Angine maligne, gangreneuse ou diphtérique
ROCHE
Roche [Dictionnaire de médecine pratique , en 15 volumes article Angine) nie résolument les amygdalites périodiques dont il n’aurait observé aucun exemple. Il note que le •mal est rare chez les vieillards (en effet chez eux, il y a, comme on sait, atrophie de Tanneau de Waldeyer), mais très fréquent chez les sujets jeunes lymphatiques ou sanguins. Il insiste sur l’importance étiologique des troubles menstruels. « Nous l’avons vue très souvent se •développer chez les femmes à l’approche des règles et même au moment de leur apparition, sous l’influence de l’immersion passagère des mains dans l’eau froide, ou d’un léger refroidissement des pieds, des bras, des ■épaules ou du cou. » L 'invasion du mal serait tantôt brusque , tantôt lente et progressive. Dans le premier •cas, Roche considère le frisson initial, si fort discuté, non seulement comme fréquent mais comme intense.
« Voici ce qui se passe ordinairement : le malade est pris tout à coup d’un frisson violent, comme au début d’un accès de fièvre intermittente ; ce frisson dure peu; il est promptement remplacé par une chaleur vive de tout le corps ; bientôt le pouls s’accélère, il survient de la soif, des nausées, et une céphalalgie plus ou moins forte. Cet état se prolonge depuis quatre ou six heures jusqu’à un jour entier; il est suivi de sueur, et laisse après lui un sentiment de brisement des membres plus ou moins considérable; et ce n’est très souvent qu’après la terminaison complète de cet accès de fièvre, que le malade commence à s’apercevoir qu’il éprouve de la douleur en avalant sa salive et ses boissons. Si on l’examine alors, on trouve le pouls calme, la chaleur de la peau naturelle, la soif et la céphalalgie ne se font plus sentir; mais les nausées persistent, la bouche est pâteuse
ANGINE SIMPLE AIGUE
ou amère, la langue est recouverte d’un enduit limoneux ou jaunâtre, la luette est pendante, et une des amygdales ou toutes les deux sont rouges et tuméfiées. » Cette allure de maladie générale au premier stade avait du reste frappé déjà l’attention de beaucoup d’observateurs. La deuxième période serait toujours la même, que l’amygdalite ait débuté brusquement ou d’une façon lente et progressive'; elle serait caractérisée par les symptômes suivants, parmi lesquels les troubles respiratoiresprendraient souvent une place importante. « Peu à peu ces symptômes s’accroissent ; la déglutition devient de plus en plus difficile et douloureuse, elle est même quelquefois tout à fait impossible; le gonflement des amygdales augmente ; le malade crache avec peine des mucosités visqueuses et filantes qu’il ne détache qu’avec difficulté du fond de la gorge ; l’articulation des sons est pénible et parfois même tout à fait impossible; enfin, lorsque le gonflement des deux amygdales est très considérable, il existe souvent une très grande gêne de la respiration, et le malade éprouve de temps en temps des menaces de suffocation, occasionnées par l’accumulation des mucosités dont la présence augmente' encore l’étroitesse du passage qui reste à l’air. » Si cet auteur ne signale pas l’engorgement ganglionnaire, par contre la plupart des accidents morbides présentés par le cou sont parfaitement décrits, a On sent aisément ces deux glandes1 à l’extérieur, formant sous la peau des tumeurs arrondies et dures ; mais quand l’inflammation est très intense, le col lui-même participe fréquemment à la tuméfaction, et les téguments offrent une teinte légèrement rosée. » L’amygdalite phlegmoneuse est décrite à propos de