Geei indique nettement l’angine scarlatineuse
2. Ce phénomène se voyant dans la scarlatine compliquée de diphtérie secondaire, on comprend l’erreur de Huxhain, Fothergill, Renauldin, etc.
3. Guersant, Trousseau, signalèrent plus tard ces troubles digestifs.
4. Les complications gangreneuses sont plus fréquentes dans la diphtérie secondaire que dans la diphtérie primitive. Il ne s’agissait donc pas toujours d’une illusion déterminée par l’aspect trompeur des fausses membranes.
ANGINE DIPHTÉRIQUE
étend quelquefois ses ravages jusqu’à l’œsophage, à la trachée et même à l’estomac et au poumon. Dans d’autres circonstances, si nous en croyons Arétée, elle attaque la langue, les gencives et les narines 1 : lorsqu’elle atteint le larynx , la glotte se bouche, la respiration est interceptée , et les malades périssent suffoqués 2. Tels sont les phénomènes locaux que produit l’angine gangreneuse.
« Les symptômes généraux ne sont pas moins remarquables. La fièvre , d’abord légère, acquiert bientôt une grande violence, puis diminue tout à coup lorsque la gangrène paraît ; la dureté et la fréquence du pouls font alors place à la langueur, à la mollesse, à la petitesse, à l’irrégularité. Dans le commencement, souvent les malades se plaignent de vertiges, d’assoupissement, de lassitude au dos et dans les membres, d’un poids incommode à l’épigastre. Les uns ont la face rouge, gonflée, les yeux larmoyants : d’autres, au contraire, offrent un visage pâle ou livide, surtout lorsque la fétidité de la bouche annonce la gangrène. Ils sont plus ou moins tourmentés par des nausées, des vomissements, une diarrhée putride; ils ont la langue couverte d’un mucus épais, blanchâtre, et malgré cet état de mollesse et d’humidité, ils se plaignent d’une soif très vive; ils rendent une urine pâle et aqueuse; ils sont presque toujours en proie à une agitation et à des anxiétés inexprimables ; enfin ils tombent dans une léthargie profonde ou dans un délire violent, phénomènes qui achèvent d’épuiser les forces déjà abattues.
1. Comme on le voit, Renauldin connaissait les localisations nasales de la diphtérie, déjà signalées du reste au xvii<* siècle.
2. Ainsi, l’auteur signale très nettement l’envahissement des voies aériennes, comme Villareal, Mercado, Herrera, Cortesius, etc.
Rappelons que, peu avant lui, Starr et Samuel Bard avaient insisté sur cette complication.
RRNAULDIN
« Lorsque la maladie règne épidémiquement, on voit assez souvent paraître autour du cou, sur la poitrine et les bras, une rongeur érysipélateuse ou un exanthème miliaire ou une éruption scarlatineuse ou des pétéchies : il arrive aussi que les glandes parotides, les maxillaires et les jugulaires se tuméfient et deviennent douloureuses1. » Comme ou le voit, c’est bien de la scarlatine gutturale. L’auteur ajoute :
« Sous le rapport de ses terminaisons, l’angine gangreneuse n’en a point d’autres que l’ulcération ou la gangrène des parties sur lesquelles elle se fixe. C’est même de ce genre de terminaison qu’elle a tiré sa dénomination à laquelle on a ajouté l’épithète de maligne, parce que cette affection s’accompagne constamment d’une fièvre de mauvais caractère, soit adynamique, soit ataxique, et qu’elle moissonne la plupart des individus qui en sont atteints. Souvent la mort arrive après une forte hémorragie nasale, avec écoulement d’une sanie cadavéreuse, ou bien à la suite de convulsions prolongées. Quelquefois les malades, peu de temps avant de mourir paraissent se remettre : le délire, l’assoupissement les abandonnent, leurs angoisses se dissipent, la parole même leur revient pendant quelques quarts d’heure, mais des syncopes soudaines, l’extrême affaissement du pouls et des convulsions générales annoncent bientôt le terme de leur carrière. Ils périssent communément dans les cinq ou six jours. Lorsque les malades peuvent toucher la fin du second septénaire, ils échappent à la mort ».
Renauldin admet, comme les médecins italiens et espagnols les plus autorisés du xvne siècle, qu’il ne faut point
1. Bourgeois citera des faits de ce genre lors de l’épidémie de la maison de Saint-Denis.
ANGINE DIPHTÉRIQUE
recourir à la saignée, ni aux antiphlogistiques violents, erreur dans laquelle tombera malheureusement l’école de Broussais qui fera un crime à Bretonneau de sa sage abstention. « Sous le rapport du traitement, l’angine qui nous occupe diffère de toutes les autres. En effet, la saignée, si utile dans celle-ci, est mortelle dans celle-là ». Il croit donc devoir recourir aux vomitifs pour détacher du pharynx et de l’estomac les mucosités nuisibles. Il comprend les avantages du traitement tonique qu’il recommande formellement. Enfin, ses badigeonnages aux acides végétaux (citron), « au camphre et surtout à l’écorce du Pérou (poudre de quinquina) qui est le meilleur des antiseptiques » devaient avoir une certaine efficacité bactéricide ; le mot antiseptique et l’idée y sont du reste et c’est une chose intéressante à signaler.
Dans son article Croup , Royer-Collard insiste ainsi que Home, Wahlbom, Engstrom, Rush, van Bergen, Michaelis, Jurine, Àlbers, etc. sur Y insidiosité du début, une des raisons pour lesquelles on séparait l’angine maligne, confondue avec l’angine scarlatineuse, de la laryngite diphtérique. Le plus souvent, dit-il1 , l’affection débuterait comme une affection catarrhale très légère. « Le malade commence par éprouver des alternatives de chaud et de froid, de la lassitude ~, de la somnolence; sa langue devient légèrement blanchâtre, l’appétit diminue ou se perd ». Royer-Collard dit avoir souvent constaté au début un coryza, qui, dans ce cas, est une preuve que le mal a envahi d’une façon précoce les fosses nasales, mais qu’il attribue bien entendu à un catarhe simple se transformant peu à peu en catarrhe pseudomembraneux. Il remarque que la fièvre du début est presque nulle et les nuits assez