Traité de nosologie
7. Considérations générales sur le croup, in Médecine pratique éclai-* 5*ée par l’anatomie.
8. Traité théorique et pratique du croup, 1822 (d’après les principes de ia médecine physiologique).
9. Nouvelles recherches sur la laryngo-trachéite connue sous le nom de croup. 1823.
ANGINE DIPHTÉRIQUE
et assez exacte au point de vue clinique de l’angine maligne, l’influence des idées de Broussais, si contraires à la bonne compréhension du mal, étant de date postérieure. L’étiologie qu’il assigne à l’affection porte bien la marque du temps et s’inspire même des théories hippocratiques à propos de l’influence, regardée comme toutepuissante, de la configuration des lieux, du climat, de l’humidité, etc.
« Sous le rapport des causes , l’angine gangreneuse paraît due à l’influence d’une constitution épidémique déterminée soit par une température automnale insalubre, soit par le froid humide de l’hiver, et qui se développe de préférence dans les contrées que parcourent les vents qui soufflent des marais, dans les vallées qui se trouvent renfermées entre les hautes montagnes. Suivant Arétée, l’air sec de l’Egypte, l’usage des eaux troubles et bourbeuses, comme celles du Nil, les légumes corrompus, les exhalaisons putrides et cadavéreuses, peuvent aussi contribuer au développement de cette affection de la gorge. Ses causes sont donc de nature débilitante, comme cela est encore démontré, parce qu’elle attaque surtout les enfants, les adolescents, les femmes, les tempéraments mous et lymphatiques, les individus affaiblis par des excès ou des maladies de long cours, tandis qu’elle respecte en général les adultes, les hommes vigoureux, les tempéraments sanguins. »
Relativement aux symptômes et à la marche, « tantôt elle débute tout-à-coup par une douleur à la gorge et une chaleur âcre, accompagnées d’une déglutition difficile; d’autres fois, ces phénomènes n’arrivent que deux ou trois jours après une fièvre qui, d’abord assez légère, devient ensuite plus ou moins intense. A l’inspection des
RENAULDIN
parties douloureuses, on aperçoit un gonflement et une rougeur 1 très vive qui occupent le voile du palais, la luette, les amygdales et le pharynx; de là, la difficulté de là déglutition et le retour des boissons par les narines. Une tache blanche, semblable à lin aphthe, ne tarde pas à se manifester sur l’une ou l’autre tonsille, quelquefois sur toutes les deux : elle s’agrandit en peu de . temps au point d’embrasser la glande entière et les parties voisines2, et elle' prend bientôt une couleur cendrée, livide ou noire. Alors la douleur diminue et la déglutition devient plus facile; mais la voix est rauque et obscure, et la bouche exhale une odeur infecte capable de transmettre le mal à ceux qui s’exposent à l’aspirer, en sorte que, sous ce rapport, cette affection paraît réellement contagieuse. Lorsque la tache, qui n’est autre chose qu’une escarre, vient à tomber, on la voit presque aussitôt remplacée par une autre plus épaisse. Les narines rendent tantôt du sang pur, tantôt une sanie gangreneuse qui, parfois, tombant sur la glotte durant le sommeil, excite une toux violente et menace le malade de suffocation; ou bien la matière sanieuse descend dans l’œsophage et l’estomac, et donne lieu à des vomissements, à des diarrhées colliquatives, à l’entérite 3. La gangrène fait des progrès, passe des amygdales aux piliers et au voile du palais, à la luette, à la base de la langue, au pharynx, détruit plus ou moins ces parties 4, et