‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 83 sur 170 · En 1828, Trousseau comblera cette lacune · texte numérisé non relu

En 1828, Trousseau comblera cette lacune

Le principal peut-être des services rendus par Bretonnead à la médecine générale comme, à la pathologie pharyngée, c’est d’avoir montré que la diphtênte relevait d'urv processus spécifique. Pour comprendre la hardiesse de cette idée, il faut se rappeler que Broussais avait fait accepter, comme une sorte de dogme, que toutes les maladies, même les pyrexies exanthématiques, étaientle résultat d’inflammations banales produites par des irritations vulgaires, Laennec avait commencé à réagir ; mais, la partie était loin d’être gagnée, et Bretonneau contribua beaucoup à faire remporter la victoire, en créant ces grands types morbides de la dipthérie et de la dothiénenterie, où les causes banales se montrent si impuissantes à expliquer l’allure des manifestations morbides. Il ne se dissimule pas la portée des objections qu’on peut lui faire à propos des fausses membranes; il les expose même dans toute leur gravité; mais, au nom de la clinique, il montre qu’on ne peut se fier à de trompeuses analogies. « Les surfaces muqueuses, soumises à un principe vésicant, se recouvrent de pellicules caduques, de même que si elles étaient d’inflammation diphtérique. On découvre la même rougeur pointillée sous les concrétions qui se régénèrent dès qu’elles- ont été enlevées : en un mot, c’est le même genre d’altérations morbides. Alors qu’y a-t-il donc de spécial dans un mode inflammatoire qui peut se développer sous l’inflence d’agents différents ? La similitude des effets produits par des causes qui n’ont aucune analogie n’est-elle pas une forte présomption contre cette spécificité sur laquelle j’ai tant insisté dans différents mémoires, et ne doit-on pas en conclure au contraire que l’inflammation est susceptible de présenter une multitude de nuances et de degrés sans

Page 1