‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 19 sur 137 · Anatomie générale, t. I, p. 437, édition · texte numérisé non relu

Anatomie générale, t. I, p. 437, édition

3. Traité complet d’accouchements, des maladies des femmes et des enfants, t. lY, p. 11.’'»

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tardent pas à survenir, laissant exsuder librement la matière blanche ou puriforme dont j’ai parié. Alors l’aphte prend un nouvel aspect, et ici commence sa seconde période ou sa période d’ulcération. Les points saillants dont j’ai parlé né sont ni des tubercules comme le dit Gardien, nides pustules, comme l’ont avancé beaucoup d’auteurs, ce sont évidemment des Follicules mucipares, ainsi que le démontrent leur siège, leur forme toujours constante et enfin leur orifice central. Ils sont parfaitement analogues à ceux qu’on voit dans l’estomac, l’intestin grêle, le cæcum et le colon. » Ce qui est vrai pour ceux-ci doit l’être également pour ceux qui siègentdans la bouche, et le follicule, une fois rompu, ne consiste plus dans une tache proéminente c’est un ulcère superficiel à bords arrondis, quelquefois aussi plus ou moins tuméfiés et presque toujours couronnés d’un cercle inflammatoire d’un rouge feu. Il arriverait souvent que les bords et le centre de cette' légère ulcération sécrètent une matière pultacée, blanche, adhérente comme une petite croûte, et finissant par se détacher et par tomber au milieu de la salive de l’enfant. L’auteur distingue soigneuseument les aphtes du muguet, de la diphtérie, du sphacèle. « Cependant je ne disconviens pas que les follicules ulcérés de la bouche ne puissent quelquefois se terminer par gangrène. Je veux seulement dire que cette terminaison est bien plus rare que ne semblent l’avoir cru Van Swieten, Rosen, Underwood et beaucoup d’autres ». La cicatrisation n’est jamais bien apparente, dit-il, et la profondeur apparente de l’ulcère ne provient que de l’épaississement de ses bords enflammés et tuméfiéSi II ne parle de l’envahissement de la gorge que

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dans la phrase suivante: cf Lorsque l’inflammation se propage vers l’arrière-bouche et détermine la tuméfaction des amygdales et de la trachée-artère, le cri des enfants est sensiblement altéré; c’est ce qui fait dire à Gardien que les enfants manifestaient plutôt leur douleur par des sons rauques que par des pleurs. » Le tempérament lymphatique, un air vicié par l’encombrement et les .mauvaises conditions hygiéniques (Gardien, Lapeyrouse, Baudeloque, Auvity) seraient les causes principales des aphtes, ainsi que l’approche de la première dentition, époque où les glandes prennent leur plus grand développement. Les symptômes généraux seraient nuis. « L’enfant ne présente pas de fièvre la plupart du temps. La peau est chaude et sèche, mais son pouls bat avec la plus grande tranquillité ^

Dans l’article de Guersant, le caractère imprécis du mot aphte chez les auteurs est signalé. « Les anciens donnaient ce nom à presque toutes les maladies inflammatoires superficielles de la bouche et même de la vulve. On retrouve sous cette dénomination, dans leurs écrits, les érythèmes simples, les aflPections pseudo-membraneuses avec soulèvement de l’épithélium par une fausse membrane, des exsudations d’une substance molle et comme caséeuse, de véritables ulcérations et des escarres gangreneuses. Des écrivains modernes ont encore ajouté à la confusion, en inscrivant la gangrène même des parois de la jonche au nombre des maladies qu’on avait déjà désignées sous le nom d’aphtes.- Les progrès de l’anatomie pathologique ne permettent plus de confondre ainsi, sous un même nom générique, les altérations mor-

