C’était l’opinion de Baumès, de Rayer, de Bazin, etc
SYPHILIS
pose à la formation des squames et des croûtes, en transforment les premières en fausses membranes plus ou moins épaisses et adhérentes et les secondes en matières purulentes qui s’écoulent constamment avec les humeurs sécrétées par ces membranes ; enfin le contact et le frottement incessant dessurfaces. Pour ne citer que quelques exemples, telle éruption, qui, sur la peau, se montre avec la forme papulo-squarneuse, sera représentée sur les muqueuses par une papule, recouverte de matières pultacées plus ou moins épaisses qui, après avoir été abstergées, laissera à nu une surface rouge pointillée, comme granuleuse. Une éruption ayant sur la peau un aspect tuberculeux crustacé sera remplacé sur la muqueuse par une ulcération à base dure plus ou moins profonde, à fond anfracteux, quelquefois grisâtre et recouvert de matière purulente. Dans ces cas, la différence entre l’éruption cutanée et muqueuse n’est qu’apparente et tient à des conditions tout à fait indépendantes de la nature de la maladie ». L’érythème pharyngo-syphilitique est bien dépeint par l’auteur. « La forme érythémateuse, quoique aussi commune sur les muqueuses que sur la peau, est si éphémère et si peu marquée qu’elle parcourt souvent ses périodes sans être aperçue. Cependant, pour peu qu’on ait eu occasion d’observer des malades atteints de syphilis constitutionnelle, on doit avoir constaté, dans plusieurs cas, une sécheresse avec légère cuisson et rougeur pointillée ou plaquée à la goi'ge ou au palais, en même temps que le tégument externe était le siège d’une roséole syphilitique. On a pu remarquer que les téguments, habituellement en contact avec eux-mêmes et exposés au frottement, devenaient par la même cause prurigineux et d’une couleur rouge érythémateuse. Plusieurs fois aussi.
LÉSIONS INFLAMMATOIRES NODULAIRES
nous avons noté cet état sur la peau qui entoure l’anus, la face interne des cuisses et externe des bourses.
« L’érythème des muqueuses peut se terminer par résolution comme la roséole des téguments; mais cette dernière éruption peut aussi passer à l’état papuleux. C’eît alors que l’on observe ces papules muqueuses, si variées dans leur aspect, leur siège, leur nombre et leurs dimensions^, papules qui vont être pour nous l’objet d’une description. » La description se ressent des hésitations de l’époque, mais elle est excellente en bien des endroits. <( C’est sans contredit l’accident secondaire le plus précoce ; dans un grand nombre de circonstances, elle suit de si près les rapports sexuels que beaucoup de syphiliographes ont cru qu’elle pouvait être primitive. Les par- ,tles qu’elle occupe ordinairement sontdans l’ordre de fréquence, l’anus, la vulve, le pli génito-crural, les bourses dans la portion correspondante à la face interne des cuisses et vers l’angle rentrant que forme la verge et le scrotum, le gland et la face interne du prépuce, l’ombilic, les lèvres, les commissures buccales, le voile du palais et les amygdales, la face supérieure et les côtés de la langue, la voûte palatine, les angles postérieurs de cette voûte, la face interne des joues, les ailes du nez, les fosses nasales, l’angle externe de l’œil, l’angle qui sépare l’oreille de la joue, le canal auditif, les commissure des orteils, le col de l’utérus et le mamelon. Chez les personnes grosses, on en trouve quelquefois sur d’autres points où les téguments sont encore habituellement en contact avec eux-mêmes, comme sous les seins et au pli circulaire qui existe au cou.
1. C’est cette polymorphie d’aspect qui portera peu après Fournier à en distinguer différentes espèces à aspect et à lésions distincts.
SYPHILIS
« L’apparition des plaques muqueuses est singulièrement favorisée par certaines conditions tout à fait étrangères à la syphilis; le contact et le séjour des sécrétions âcres, telles que la sueur, l’urine, la salive, etc., le défaut de propreté et le contact habituel des surfaces. L’enbonpoint, l’usage des chaufferettes et celui de la pipe sont aussi des causes adjuvantes de cette manifestationL
« La plaque muqueuse est quelquefois solitaire, mais le plus souvent elle est multiple dans la même région ou des régions différentes. Elle peut êtrè la seule expression symptomatique de la syphilis constitutionnelle ; cependant elle est fréquemment accompagnée de quelques éruptions, soit exanthématiques, soit papuleuses ou squameuses, dont, en réalité, elle n’est qu’une modification^.
« Il n’est pas toujours possible de saisir le délai qui sépare l’apparition de la plaque muqueuse du début du chancre, ce délai est en effet quelquefois tellement court que beaucoup de syphiliographes ont cru qu’elle pouvait être primitive. Ricord ne l’a jamais vue bien caractérisée avant le second septénaire qui suit un coït infectant. Elle est rigoureusement précédée d’un chancre induré. C’est là une loi immuable qui ne trouve d’exception que dans, la* syphilis héréditaire 3.
« Le voile du palais et les amygdales seraient souvent le siège de ces syphilides secondaires. L’éruption débute par des plaques rouges arrondies ou ovales qui déterminent au gosier un sentiment d’ardeur et de sécheresse
1. Bazin regardait la plaque muqueuse comme la lésion spécifique par excellence de la syphilis, n’ayant pas son analogie dans la classification willanique. Théry la considérait au contraire comme une lésion d’irritation vulgaire, très fréquente, il est vrai, chez les vénériens.
2. Les médecins de Saint-Louis, autres que Bazin, y voyaient une papule, un tubercule, etc.