Voir l’article consacré à la paralysie diphtérique
PÉRIOPE DE TROUSSEAU, ’ ÉPIDÉMIOLOGISTES 431
tés savantes, par les travaux de ses élèves. A cause de l’apparition tardive de cet ouvrage, ce n’est pas par Trousseau néanmoins que nous débuterons. Nous commencerons par les épidémiologistes, ainsi que nous T avons fait précédemment.
Nous ne ferons que signaler pour le moment le travail ■d’ORiLLARD où se trouve mentionnés, pour la première fois d’une façon véritablement scientifique, les phénomènes paralytiques qui souvent compliquent cette affection. Nous nous en occuperons plus tard dans un paragraphe spécial consacré à cês troubles nerveux.
1) Epidémiologistes. — Nous allons passer par conséquent à Daviot et à l’épidémie de Saône-et-Loire, dont il s’est fait l’historien. Bien des lacunes lui sont imputables. Il n’a pas su démêler la transmission du mal ; il s’efforce de la réfuter à l’aide d’arguments spéciaux et de faits nombreux soi-disant bien observés, desquels il résulterait que la contagion serait tout à fait exceptionnelle, si véritablement elle existe. La partie clinique mérite par contre des éloges. Il affirme, à propos du siège, que le pharynx, puis la peau, ont été les parties del’organisme les plus atteintes ; •ensuite viendraient le larynx, le nez, la bouche. Dans quelques cas, les lésions diphtériques auraient apparu simultanément sur un certain nombre de points. Chez certains malades, l’épidémie se serait comportée 1 comme dans la diphtérie sporadique et aurait eu la même bénignité. Chez d’autres, elle' prit les allures de l’angine maligne de Fothergill , bien quil ny eut à ce moment
1. Malgré le caractère infectieux beaucoup plus accentué alors du bacille •deLoeffier, il faut se rappeler qu’il s’atténue en passant par certains organismes et que d’ailleurs la question de terrain a une grande importance tout comme la virulence du microbe pour déterminer telle ou telle forme •clinique. Aussi la distinction si tranchée entre les variétés épidémiques et sporadiques, admise à cette époque, n’est-elle pas entièrement justifiée.
ANGINE DIPHTÉRIQUE
aucune épidémie de scarlatine dans la région d’Autun. Il aurait constamment observé sur les endroits qui allaient être le siège des plaques pseudomembraneuse& une sorte de teinte transparente comme œdémateuse 1 et comparable à la couleur d’un morceau de chair blanchie à l'eau bouillante. Bientôt, on voyait apparaître sur les amygdales, la luette, le voile du palais, la face postérieure du pharynx, isolément, simultanément ou progressivement, de petits points vésiculeux formés par des soulèvements partiels de l’épithélium, luisants, blanchâtres, qui d’abord séparés, ne tardaient pas à se réunir, à se confondre, puis se transformaient en plaques d’un aspect membraneux, lisses, blanchâtres, jaunâtres ou brunâtres, irrégulièrement circonscrites, saillantes au centre et amincies sur tes bords. Parfois les taches primitives restaient isolées et semblaient reposer sur une surface déprimée 2 3. Cette variété de forme se manifesterait principalement sur les tonsilles. A côté des points diphtériques déprimés, ces organes conservaient leur tuméfaction, leur rougeur, et leur surface devenait comme anfractueuse. Daviot a insisté aussi sur la bouffissure notable de la face, sur l'intensité de la céphalalgie. Le pouls était fréquent, petit, serré. La mort survenait presque fatalement chez les Sujets peu vigoureux ou profondément atteints. Elle se produisait d’habitude, du septième au dixième jour, par suite des progrès de l’asphyxie. Cependant, les organes respiratoires étaient assez rarement intéressés 3 et, quand cela avait lieu, on
1. Cet aspect de cautérisation a été signalé parfois à la suite des badigeonnages de la gorge des animaux avec la toxine diphtérique.
2. Guersant avait déjà noté cette rétraction des tissus. L’aspect est disposé alors d’autant mieux pour simuler un ulcère.
3. Par conséquent il s’agissait de diphtérie maligne. Cette intégrité