Propagation d’une diphtérie nasale
BRETONNEAU
le larynx, la trachée, les bronches (même lës plus fines ramifications de celles-ci), puis viendrait la bouche. 'Les autres points de l’économie qui parfois sont intéressés, sembleraient plus rarement atteints.
Les tuniques 'muqueuses de la langue et de l’œsophage constitueraient les points de l’économie qui se refusent la plus à la transmission de cette inflammation. « Je n’ai pasété à même de suivre sur la peau son développement primitif1. La manière dont l’épiderme est altéré doit offrir quelques particularités remarquables. Dans une épidémie, de New-York, et surtout dans une autre épidémie d’angine diphtérique que Starr a observée dans le comté de Cornouailles, c’était derrière les oreilles sur les plaies desvésicatoires , et généralement sur tous les points ou la peau avait pris quelque analogie avec le tissu de la muqueuse, qu’on voyait naître l’inflammation pelliculaire qui gagnait, ensuite beaucoup en étendue. Lnxsudation concrète,: observée à la surface de la membrane pituitaire, n’avait pas non plus toujours acquis le même degré d’extension ; en général, Y ouverture gutturale des narines s’en trouvait, incrustée ; rarement on l’a vue arriver jusqu’à Torifice extérieur du nez. Dans ce dernier cas, toutes les anfractuosités des fosses nasales en étaient revêtues. » Comme on le voit, Bretonneau n’ignorait pas la diphtérie nasale signalée pan plusieurs de ses prédécesseurs et sur laquelle Bourgeois , et Trousseau insisteront ; mais il ne paraît pas en avoir vu beaucoup d’exemplesà cette date. Il y reviendra en 1855. Il ne semble pas se rendre compte, probablement faute, de faits probants, que le mal peut, des fosses nasales, se propager dans la partie profonde du pharynx et, delà, dans le larynx, en ayant l’air de respecter l’isthme. Trousseau expliquera ainsi certains croups d’emblée.