‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 12 sur 137 · GOUTTE · texte numérisé non relu

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suivant leurs tendances systématiques. Les partisans des diathèses Mncriminaient volontiers l’arthritisme, pour expliquer l’apparition de certaines lésions gutturales, par exemple dans les cas d’angine granuleuse (Chomel, Guéneau de Mussy, Bazin, etc. ). Ceux qui étaient moins portés à accepter la doctrine médicale en question passaient tout simplement sous silence les effets de la podagre sur la cavité gutturale. Ce fut le cas d’un assez grand nombre de nosologistes (Grisolle, Raquin, Gintrac, etc. ; et cet exemple a été suivi par Jaccoud et Labadie-Lagrave dans leur remarquable article sur cette affection dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Néanmoins les éclectiques et surtout les cliniciens, principalement en Angleterre, tout en se prononçant avec prudence, ont reconnu qu’il y avait quelque chose de vrai dans les affirmations de certains des auteurs français mentionnés plus haut 2.

1. Ceux-ci pouvaient s’appuyer sur les affirmations de quelques-uns de leurs devanciers des siècles précédents, notamment de Sauvage [Nosolos'ia methodica, Paris, 1770, ordre 3*, classe III), de Murgrave {De arthritide anomali, Amstelodamie, 1710, voir le 4® volume de cet ouvrage aritcle angine rhumatismale) et Petersen [Dissertaiio de angina arthri- ^/ca, Upsal, 1792). Schenk avait signalé d’autre part, chez les goutteux, l’existence assez fréquente de calculs tonsillaires. J. Frank a consacré à l’angine arthritique un paragraphe assez intéressant dans son grand traité de nosologie, oîi il fait l’historique et trace le tableau clinique de l’affection.

2. A propos de ces manifestations, Valleix se montre très sceptique. Voici ce qu’il écrit sur ces phénomènes connus sous le nom de goutte interne : «Il n’est guère d’affections aiguës qui n’aient été regardées, dans un certain nombre de cas, comme une goutte rétrocédée ou remontée. Aussi, voit-on dans une attaque de goutte ou seulement chez un goutteux survenir une bronchite, une pneumonie, une gastrite, une entérite et même une angine? On leur donne le nom de bronchite, de pneumonie, de gastrite, d’angine goutteuse. Rien n’autorise à accepter cette manière de voir. On n’a cité aucune particularité qui établisse une différence un peu notable entre ceé affections suivant qu’elles surviennent chez des goutteux

De leurs travaux, il résulte que la goutte peut déterminer des accidents aigus, parfois en quelque sorte métastatiques, et des accidents chroniques. Les premiers, qui se font remarquer souvent par leur violence, ont ceci de particulier qu’ils précèdent d’ordinaire les attaques de la gouttearticulaire, qu’ils disparaissent subitement lors de l’apparition de celles-ci L Parfois, l’angine tonsillaire remplacerait même les déterminations du côté du gros orteil Le voile, surtout la luette, seraient parfois intéressés lors de ces poussées inflammatoires (Mackenzie).

Plus fréquentes certainement sont les manifestations gutturales à allure chronique. Il est positivement fréquent de constater, chez certains sujets atteints de goutte articulaire ou à hérédité et à tempérament goutteux, des angines traînassantes, survenant sans cause bien précise, nullement améliorées par les moyens habituels, mais cédant au contraire assez rapidement aux médications qui réussissent d’ordinaire dans les affections arthritiques (Lasègue, Isambert). Il ne semble pas, du reste, que le tableau clinique soit en général bien caractéristique 3 ; et,

ou qu’elles afiFectent des sujets dans d’autres conditions. Pour nous, nous ne pouvons y voir que des affections intercurrentes, d’autant plus graves qu’elles se montrent chez des malades plus épuisés par des attaques longues, violentes et fréquentes [Guide du médecin praticien^ l*' vol. art. Goutte, paragr. rétrocession de la goutte ).

1. Halford, cité par Dyce Duckworth, a vu une amygdalite aiguë très douloureuse disparaître subitement à l’apparition d’une attaque de goutte articulaire sans arriver à suppuration. Voir aussi le cas de Léeorché.

