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déterminations pharyngées de la fièvre typhoïde 833

pouvant atteindre l’intensité d’une angine catarrhale, ou d’un état dysphagique tourmentant le patient vers le début du mal, Chomel ^ mentionne à une période plus avgncée, mais sans y insister, la présence, du reste exceptionnelle, d’ulcères dans la bouche ou le pharynx.

Dans ses recherches anatomiques ' et pathologiques sur la dothiénenterie, Louis^, le célèbre anatomo-pathologiste, donne une description un peu plus complète, mais encore bien sommaire, de ces derniers. Il note leur apparition après les deux premiers septénaires, leur étendue et leur profondeur variables, leur forme généralement ronde. Il refuse toute comparaison avec les lésions semblables que l’on trouve dans l’intestin. Valleix 3, pour expliquer ces altérations graves de la gorge, invoque la tendance à la mortification et à l’ulcération que montrerait la fièvre typhoïde en n’importe quel point de l’organisme. Plus tard Lebert^ montra qu’il s’agit de lésions lymphoïdes, en tout comparables à celles qu’on observe dans la portion sous-diaphragmatique du tube digestif.

La diphtérie secondaire typhoïdique semble avoir été décrite, pour la première fois, en détails par Chédevergne^, qui la prit, du reste à tort, pour une angine pultacée. Rilliet et Barthez en donnèrent une description plus exacte; puis, en 1860, Oulmont® relata une épidémie de cette afîection qui avait éclaté à l’hôpital Saint- Antoine.

L’article a Angine » de Desnos’^, paru en 1863 dans le Dictionnaire de médecine pratique, contient sur les angines typhoïdes érythémateuses, catarrhales, sur l’état de

1. Voir volume V, p. 106. — 2. Voir volume V, p. 107. — 3. Voir volume V, p. 110. — 4. Traité de pathologie. — 5. Voir volume V, p. 111. — 6. Voir volume IV, p. 457. — 7. Voir volume V, p. 112.

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

sécheresse et de dysphagie observé chez certains malades, sur les ulcères, et sur les gangrènes, des détails suffisamment circonstanciés. A propos des processus nécrobiotiques, rappelons que leur caractère essentiellement secondaire, comme dans la rougeole, leur siège diffus ou circonscrit avaient été fort bien décrits dans le célèbre mémoire de Rilliet et Barthez sur le sphacèle du pharynx.

B. — Autres maladies générales infectieuses aiguës s’accompagnant parfois de déterminations pharyngées.

Contrairement aux fièvres exanthématiques, les manifestations gutturales de la fièvre typhoïde, si on excepte certains processus insignifiants, tels que la sécheresse et la congestion, ne sont pas constants. L’inconstance est bien plus grande encore dans les maladies générales fébriles aiguës qui s’accompagnent parfois, mais rarement, de déterminations pharyngées capables de fixer l’attention. La plupart sont probablement des infections secondaires ne se liant à la maladie principale, que par un lien accidentel. Dans le typhus exanthématique, la rougeur, du côté du gosier, peut être assez accentuée. Lebert^ dit même qu’on rencontre assez souvent à cette période une angine légère. Les pharyngites tardives seraient très rares et de nature secondaire. Les auteurs de la période n’ont pas mentionné les quelques troubles gutturaux qu’on voit survenir, parfois, au cours delà peste. Emangard a signalé, cependant, du côté du bucco-pharynx, des hémorragies et des fuliginosités. Griesenger a signalé du côté des amygdales, pendant le choléra, des exsudais diphté-

1. Voir, pour cet auteur et les suivants volume V, p. 121-126.

roïdes et même des abcès interstitiels. C’est à la période réactionnelle qu’on observerait des pharyngites parfois assez graves (intections secondaires). Les localisations angineuses du charbon, furent admises, mais pas suffisamment prouvées.

Les inflammations gutturales dues au paludisme avaient été citées par plusieurs nosologistes du xviii® siècle; mais, après eux, le silence se fit et, dans son compendium du médecin praticien, Valleix se borne à répéter les affirmations de Frank. Grisolle, Requin, Gintrac, Jaccoud n’en parlent pas, et les auteurs des articles correspondants des dictionnaires ne se montrent pas plus explicites. Cependant, en Allemagne, Griesinger fit de ces angines une forme hypérémique des fièvres larvées, et Herz décrivit en même temps un coryza et une angine de même nature.

Les processus catarrhaux du côté du pharynx, du nez, du larynx, au cours de la grippe, font pour ainsi dire partie de l’influenza et ont été de tout temps décrits avec elle. Mais, à côté de ces manifestations légères, il y en a d’autres plus intenses que Bayer décrivit dès 1675, lors de l’épidémie de Presbourg. Bernard de Jussieu en donna plus tard une assez bonne description dans sa thèse inaugurale. Ces accidents furent mis en relief à l’époque que' nous étudions par plusieurs nosologistes, notamment par Andral et par Gintrac.

F. — Déterminations pharyngées de la goutte.

Suivant les tendances auxquelles obéissaient d’une façon plus ou moins consciente tels ou tels nosologistes i,

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