CO R NIL
notable des vaisseaux du voile du palais. Guérison rapide et disparition complète de l’impetigo, autrefois si tenace.
La malade de la deuxième observation, contrairement à celle du premier cas, était forte, vigoureuse, d’un tempérament sanguin. Chez elle, l’érysipèle débuta par la face en commençant au pourtour des narines avec fièvre, malaise général, état gastrique assez accentué. « Le soir, elle éprouva de l’ardeur à la gorge et de la difficulté à avaler. » Le mal de gorge ne la quitta plus depuis. Le 30 mai, elle entra dans le, service de Pelletan ; c’était quatre jours après le début de sa maladie. La peau de la face, très rouge, présentait des phlyctènes. Langue et lèvres fuligineuses, sèches; la respiration n’était possible que par la bouche, les fosses nasales' se trouvant bouchées depuis le début du mal. « Lé voile du palais, les amygdales et la paroi postérieure du pharynx sont uniformément colorés en rouge foncé. Près de la base de la luette, l’épithélium de la muqueuse est soulevé par une phlyclène à bords irréguliers, ayant un centimètre de diamètre environ et ressemblant à celles de la face. La luette est recouverte de débris épithéliaux ayant la forme d’une membrane Molle , et que nous regardons comme la paroi, appliquéeà la muqueuse, d’une phlyctène, affaissée aujourd’hui, mais primitivement semblable a celle qui reste encore. » La malade comparait la douleur qu’elle éprouvait dans la gorge à une sensation de brûlure. Sa bouche, disait-elle, était en feu. Le 1er juin, les symptômes adynamiques se prononcèrent de plus en plus, avec délire, diarrhée, stupeur marquée, et le 7, elle succombait au milieu du coma.
Ce qui fait surtout l’intérêt de la troisième observation, c’est la propagation du mal à l’oreille moyenne.
• ANGINE ÉRYSIPÉLATEUSE
L’érysipèle à forme gastrique, puis adynamique, survenu chez un sujet assez vigoureux, âgé dé vingt et un ans, avait débuté par la face quinze jours avant l’arrivée du malade dans le service de Pelletan; il était entré à l’hôpital -pour un violent mal de tête avec brûlure à la gorge, dysphagie, fièvre, malaise général; en même temps, l’érysipèle de la face, dont il n’existait plus que des traces, avait récidivé. « A l’examen du pharynx, on constate sa rougeur et l’augmentation du volume de la luette. Sur le voile du palais, qui est d'un rouge sombre, on constate deux ou trois petites plilyclènes ayant jusqu’à un centimètre de diamètre et remplies de sérosité. L’une d’elles, percée avec un crayon, laisse échapper la sérosité qu’elle contenait. Il ne reste plus que la membrane épithéliale qui s’affaisse et s’applique à la muqueuse. Une plaque membraneuse toute semblable existe à la luette et résulte évidemment d’une phlyctène déjà crevée. » Le 3 et le 4, même état du pharynx et de la face. Le 5,1a rougeur érysipélateuse envahit le front et le cuir chevelu. Le 9, l’érysipèle de la peau entrait en desquamation, le pharynx apparaissait moins rouge et ne présentait plus de débris épithéliaux; mais le soir le malade commença à se plaindre de l’oreille gauche et affirma avoir perdu par elle une cuillerée de sang. Le conduit auditif était rouge et l’audition à peu près abolie de ce côté. Le 14, le trouble de l’ouïe persistait encore. Il en était de même le 21; de plus, le voile semblait glanduleux, et à la base de la luette existait un petit ulcère. Le 26, à sa sortie, état général très satisfaisant'; mais le malade accusait toujours une audition très imparfaite à gauche.
C’est sur le mémoire de Cornil que s’appuie surtout Peter dans son article Angine érysipélateuse du Diction-
PETER, CIURE
naire encyclopédique des sciences médicales. Il en reproduit les principales conclusions et confirme notamment, l’exactitude de l’envahissement non seulement du larynx, mais encore des bronches et des poumons, dont il aurait vu quelques exemples pendant l’épidémie de 1854» Comme la plupart de ses contemporains, il n’est guère partisan de la doctrine de la métastase. Bien qu’il admette la répercussion de l’érysipèle sur les principaux viscères, notamment sur le cerveau, il pense que le mal gagne les muqueuses internes par continuité. Oi% quand le siège change, la gravité deviendrait tout autre comme l’avait entrevu Hippocrate, qu’il cite. Ainsi que Gubler et quelques-uns de ses contemporains, Peter ne pense pas que la symptomatologie soit suffisamment précise pour qu’on puisse faire un diagnostic absolument sûr, sauf dans des circonstances spéciales. « En résumé, dit-il, si nosologiquement, on ne peut révoquer en doute l’existence de l’angine érysipélateuse en tant qu’espèce distincte,; cliniquement il est à peu près impossible de la reconnaître en dehors des circonstances que j’ai dites, et que je répète, a savoir la coexistence’ l’antériorité ou la succession de l’érysipèle à la peau. » Par cela même que l’érysipèle occupe une cavité interne, il deviendrait plus grave que l’érysipèle du tégument externe, parce qu’il peut s’étendre aux cavités voisines. Peter mentionne à ce sujet que sur neuf cas d’angine érysipélateuse consécutive à un érysipèle de la face, il y eut sept morts; au contraire, l’érysipèle qui sort serait infiniment moins grave, suivant le même auteur (sept guérisons sur neuf cas).
Ciure1 n’avait guère plus qu’à glaner après le travail