‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 10 sur 137 · AUTRES MALADIES GÉNÉRALES INFECTIEUSES AIGUES · texte numérisé non relu

AUTRES MALADIES GÉNÉRALES INFECTIEUSES AIGUES

<|ui, chez plusieurs malades, envahit le voile et ses piliers. Chez deux sujets, la couche blanchâtre était très étendue et très épaisse. Quelques phénomènes douloureux se montrèrent dans plusieurs de ces cas.

L angine charbonneuse lut admise par plusieurs des nosologistes du milieu du xix® siècle, après que Gubler eut fait connaître une observation, que nous avons insérée précédemment dans le paragraphe consacré à 1 érysipèle pharyngé (voir le 4® volume dè cet ouvrage). Il s agissait d’un homme entré à l’hôpital Saint-Louis dans un état de demi-asphyxie et avec un gonflement extrême du cou. A l’exploration buccopharyngée, rendue très difficile par l’état des parties, on découvrit plusieurs plaques gangreneuses au fond du pharynx. Le diagnostic d angine charbonneuse parut d’autant plus acceptable que le malade était un ouvrier en crin, et susceptible, par conséquent, de toucher des matières infectées par le virus charbonneux. Desnos et Peter acceptèrent, sous bénéfice d’inventaire, la nouvelle entite morbide, à laquelle ils ne consacrent du reste que quelques lignes, où ils fixent l’état de la question à leur époque.

Ancelin (In Tumeurs de la coûte palatine et du voile de Fano, Paris, 1857, p. 68) aurait fréquemment observé, dans la localité où il exerçait (pays à charbon), que certains sujets étaient pris subitement d’une démangeaison insupportable de la gorge avec brûlure. En examinant le buccopharynx, on constatait que la luette était livide, tuméfiée, arrondie et que, rapidement, elle prenait une teinte d’un noir verdâtre caractéristique de la gangrène. Puis, se montraient tous les accidents généraux de l’affection charbonneuse et la mort survenait promptement, quelquefois en moins de trente-six

LÉSIONS INFLAMMATOIRES VULGAIRES

heures. L’ablation rapide de la luette aurait sauvé quelques malades.

Bollingen (Ziemssen s H andbuch der speciel Pathologie) signale dans l’œdème malin charbonneux, en même temps que la dyspnée, la cyanose, la gastralgie, une gêne de la déglutition qui peut être très marquée. (V. t. III, 1, p. 489).

Les phénomènes angineux du paludisme ont été l’objet d’opinions très contradictoires. Décrits au xviii® siècle par Barbette, Dumas, Caron, Puccinati, Cullen, qui les regardait comme l’expression d’une fièvre ardente, double tierce, puis par Sédillot l’ancien, ils étaient regardés par ce dernier comme appartenant aux fièvres rémittentes. Joseph Franck leur consacra un paragraphe spécial dans son grand Traité de nosologie, où il rappelle à ce sujet les idées de ses prédécesseurs, notamment celles de Barbette, qui attribuait parfois les déterminations pharyngées en question aux fièvres pernicieuses. Le pronostic pourrait donc être sérieux.

Cependant, les auteurs de la première moitié duxix®siècle sauf Valleix, Peter et Desnos qui rapportent ce que Joseph Franck écrit sur le sujet, mais sans croire beaucoup à l’exactitude de ses assertions, restent muets sur les troubles gutturaux dus au miasme paludéen. Grisolle, Raquin, Gintrac, Jaccoud n’en parlent pas; et il en est de même des auteurs qui ont composé les articles fièvre intermittente du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales et du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Cependant, en 1857, R\csirà[Moniteur des hôpitaux, 1857, n® 21) signala un cas de glossite de la base avec frissons, douleur et tuméfaction considérable de la langue, qui guérit par l’administration

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