‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 101 sur 137 · Voir p · texte numérisé non relu

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A.VGINE GRANULEUSE

somme d’une question dont tous les points ne sont pas encore élucidés (Voir travaux de Gaston).

B. — Angine granuleuse

Le mérite d’avoir fait connaître l'angine granuleuse revient certainement à GhomeH ; en effet, les quelques précurseurs qu’on peut citer, notamment Gaillard, de Poitiers, se sont contentés d’indications brèves et imprécises. Chomel au contraire a fait ressortir la fréquence, la très longue durée, la prédilection pour l’âge adulte et le sexe masculin. Il fit jouer un certain rôle à la respiration buccale. Il nota l’invasion insidieuse du mal, la sensation obscure de gêne, de corps étranger, puis l’ardeur à la gorge, le caractère visqueux de l’expectoration, l’existence de petites élevures rouges disséminées sur les parois du pharynx, qui conserveraient, du reste, leur teinte normale. 11 compara ces granulations à celles du col de l’utérus, et les attribua en grande partie à la diathèse herpétique (arthritisme) ; il institua le traitement par les eaux sulfureuses dont l’efficacité, quoique limitée, ne fait plus de doute. Boulard Insista ^ sur le côté professionnel de l’étiologie qui n’avait été qu’esquissé par Chomel. Les malades auraient, selon lui, la sensation de particules de sable collées sur les parois de la gorge. Quant à l’expectoration, on dirait de l’empois cuit ou du frais de grenouille. Le timbre de la voix s’altère, devient sourd, baisse de plusieurs tons dès que le larynx est envahi, ce qui est pour ainsi dire constant. Le sujet ne peut plus parler sans éprouver une grande fatigue. Les

1. Voir volame IV, p. 657. — 2. Gaillard se borne en efiFet à des allusions vag-ues, voir volume IV, p. 658. Chomel est nettement explicite, voir p. 659.

808 EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

granulations siégeraient souvent sur le voile et les piliers ; mais leur siège d’élection serait la paroi postérieure du pharynx dont les vaisseaux sont manifestement dilatés. Quoique toujours chronique et progressive, la marche ps ésenterait souvent des rémissions assez notables. Les poussières, un air froid et sec, exacerberaient les symptômes; à côté des eaux sulfureuses, l’auteur préconise l’emploi du nitrate d’argent.

Green ^ n’a guère fait que compléter, sur des points secondaires, les deux nosologistes français, et parfois il a commis des erreurs assez graves, par exemple, quand il admet l’ulcération possible des granulations. Il regarde comme incontestable l’influence de l’hérédité, et pense que le climat froid des régions septentrionales est un facteur étiologique important. Lui aussi signale le côté professionnel de l’étiologie. Il pènse que le tabac, par l’irritation constante qu’il détermine, peut aussi être incriminé avec juste raison. Enfin il insiste, évidemment outre mesure, sur le développement parfois énorme que prendraitla luette ; celle-ci pénétrerait à certains moments dans l’orifice supérieur du larynx amenant des crises de sufiôcations assez graves. En dehors de ces accès elle serait une cause perpétuelle de nausées.

Guéneau de Mussy', utilisant les travaux de ses devanciers, fit peu à près paraître une monographie très complète, qui fixa pendant longtemps l’état de la question. Il distingua non seulement l’apparition de poussées aiguës, mais, même parfois, l’existence d’une phase aiguë, pi'écédant l’établissement des phénomènes chro-

1. Green est très cité par les médecins de langue anglaise; mais ses constatations sont en retard, voirvolume IV, p. 666. — 2. Voir volumelV, p. CTO.

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