‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 13 sur 137 · GOUTTE · texte numérisé non relu

GOUTTE

manifestations mieux caractérisées de la goutte articulaire, et on trouvera plus loin des exemples ; mais je ne me dissimule pas combien il est difficile de faire adopter cette opinion.

« L’histoire de la goutte reste encore très obscure à ses périodes initiales, où la maladie s’essaye pour ainsi dire et attend son complément pathologique. » Lasègue ne s’illusionne pas du reste sur la véritable portée de ces symptômes prémonitoires. « Il s’en faut de beaucoup que l’angine soit la seule de ces manifestations préalables ; à côté d’elle et au-dessus d’elle, il faut placer les vertiges, certaines formes de dyspepsies, certains modes de fluxions des reins, avec ou sans gravelle, de céphalalgie intermittente et tant d’autres phénomènes qu’on ne discerne qu’à la longue. » Les déterminations gutturales changeraient de nature au cours de la maladie. « Une fois concentrée à ses sièges d’élections, la goutte n’a plus de localisations du même ordre, et, si elle se déplace, comme on le dit pour exprimer qu’elle atteint des organes moins habituellement affectés, c’est avec un tout autre appareil symptomatique. Est-il besoin de rappeler qu’une affection, quelle qu elle soit, se montre sous des formes différentes à la période des prodromes ou à celle de la cachexie terminale. En somme la forme chronique diffuse serait la plus importante de ces manifestations pharyngées.

« L’angine catarrhale chronique, qu’il serait permis de considérer comme d’origine arthritique, est toujours diffuse ; elle envahit l’arrière-gorge en totalité, semble prédominante à l’entrée de l’isthme, sur les piliers, au voile du palais, mais n’épargne en réalité aucune portion^ Sous ce rapport, elle se rapproche de l’angine rhumatis-

male, au uiême titre que la goutte d’intensité moyenne se rapproche du rhumatisme. Elle est en général accompagnée d’une sensation d’ardeur et de sécheresse, exacerbante dans sa longue chronicité, plus continuellement et plus vivement incommode que les espèces limitées au pharynx ou aux amygdales ; comme elle ne se borne pas à l’enfance et à l’adolescence, et comme elle débute souvent à l’âge adulte, elle préoccupe davantage les malades à ce point que quelques-uns deviennent de véritables hypocondriaques pharyngés. Leur inquiétude s’accroît encore au besoin par l’insuccès du traitement banal qu’on applique indistinctement à toutes les phlegmasies chroniques de l’arrière-gorge, sans tenir compte de leur nature et de leur raison d’être probables. »

Parfois il y aurait une sorte de gravelle pharyngienne, ainsi que semble le démontrer l’observation de Guéneau de Mussy [Union médicale, 1856, p. 506). Il s’agissait d’un jeune médecin de Baltimore, malade depuis trois ans, et qui était venu aux Eaux-Bonnes. .\ux symptômes ordinaires de la pharyngite granuleuse vinrent se joindre une douleur plus vive, puis l’expuition de concrétions qui se renouvela plusieurs fois. Les follicules du pharynx présentaient à leur sommet, un point blanchâtre qui devenait saillant et donnait ensuite issue â des matières concrétées, puis s’affaissait. « Je dois ajouter, dit Guéneau de Mussy, que ce jeune médecin présente en même temps des signes légers d’une affection tuberculeuse des poumons. On avait essayé contre la pharyngite les cautérisations, les fumigations ; les Eaux-Bonnes ont peu amélioré l’état local de la gorge, mais la constitution du malade s’est bien trouvée de leur usage. Les concrétions expulsées sont composées de phosphate, de

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