‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 102 sur 137 · ANGINE GRANULEUSE · texte numérisé non relu

ANGINE GRANULEUSE

niques. A côté des variétés herpétiques, il tendit à admettre des angines granuleuses à étiologie banale, « comme il existe des conjonctivites et des métrites granuleuses dégagées de toute influence diathésique ». Cependant, ainsi que son maître Chomel, il est partisan décidé de l’influence arthritique dans la majorité des cas; et si la grippe, par exemple, semble, dit-il, hâter l’éclosion, ce serait par ce qu’elle évolue sur un terrain spécial. Chez les jeunes sujets, où l’affection était reconnue beaucoup plus rare, la scrofule devrait être invoquée (et en effet les granulations sont ici liées à une hypertrophie des follicules clos, coïncidant, le plus souvent, avec l’adénoïdisme c’est-à-dire avec un faciès strumeux ^). Quoi qu’en dise Chomel, le mal pourrait apparaître dans les premières années du jeune âge. La coïncidence, souvent notée, d’une blépharite ciliaire et d’éruptions cutanées dartreuses tiendrait à l’arthritisme dont relèverait l’angine granuleuse. Fréquemment il y aurait aussi de la calvitie plus ou moins accentuée et pour les mêmes motifs que précédemment. L’auteur revient sur la coïncidence de l’angine granuleuse des jeunes sujets et du palais ogival et sur l’influence étiologique de la respiration buccale, mentionnée par Chomel, mais sans rien ajouter de nouveau sur la question. Comme Green, il signale les dépôts calcaires qu’on retrouve chez un grand nombre d’individus atteints de cette affection. A l’exemple de ses devanciers, il tend à penser que les saillies disséminées sur les parois du pharynx' sont dues à une hypertrophie glandulaire. Spengler- s’éleva, en 1862, contre la généralisation excessive de cette idée et, à côté du mécanisme patho-

1. Lasègue attribue aussi au lymphatisme les granulations des jeunes sujets, voir volume IV, p. 692. — 2. Voir volume IV, p. 679.

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

génique invoqué jusqu’alors, quand on émettait une opinion sur le sujet, il admit de véritables nodules fibreux, de nouvelle formation, qui résulteraient de la prolifération du tissu cellulaire des parois pharyngées. Ces idées furent adoptées en 1873 par Domenico Severi, qui publia un intéressant article sur ce point d’anatomie pathologique.

Peter ^ admit que l’air froid pénétrant directement dans le pharynx joue le plus grand rôle dans l’étiologie de l’affection. Ceci arriverait quand la diction est fautive et que la voix n’est pas bien conduite ; mais, pour que cette cause agisse, il faudrait un terrrain spécial, c’est-à-dire l’arthritisme. Sa description des désordres anatomiques, empruntée, du reste, en grande partie h Krishaber, est pour ainsi dire définitive. La muqueuse serait, dit-il, d’un rouge uniforme ou ponctué ; d’autres fois elle paraîtrait bleuâtre, quasi ardoisée, sillonnée par de gros vaisseaux variqueux qui serpentent entre les granulations. Celles-ci prédomineraient le long des piliers pharyngo-staphylins et à la paroi postérieure du pharynx, tapissée par des matières visqueuses très adhérentes et comme ambrées. Quand les saillies sont très abondantes, elle prendrait un aspect mamelonné caractéristique. Ces nodules ressembleraient pour leur volume à des grains de mil. Leur réunion formerait des pilastres allongés ou des arabesques capricieuses, donnant à la paroi pharyngienne un aspect réticulé. Leur coloration semblerait toujours plus foncée que celle du reste de la muqueuse. La luette serait toujours hypertrophiée, comme l’avaitvu Green, souvent bifurquée ou même trifurquée. La confluence des granulations, au niveau de l’orifice de la trompe d’Eustache, entraînerait

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