PÉRIODE DE BRETONNEAU
épaississement de tissu, sont les seules marques d’inflammations qu’on y puisse observer ». Bricheteau adopta entièrement ces vues de Bretonneau, dans son célèbre mémoire sur le croup. Deslandes, qui contribua beaucoup à élucider la nature des lésions dans la diphtérie bucco-pharyngée en publiant sur le sujet un très bon travail, affirma cependant qu’une étude approfondie des épidémies d’angine maligne, quand celle-ci se complique de scarlatine, tendrait à lui faire admettre, lorsque l’affection était très maligne, la production de plaques gangreneuses pharyngées. Guersant déclara aussi que la ‘nécrobiose de la gorge, quoique tout à fait exceptionnelle, pouvait s’observer au cours de l’angine maligne scarlatineuse. « Je n’ai jamais vu d’eschares gangreneuses dans le pharynx, mais j’ai observé plusieurs fois sur la peau, à la face et ailleurs, des plaques pseudomembraneuses et gangreneuses, de sorte que je suis très porté à admettre que la même altération peut se rencontrer dans le pharynx comme ailleurs. » Mais c’est surtout à propos des faits signalés par Huxham et Fothergill (angine scarlatineuse grave plus ou moins compliquée de diphtérie), qu’il fait ces réserves, car pour l’angine diphtérique, il renchérit encore sur Bretonneau. « Dans aucun cas je n’ai trouvé le tissu ramolli noir ou gris, et présentant précisément l’odeur et l’aspect delà gangrène. Mes observations sont d’accord à cet égard avec celles de MM. Bretonneau et Deslandes, et de tous ceux qui, dans ces derniers temps, ont examiné ces altérations pathologiques sans prévention. J’ai vu seulement dans quelques cas la membrane muqueuse un peu plus molle et comme érodée à sa surface, mais jamais de véritables eschares. » Il cherche, en effet, à
ANGINE GANGRENEUSE
démontrer que si les organes, notamment les amygdales, sont, après guérison, un peu déformés et rétractés, il ne peut s’agir d’un processus cicatriciel. Ces déformations des parties qui ne s’effacent que très lentement après la guérison de l'angine pseudo-membraneuse ont dû, affirmet-il, contribuer beaucoup à accréditer l’opinion des anciens qui regardaient les plaques comme des eschares, auxquelles succédaient nécessairement des suppurations et des pertes de substances. Autre part, il se montre plus disposé à admettre le sphacèle pharyngé, au moins à titre de lésions secondaires, au cours de maladies générales. Il a observé l’angine gangreneuse v< toujours accompagnée de mala-^ dies générales graves ou des organes gastro-intestinaux et qui se présentaient sous forme typhoïde ». On fit peu attention à ces quelques restrictions, et influencé par les travaux suscités par les recherches négatives de Bretonneau, deGuersant, de Deslandes, etc. , onenarriva à nevoir exclusive ment dan s les apparencesgangreneuses, que peut présenter le pharynx, qu’une sorte de pourriture des fausses membranes sous l’influence de l’air, de la salive et des aliments.
Cependant, Delaberge et Monneret, qui; comme Deslandes, avaient fait une étude attentive des épidémies de diphtérie antérieures au xixe siècle, tentèrent une réaction et firent une place dans leur Compendium de médecine à l’angine gangreneuse, qu’ils s’efforcèrent de distinguer de la diphtérie. Mais leurs arguments, plutôt historiques que cliniques, ne portèrent pas bien loin.
Il en fut de même d’une observation de Constant, où la diphtérie s’accompagnait delésions gangreneuses, notamment à l’intérieur des amygdales. Le cas de Boudet fît un peu plus de sensation. Il s'agissait d’une fillette de