1. Cette absence de fièvre avait déjà était signalée par plusieurs auteurs notamment Underwood.

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bides aussi différentes. Ce qui étonne surtout dans ce chaos nosographiques, c’est qu’il ait subsisté si longtemps dans les maladies de la bouche, qu’il est si facile d’observer. Dans ces derniers temps seulement, Willan et Bateman l’ont débrouillé les premiers en élaguant de l’histoire des aphtes toutes les petites phlegmasies de la bouche qui se présentent sous la forme de plaques plus ou moins larges, ou de surfaces ulcérées ou non ulcérées, et en ne conservant sous ce nom que les éruptions de formes vésiculeuses ou arrondies. Ils ont eu cependant encoreletort de réunir des éruptions de formes différentes, et de partager ensuite les aphtes en ceux des nouveau-nés et eh ceux des adultes^ distinction d’autant plus arbitraire et fausse, que l’une de ces deux éruptions se retrouve également chez les uns et chez les autres ». Voici maintenant, pour les localisations : « L’aphte est un genre d’éruption qu’on observe sur les membranes muqueuses seulement; il affecte particulièrement les parties où l’épithélium est le plus apparent, la face interne des lèvres et des joues, les gencives, la langue, le voile du palais, plus rarement le pharynx et plus rarement encore le canal intestinal ». Guersant dépeint ainsi l’évolution du mal : « Cette éruption commence par une petite vésicule transparente, blanche ou d’un gris perle. Dès le jour même de son apparition, ou au plus tard le lendemain, un bourrelet gris ou blanc, dur à sa base, se développe au-dessous et autour de la vésicule, et lui donne l’apparence d’une petite pustule. Ce caractère pustuleux se développe encore mieux le second et le troisième jour, parce que la vésicule crève, laisse échapper le liquide transparent quelle contient et est remplacée par une petite ulcération plus ou moins

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douloureuse. Cette deuxième période de l’aphte, qu’on pourrait appeler la période d’ulcération ou de suppuration, se prolonge ordinairement plusieurs jours, et quelquefois même un ou plusieurs septénaires. Pendant cette période, le bourrelet s’affaisse peu à peu de manière à être de niveau avec les parties environnantes ;l’ulcération s’élargit et se borde d’un petit cercle rouge qui annonce ordinairement la tendance à la cicatrice. Cette troisième période, celle de la cicatrisation, marche très rapidement dès que la petite ulcération est détergée, et souvent s’opère du jour au lendemain, sans laisser aucune trace sur la membrane muqueuse qu’une petite tache rouge qui disparait promptement ». Ainsi que la plupart des auteurs de l’époque, il distingue une forme discrète et une forine confluente. « L’aphte discret atteint particulièrement les enfants qui ne sont plus à la mamelle et les adultes. Les pustules sont alors toujours isolées, peu nombreuses, et n’occupent que la bouche. Cette éruption ne s’accompagne pas ordinairement de fièvre ; cependant elle est quelquefois précédée et accompagnée d’un mouvement fébrile avec embarras gastrique ou intestinal. On dit ordinairement, dans ce cas, que l’aphte est symptomatique de la fièvre, que la fièvre n’est pas le résultat de l’éruption. Cette maladie très légère s’observe dans tous les pays, dans toutes les saisons. Elle esl cependant beaucoup moins commune en France que la stomatite par petite plaques pseudo-membraneuses qu’on prend tous les jours pour des aphtes. L’aphte éphémère parcourt ordinairement toutes ses périodes dans l’espace d’un septénaire au plus, et quoiqu’il soit quelquefois accompagné d’une douleur vive, il ne donne lieu à aucun accident. La dys-

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pepsie, la soif et la fièvre sont les seuls signes de troublesdans les fonctions.

« L’aphte confluent, auquel je donne le nom assez mauvais de stationnaire, pour indiquer que sa marche est souvent très lente par opposition à celle de l’aphte éphémère qui a souvent parcouru ses périodes en quatre ou cinq jours, est rarement borné à la bouche ; il envahit presque toujours les fosses gutturales, et quelquefois le pharynx et une partie du canal intestinal. L’aphte angineux de Bateman et des auteurs qui ont écrit après lui, n’est qu’une variété de l’aphte stationnaire

