C’était l’opinion de l’École du Midi
LKSIONS INFLAMMATOIRES NODT'LAIRES
très incommode. Leur teinte habituelle est cendrée, leur surface se recouvre bientôtd’une exsudation plastique jaunâtre, très adhérente, au-dessous de laquelle existe une érosion superficielle et quelquefois une véritable ulcération. Les parties avoisinant l’éruption offrent toujours une rougeur anormale, indice d’une hypérémie plus ou moins intense; les amygdales restent rarement étrangères à ces. accidents; le plus souvent en effet elles se tuméfient, se recouvrentd’une sécrétion plastique abondante et s’idcèrent par place ; la déglutition est alors douloureuse, des douleurs d’oreilles plus ou moins vives sont accusées L cc Les plaques muqueuses dépassent très rarement les limites du pilier postérieur ; nous ne les avons jamais observées sur les parois du pharynx.
« Les papules de la gorge coïncident souvent avec celles de l’anus.
«Cette affection est des plus tenaces et des plus sujettes à récidiver, aussi nous ne saurions trop recommander aux malades de cesser la pipe, les boissons alcooliques et les alirrients irritants qui, tout en attii ant sur la muqueuse buccale l’action du principe syphilitique, s’opposent d’une manière presque invincible à la guérison de la maladie une fois déclarée. L’hygiène de la bouche est en effet pour beaucoup dans la prophylaxie et le traitement curatif de cette manifestation. »
Dans son Traité iconographique des maladies vénériennes, k. CuLLERiER a dépeint aussi avec assez de fidélité l’aspect des accidents secondaires sur les différents points de la cavité bucco-pharyngée. « Les plaques muqueuses,
1. Les troubles auriculaires ont été signalés par les syphiliograpbes du début du xix® siècle et même par quelques-uns du xvin*' siècle. Ils incriminaient la trompe.
SYPHILIS
assez rares au delà des piliers postérieurs ^ du voile du palais, se développent néanmoins sur la paroi postérieure du pharynx où elles forment des élevures plus nettement tuberculeuses, rouges et moins souvent recouvertes de la pellicule qui donne l’apparence opaline.
Cf Les amygdales semblent être le siège de prédilection des plaques muqueuses ’. Quelquefois elles forment en ce point des saillies à surface grisâtre, mais c’est læ qu’on les rencontre le plus souvent à l’état d’ulcération, par suite des frottements qu’elles ont à subir de la part du bol alimentaire, dont la déglutition produit une sensation d’éraillure, de déchirure augmentée par la contraction musculaire du pharynx.
« Comme la poussée des plaques muqueuses sur les amygdales est souvent précédée d’un état congestif et hypertrophique de ces organes, la voix peut subir ' alor&' des altérations variables ; elle est tantôt rauque ou comme' déchirée, tantôt elle est seulement nasonnée.
cc II faut être prévenu de cette modification dans la phonation, déterminée par des plaques muqueuses pharyngiennes, pour ne pas les confondre avec celle qui est due à la présence d’une lésion semblable dans le larynx même. En efïet, les plaques muqueuses des cordesvocales ne sont pas rares et elles constituent un symptôme plus grave que celle dont je viens de parler, parce que, même guérie, si elles ont été ulcérées, elles peuvent laisserune altération de la voix^ qui résiste à tous les traitements
1. C’était l'opinion généralement reçue que le pharynx proprement dit. échappait à la plaque. La rhinoscopie postérieure du cavum montrera qu’il n’en est rien.