de toute médication perturbatrice et tpe bornai à prescrire une tisane légèrement diaphorétique. Le lendemain matin, 20 novembre, la rougeur de l’arrière-gorge avait, sensiblement diminué, ainsi que la difficulté de la déglutition, mais la fièvre et la céphalalgie persistaient. Le 21, l’angine avait presque complètement disparu - et la muqueuse de l’arrière-gorge avait pris une teinte brune et un -aspect de sécheresse qui étaient en rapport avec la sensation d’aridité que le malade accusait dans cette partie. La douleur de lanuqiie avait cessé.
« Néanmoins, les symptômes généraux étaient plutôt augmentés que diminués... Bourdonnements, tintements, douleurs profondes dans l’oreille. La possibilité d’une scarlatine me semblait singulièrement diminuée par une cessation aussi complète de l’angine et mes craintes se tournaient plutôt maintenant du côté de la fièvre typhoïde, malgré l’absence d’antécédents. Épistaxis la