Notamment par J. Franck, voir volume V, p
par leur acuité, avaient plus de tendance à se propager de la cavité buccale à celle du pharynx? Le problème est difficile à résoudre. Ce qui nous ferait penser, que la deuxième alternative est peut-être la vraie, c’est que le recueil de mémoires de médecine militaire de 1859 contient sur le scorbut de la guerre de Crimée un article du docteur-Maryl, dans lequel est signalée la fréquence du sphacèle de la gorge, à la suite de la gangrène buccale scorbutique. Il a observé encore sur la gorge des dépôts diphtéroïdes. Enfin, chez certains sujets, il aurait constaté des perforation des parois de celle-ci, comme dans les mauvais cas de noma.
H. — Déterminations pharyngées d’ordre toxique, médicamenteux ou professionnel.
Comme on le sait, les déterminations pharyngées d’ordre toxique présentent un assez grand intérêt théorique, d’abord par l’intensité des désordres dont elles peuvent s’accompagner, puis par l’explication qu’elles fourniront peut-être un jour, quand l’angine résulte d’un empoisonnement général et non d’une irritation locale, de certains troubles gutturaux d’allure angineuse succédant à des intoxications gastro-intestinales 2. La connaissance des faits de cette nature, si on excepte l’angine mercurielle, est, en somme, toute récente; car les notions des anciens sont restées bien vagues (mets irritants ou trop chauds, etc.), ou même erronées
1. Voir volume V, p. 134. — 2. Gradenigo -pense que beaucoup d’angines sont dues à un empoisonnement résultant de toxines gastro-intestinales. Leur origine ne serait donc pas microbienne, bien qu’elles semblent se compliquer, ainsi que d’autres perturbations d’origine médicamenteuse, d’infection secondaire, à un moment donné de leur évolution.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
(pseudo-angine des solanées vireuses). Mais, à mesure que l’industrie se développait, les accidents gutturaux d’ordre professionnel allèrent en se multipliant. I1& préoccupèrent longtemps presque exclusivement les hygiénistes ; et, c’est dans leurs mémoires et non dans les écrits des nosologistes qu’il faut chercher des renseignements sur ce sujet. Cependant, a un moment donné, les médecins praticiens crurent devoir se préoccuper aussi de la question ; et, dans l’article « Angine » de Peter, par exemple {Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales), on trouve des matériaux précieux, quoique de seconde main, sur ces intéressantes affections pharyngées^.
Les unes, comme nous l’avons fait pressentir plus haut, résultent d’une irritation locale (angine stibiée), les autres d’un empoisonnement général (angine mercurielle).
Le gonflement, l’hypersécrétion, la tuméfaction des amygdales, la dysphagie sont variables suivant la nature des facteurs morbides et suivant aussi l’intensité de ceux-ci. Les désordres anatomiques frappent à la fois la bouche et le pharynx. Il s’agit donc de lésions essentiellement diffuses. Souvent, on constate des ulcérations à côté des accidents phlegmasiques dus aux métaux, aux métalloïdes (iode, arsenic). Il faut tenir compte de l’influence nocive des acides et des bases alcalines puissantes, des gaz tels que celui d’éclairage, l’hydrogène sulfuré, etc. 2. La diversité considérable des causes explique pourquoi ce paragraphe ne peut
1. Voir volume V, p. 149. V. aussi p. 144 {id.) ce que dit Desnos sur ce sujet. —2. L’industrie des dérivés de la houille (teinture, parfums) étant encore dans l’enfance, ces substances ne pourront ici entrer en ligne de compte.
DÉTERMINATIONS PHARYNGÉES PAR PROPAfiATION LOCALE 839
être qu’un caput mortuum renfermant des troubles morbides très divers comme origine et comme symptômes, mais présentant cependant quelques points communs. D’ailleurs, le caractère très rudimentaire des notions que nous avons rappelées ôte à ceux-ci beaucoup de leur importance. Nous en sommes à la période des essais, et il faut bien avouer qu’actuellement on n’a pas encore fait sur ce point tous les progrès désirables.