Tonsilles
ROCHE
Y angine simple et comme une complication de celle-ci. Les fusées purulentes dans le thorax sont mentionnées d’après Londe. Du reste la terminaison par suppuration serait bien plus fréquente qu’on ne le suppose généralement, parce que les cas peu accentués échapperaient généralement à l’attention. « Mais ce ne sont pas seulement les amygdalites très intenses1 qui se terminent par suppuration ; ce mode de terminaison est même plus fréquent qu’on 'ne le croit généralement. Mais la quantité de pus, presque toujours mêlé de sang, qui s’échappe à l’ouverture de l’abcès, est si faible , qu’on ne la remarque pas, ou n’en soupçonne pas la source. On est cependant toujours averti de cette issue de la maladie, par là cessation ou une diminution considérable et instantanée de la douleur locale et de la difficulté d’avaler. Chez quelques individus d’ailleurs, l’amygdalite 2 se termine toujours ainsi. Enfin, on peut souvent, en comprimant l’amygdale avec le doigt, faire sortir de petites portions de la matière qu’elle contient, par l’ouverture spontanée qui s’y est faite, ouverture quelquefois visible.,» L’auteur insiste sur l’intensitéVles troubles généraux dont les uns résulteraient de l’inflammation tonsillaire mais les autre d’une irritation stomacale non inflammatoire. Rappelons ^que Stoll, J. Frank et plusieurs; autres, avaient insisté sur ce sujet, et décrit une angine bilieuse. L’auteur pense qu’il s’agit d’une simple perturbation fonctionnelle locale due au mucus ingéré. « Tantôt ces symptômes consistent
1. En effet, comme le montrera Lasègue, les cryptes suppurent fréquemment, quel que soit le degré de la phlegmasie, et donnent lieu à des abcès locaux très petits et sans grande réaction.
2. L’angine phlegmoneuse rencontre souvent une véritable prédisposition individuelle, notée déjà vers cette époque.
ANGINE SIMPLE AIGUE
dans la chaleur et la moiteur de la peau, une forte coloration de la face, la pesanteur de la tète, de l’insomnie, une soif modérée, la présence d’un enduit blanchâtre ou jaunâtre sur la langue, sans rougeur de la pointe ni du pourtour de cet organe, la dureté, la plénitude et l’accélération du pouls, et la rougeur de l’urine dont l’excrétion est en outre accompagnée d’ardeur. Tantôt la peau est chaude et sèche, la tête très douloureuse, l’épigastre sensible à la pression et brûlant, la soif très vive, la langue rouge au pourtour et à la pointe, le: pouls petit et très fréquent, et le malade est tourmenté de nausées continuelles. Il importe de ne pas confondre ces deux groupes de phénomènes ; les premiers indiquent la participation du cœur et des gros vaisseaux à l’inflammation des amygdales Q les seconds annoncent que la membrane muqueuse gastro-intestinale est enflammée, qu’il existe, en un mot, une gastro-entérite compliquant l’amygdalite. Enfin, il faut bien distinguer ces deux états morbides d’un troisième qui accompagne assez fréquemment l’inflammation des amygdales, et dont les symptômes sont : l’empâtement de la bouche, un goût désagréable, la fétidité de l’haleine et de fréquentes envies de vomir. Quelques médecins prennent ces phénomènes pour des- symptômes d’irritation gastrique qu’ils croient devoir combattre. C’est une erreur, car ces phénomènes sont purement locaux. L’empâtement de la bouche, le goût désagréable que ressentent les malades, et la fétidité de l’haleine dépendent de V altération du mucus buccal, par suite de l’inflammation de la membrane muqueuse qui recouvre les amygdales, et de l’irritation plus ou moins vive qui s’est propagée par continuité de