BOUILLAUD
la formation de fausses membranes tient à des conditions d’âge1, de disposition générale de certains sujets, ou autres du même genre, mais non à une prétendue spécificité telle que l’entendent Bretonneau et ses adhérents. » Et il ajoute : « Or qu’y a-t-il de vraiment spécifique dans la cause déterminante du croup? » Sous uneseule et même constitution médicale, et dans les mêmeslieux, on verrait exister simultanément toutes les formes de . la pharyngite, de même que celles de laryngite2. Exagérant singulièrement Yinfluence du terrain et confondant les depots blanchâtres du muguet3 avec la diphtérie vraie, il rappelle que, dans la vieillesse et au cours de beaucoup d’affections cachectiques, par exemple dans la tuberculose, on voit survenir des pseudomembranes, parce que «dans ces conditions spéciales, il y a une prédisposition qui au lieu d'aboutir comme d' habitude à une amygdalite simple , produit une pharyngite couenneuse. » Pour lui, l’élément inflammatoire prédomine, contrairement à ce qu’avaient pensé Bretonneau, Guersant et Andral, et il faut chercher simplement pourquoi la phlegmasie aboutit à la formation des fausses membranes, qu’il s’agissé d’un degré élevé de phlogose, d'une tendance générale ou locale particulière.
Adversaires de Bretonneau — Les attaques contre Bretonneau deviennent naturellement bien plus vives encore avec les partisans décidés de l’école physiologique, dont Bretonneau heurtait si fort les principes fondamentaux, en attribuant à la diphtérite une allure dis-
1- Les partisans de Home attribuaient le croup à la seule enfance. En 1825, Louis prouva qu’il n’en était rien.
2. Cette coexistence d’angines simples et d’angines pseudomembraneuses a été admise par Trousseau qui leur attribue les mêmes causes.