‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 35 sur 137 · Fournier dira que ce sont des nids à syphilides · texte numérisé non relu

Fournier dira que ce sont des nids à syphilides

3. Les lésions syphilitiques du larynx commençaient dès lors à fixersérieusement l’attention, Trousseau et Belloc font de la vérole une des causes de la phtisie laryngée (voir leur célèbre Traité sur cette affection.).

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antisyphilitiques ». Notons que quelques planches de son atlas représentent des lésions tertiaires curieuses du pharynx.

Le paragraphe consacré par Niemeyer h la syphilis gutturale reflète assez exactement les idées de ses compatriotes sur le sujet ; on y sent aussi l’influence des travaux français les plus marquants de l’époque. « Les troubles de la nutrition dit-il, déterminés par la syphilis constitutionnelle dans la muqueuse du pharynx, se réduisent parfois à une hyperémie, à un gonflement, à une imhihition, à une sécrétion pervertie ^ de la muqueuse et aux phénomènes de catarrhe (angine syphilitique vraie). » Gomme les écrivains de la première période du XIX® siècle, comme Hunter et Bell, et sans entrer dans des motifs tirés de la pratique, comme Maisonneuve, il considère les processus ulcéreux comme les plus fréquents, mais il avoue ne pas très bien saisir leur pathogénie. a Toutefois il est plus commun que la dyscrasie syphilitique produise des ulcérations sur la muqueuse pharyngienne, et il est difficile de décider si ces ulcérations succèdent simplement à une escarre, ou bien si elles proviennent de la fonte purulente du tissu de la muqueuse ». A côté de ces lésions, il y eu aurait d’autres, mais d’un caractère exceptionnel. « Il est bien plus rare que les parois du pharynx présentent des plaques muqueuses ou des végétations saillantes. La localisation des manifestations secondaires varie suivant chaque individu et sans qu’on puisse en dire la cause. » Quoi qu’il en soit, certains sujets seraient spécialément

1. La Martellières et Pillon décrivent cette perversion sécrétoire, mais en font un des symptômes de l’exanthème pharyngé syphilitique et non une manifestation isolée ; du reste, l’auteur allemand a raison dans certains cas.

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prédisposés aux manifestations gutturales de la vérole. Le catarrhe syphilitique n’aurait pas cet aspect siiigeneris que nous lui avons vu assigner par beaucoup des auteurs précédents. Cette manifestation vénérienne de l’arrière-bouche envahit la muqueuse du voile du palais, des amygdales, du pharynx. « 11 ne se distingue des autres formes dii catarrhe chronique 1 ni par la teinte cuivrée que peuvent présenter toutes les espèces de catarrhe, ni par d’autres particularités», Comme on le volt, la réaction phlegmasique delà muqueuse qui est un accident banal des syphilides tient ici la première place et non l’érythème ou la plaque qui en sontle substratum. Quelques mots sont accordés à la diphtérie syphilitique de Martin, mais sans citation d’auteur. « Quelquefois on aperçoit une transition à l’inflammation croupale, la muqueuse rougie se couvrant d’une couche mince d’exsudat coagulé ».

Les ulcères sont divisés en secondaires (plaques muqueuses éroslves et autres, ulcères non excavés des Anciens) et en tertiaires (gommeux). Ils siégeraient sur les tonsllles, le voile du palais, la luette et la paroi postérieure du pharynx, a Les ulcères secondaires affectent des formes analogues à celles des ulcères prinritifs des parties génitales. Cependant c’est l’ulcère induré, à contours irréguliers, à fond lardacé et enfoncé et à bords infiltrés qui se présente le plus souvent. Les lésions tantôt s’étendent de préférence en surface et détruisent alors de grandes portions de muqueuses de l’arrière-gorge (ulcères serpigineux superficiels déjà signalés par Hunter, mais qu’il n’attribuait pas à la syphilis), tantôt envahissent les fosses nasales posté-

1. Reumont, Galligo et axant eux quelques syphiliographes, axaient décrit chez des syphilitiques des catarrhes et même des granulations qu’ils regardaient comme spécifiques.

