‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 74 sur 170 · BECQUEREL · texte numérisé non relu

BECQUEREL

41 cas d’angine couenneuse qu’il avait pu observer, et, comme on le voit, la proportion des sphacèles pharyngés était véritablement considérable. « On trouva les amygdales en parties gangrenées; tantôt cette gangrène était superficielle et en rapport avec les fausses membranes elles-mêmes qui les recouvraient ; dans d’autres cas, ce rapport n’existait pas et, chose singulière, la gangrène occupait le centre des amygdales, tandis que les fausses membranes étaient comme à l’ordinaire à leur surface. Dans le voile du palais, les piliers et la luette, nous avons trouvé également la rétraction dans quelques cas (Guersant), l’infiltration sanguine dans d’autres (Bretonneau) et la gangrène dans quelques-uns. Dans le pharynx, l’état de la muqueuse a varié; tantôt on la trouva rugueuse, inégale et comme mamelonnée en même temps qu’elle présentait une rougeur pointillée; dans d’autres cas, plus rares que les précédents, un état gangreneux commençait à se manifester. » On pouvait se demander qui, de la gangrène ou des pseudo-membranes avaient débuté; sans se prononcer catégoriquement, Becquerel croit avec raison que ce sont les fausses membranes le plus souvent, mais il n’exclut pas formellement l’autre alternative, bien au contraire. Quoi qu’il en soit, « lorsqu’il survient de la gangrène, l'es fausses membranes se ramollissent, présentent une couleur d’un rouge noirâtre, tombent facilement en lambeaux et exhalent une odeur fétide ». Dans tous les cas observés et dont la plupart furent suivis de mort avec autopsie consécutive, le sphacèle guttural fut très évident. « Niée par beaucoup d’auteurs, même de nos jours, cette affection (la gangrène du pharynx) fut trop bien caractérisée, trop nette, dans l’épidémie dontnous faisons la description, pour

ANGINE GANGRENEUSE

que son existence puisse être maintenant contestée ». Dans quinze des dix-sept cas, l’existence de la diphtérie dut être admise ou était probable ; mais chez deux malades la gangrène amygdalienne, qui était centrale, sembla évoluer sans s'accompagner de dépôts fibrineux.

Yoici ce qui a trait au siège des lésions. « Dans les deux cas de guérison, elle occupait les amygdales et une partie du pharynx ; dans les quinze autres cas, neuf fois elle occupa les amygdales exclusivement, quatre fois les amygdales et une partie de la membrane muqueuse du pharynx, deux fois enfin les piliers du voile du palais, et elle s’étendit en avant, envahissant la muqueuse et les parois buccales. » Ce qui frappa beaucoup les contemporains de Becquerel et aussi ses successeurs immédiats, ce furent les lésions gangreneuses centrales des tonsilles, qu’il signala, bien que ces dernières soient loin d’avoir été les seules qu’il ait mentionnées comme ont l’air de le supposer certains auteurs. Celles-ci avaientelles débuté par le fond des cryptes ou avaient-elles véritablement attaqué le parenchyme central, c'est ce qu’il est difficilë de décider actuellement, faute d’un examen histologique ;ces deux sortes de lésions auraient pu, du reste,; également coexister. Quoi qu’il en soit, voici ce que donnait l’inspection à l’œil nu. « Au centre, ou seulement à une certaine distance de la surface, existait une petite cavité variable comme étendue, en partie remplie d’un liquide gris verdâtre, sanieux, et en partie d’un détritus de même nature. Les parois de cette petite excavation étaient inégales, ramollies, converties en détritus gris verdâtre, fétide et d’une odeur gangreneuse. Les caractères du sphacèle étaient tellement prononcés que toute méprise était impossible.

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