2. Ce fait a été notamment mis en lumière par Rendu, dans son article du Dictionnaire Dechambre, un peu postérieur à l’époque que nous étudions. 11 a vu, chez une dame d’hérédité goutteuse, une amygdalite aiguë suppurée survenir pendant de longues années, chaque printemps, laissant après sa disparition, la santé dans un excellent état; puis finalement survinrent des phénomènes goutteux caractéristiques.

3. Cependant, en 1877, Dyce Duckworth a soutenu, dans un travail paru dans les Saini Barthélémy hospital reports, que les piliers postérieurs, le

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c’est de l’étude d’ensemble de tout l’organisme, de l’allure un peu spéciale du mal, qu’on peut seulement conclure h la nature goutteuse de l’affection. Ces idées ont bien été mises en reliefpar Lasègue. « Les manifestations secondaires de la goutte sont loin d’être toutes assez caractérisées, pour qu’envisagées isolément elles révèlent de prime abord leur nature et leur origine. L'angine chronique coïncidant avec la goutte confirmée ne se présente pas sous un aspect, avec une forme spéciale, à plus forte raison V angine observée chez un individu qu'on soup- . çonne prédisposé mais qui n a pas encore éprouvé de phénomènes essentiellement goutteux ne se prête-t-elle pas à un diagnostic légitime.- J’ai eu l’occasion d’observer plusieurs cas, je les ai étudiés avec le soin qu’on apporte aux faits qu’on sait pouvoir contenir la solution d’un problème et je n’ai pu découvrir que des indices trop douteux, pour que je ne les signale pas avec une extrême réserve.

« Parmi les caractères qui serviraient à établir une espèce goutteuse dans la classe des angines catarrhales diffuses, un surtout m’a paru mériter de fixer l’attention.

«Si, chez un goutteux atteint d’inflammation chronique et diffuse de la gorge, on essaie le traitement par les cautérisations, plus on persévère dans l’usage du remède plus on aggrave l’affection locale. La membrane muqueuse est aussi irritable que la peau ; elle ne tolère pas les excitations qui donnent ailleurs de si durables succès. On sait combien la peau des goutteux se prête mal aux dérivations et comment une irritation artificielle,

voile et la luette étaient, chez les goutteux atteints de symptômes gutturaux, d’un rouge luisant caractéristique, comme si on les avait badigeonnés avec de la glycérine.

LÉSIONS INI-LAMMATuniES VCLGAinES

qii’on se croyait maître de circonscrire dans les limites accoutumées, se fixe souvent avec une résistance et une obstination invincible. Je n’oublierai jamais un goutteux admis par exception à l’hôpital et auquel on fit autour de l’articulation malade un seul badigeonnage avec la teinture d’iode. Il en résulta une congestion énorme de la peau, une sorte d’eczéma provoqué qui dura plusieurs mois et qu’on fut obligé de combattre, en qualité de malum médicum, avec des applications antiphlogistiques persévérantes. J’ai vu de même des angines chroniques, se présentant sans caractères appréciables qui permissent d’affirmer leur nature, procédant, en apparence, comme les autres, tant qu’elles étaient livrées à elles-mêmes, s’exacerber, sous l’influence des caustiques légers, avec une violence inattendue. » Les phénomènes gutturaux auraient souvent, suivant Lasègue, un caractère prémonitoire, comme dans le rhumatisme articulaire aigu.

« J’ai montré, en traitant de l’angine rhumatismale, que le mal de gorge n’apparaissait qu’avant l’éclosion du rhumatisme articulaire et qu’il appartenait fréquemment aux prodromes sans jamais se produire comme conséquence de la maladie.

«Il en est de même de l’angine qu’on peut rattacher à la diathèse goutteuse ; elle est essentiellement prodromique, et les goutteux confirmés ne sont pas plus enclins que d’autres à des affections gutturales. On n’a donc pas à son service d’éléments rigoureux d’une maladie existante, affirmée par des signes d’une incontestable authenticité, et, au lieu de constater le présent, on en est réduit à préjuger l’avenir.

cc Ma conviction est que l’angine catarrhale chronique devance souvent, plus souvent qu’on ne l’admet, ces

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