« L’aphte confluent est une maladie beaucoup plus rare en France que l’aphte éphémère. Elle est plus commune dans certains pays, en Hollande, par exemple, où elle règne quelquefois d’une manière épidémique et acquiert souvent un caractère très grave ; elle attaque particulièrement les adultes et surtout les femmes en couches. Elle débute ordinairement par des frissons, de la céphalalgie, de la fièvre et des vomissements, ces symptômes se calment ordinairement après l’éruption, la fièvre diminue sans cesser d’être continue ; quelquefois même elle s’accompagne d’exacerbations plus ou moins prononcées. La fièvre ici paraît se rattacher essentiellement à l’éruption, etn’être qu’un des symptômes de la maladie éruptive ; tandis qu’au contraire, dans l’aphte éphémère, la fièvre, quand elle existe, est ou accessoire ou concomitante, mais dépend de toute autre cause que de l’éruption. Dans l’aphte stationnaire, la déglutition est presque toujours plus ou moins douloureuse, en raison du nombre plus ou moins considérable des pustules qu’on observe sur le voile du palais et dans les fosses gutturales. Elles sont quelquefois si nombreuses qu’elles

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paraissent comme confluentes. Elles simulent alors assez l’éruption varioleuse dans le cas où elle occupe la bouche, le voile du palais et une partie des fosses gutturales. Lorsque l’éruption s’étend à toutes ces parties ■et est très nombreuse, comme j’ai eu occasion de l’observer une seule fois, le malade est tourmenté d’angoisses précordiales, d'anxiété, de nausées et même de vomituritions. Si l’éruption se propage ainsi jusqu’au canal intestinal, les douleurs abdominales, la diarrhée, et souvient même des symptômes typhoïdes accompagnent les autres symptômes que nous avons indiqués, et alors la maladie peut quelquefois se prolonger jusqu’au delà du troisième septénaire et se terminer par la mort, comme •chez une femme en couches que j’ai eu occasion d’observer. Malheureusement il m’a été impossible de m’assurer par la nécropsie si l’éruption aphteuse s’était développée, dans ce cas, sur le canal intestinal comme le prétendait Ketelaer et plusieurs autres auteurs, ou si la malade était seulement atteinte d’une entérite sans éruption intestinale. C’est un point obscur de la pathologie de l’aphte que l’anatomie pathologique n’a pas encore mis en lumière. Les cas de véritables aphtes confluents dans la bouche, dans le pharynx, sont extrêmement rares, même chez les femmes en couches, car Cruveilhier, qui a souvent observé l’angine pseudomembraneuse à l’hôpital de la maternité, m’a assuré n’avoir jamais vu l’éruption aphteuse dont il est ici question.

« Dans tous les cas d’aphte confluent, même lorsque la maladie n’a pas envahi l’intestin, ou ne coïncide point avec une altération morbide quelconque du canal intestinal, la marche de l’éruption qu’on observe dans la

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bouche est assez constamment lente. La période d’ulcération dure souvent plus d’un septénaire, et la guérison se fait toujours attendre au moins douze à quinze jours » .

Malgré les excellents travaux de Billard, de Gardien, de Guersant, les habitudes de terminologie inexacte, à propos du mot aphte, étaient si enracinées qu’Antoine Dügès distingue encore, dans son article du Dictionnaire en 15 volumes, des aphtes érythémateux, couenneux *, ulcéreux, gangreneux^. La première de ces variétés, qui se rapporte seule à l’affection telle qu’elle est comprise aujourd’hui, différerait, suivant les cas, en intensité et en étendue ; elle serait primitive, secondaire et parfois critique. Au palais, les vésicules seraient plus larges, plus aplaties, plus inégales, plus ridées qu’à la langue. Bien que l’épiderme puisse se soulever et même se boursoufler, la phyctène vraie serait assez rare.

V diVliGle Aü Dictionnaire de médecine àe Fabre, sans être original, est une assez bonne mise à point des connaissances de l’époque. « Cette expression d’aphte est employée généralement aujourd’hui pour désigner des papules ou des vésicules formées dans la bouche, mais s’étendant quelquefois dans l’œsophage et jusqu’à l’estomac et pouvant se terminer par ulcération. Comme on le voit, nous donnons à ce mot un sens beaucoup plus restreint que ne l’ont fait quelques auteurs modernes qui comprennent, sous le même titre, la stomatite éry^ thémateuse, le muguet et la gangrène de la muqueuse buccale, maladies fort différentes les unes des autres ».

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