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rieures et le larynx; parfois elles deviennent profondes ef détruisent non seulement la muqueuse mais encore les parties sous-jacentes (accidents secondo-tertiaires de Ricord ou même tertiarisme) », L’écrivain ne fait pas suffisamment à ce sujet la distinction capitale basée sur la chronologie. Les altérations destructives qu’il énumère n’ont rien de bien neuf non plus; cependant il signale le rétrécissement pharyngé et l’atrésie de l’orifice de la trompe, mais sans insister.

Les excroissances seraient des sortes de condylomes^ ou de verrues qu’on retrouverait parfois sur les amygdales. L’auteur dit ensuite quelques mots sur les symptômes et la marche. « Le catarrhe syphilitique de l’arrière-bouche ne se distingue pas, dès le début, des autres formes de catarrhes, et le diagnostic ne devient possible qu’avec les progrès de la maladie. Lorsqu’un malade éprouve depuis des semaines des douleurs dans la déglutition, que ces douleurs sont d’une intensité modérée et qu’elffis ne se sont pas manifestées subitement, mais petit à petit, que les symptômes résistent avec une grande opiniâtreté aux moyens ordinaires, il y a lieu de concevoir un fort soupçon sur la nature du catarrhe de l’arrière-bouche et de lui attribuer une origine syphilitique. Quand ces symptômes se présentent chez des individus qui ont soufïert, il y a quelques semaines, d’ulcères primitifs, ce diagnostic acquiert tous les caractères de la certitude.

« Les ulcères syp’nilitiques de l’arrière-bouche souvent n’occasionnent pendant longtemps que peu d’embarras ; une sensation de sécheresse et de brûlure dans la gorge et de faibles douleurs en avalant; c’est tout ce qu’on observe. Les malades imprévoyants n’apportent que peu

1. Ce sont les plaques -végétantes de beaucoup d'auteurs français.

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d attention à ce petit malaise, et ne recourent à l’aide du médecin que quand le mal a pris une extension plus grande et amené des douleurs plus vives. Les solutions de continuité du -palais engendrent une manifestation caractéristique de la voix et peuvent rendre la dégluti^ tion excessivement pénible ; ajoutez à cela, quand la maladie gagne les fosses nasales, des'écoulcments fétides par le nez, et l’enrouement quand elle envahit le larynx.

« Les éléments d’un diagnostic certain sont fournis par un examen local. En deux endroits seulement, sur la face supérieure du voile du palais et sur la paroi postérieure du pharynx, il peut devenir difficile de découvrir les ulcères. Au premier de ces deux endroits, on est en droit de les soupçonner toutes les fois que les malades se plaignent de douleurs persistantes et intenses dans la déglutition sans qu’il soit possible de découvrir les ulcères, lorsqu’en outre la face antérieure du voile du palais paraît d’un rouge foncé ou violet et montre d’une manière évidente une plus grande résistance, lorsqu’enfin les malades expulsent de temps à autre des mucosités sanguinolentes en soufflant par le nez, ou ramènent par le reniflement ces mucosités dans l’arrière-bouche. La certitude n’est acquise que lorsqu’on réussit à atteindre avec le doigt la surface irrégulière indurée et excessivement douloureuse de l’ulcération qui occupe la face postérieure du voile du palais L

cc Le diagnostic de ces ulcères importe d’autant plus, que ce sont eux précisément qui servent de point de départ aux destructions les plus terribles. Les ulcères

1. Les lésions du cavutn avaient été signalées déjà par des auteurs antérieurs, notanament en France. Ils avaient même mentionné les troubles auriculaires, mais tout cela se tenait encore dans le vague, faute d’examen direct des lésions.

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de la paroi postérieure du pharynx, situés derrière le voile du palais, se découvrent quelquefois à l’inspection de la cavité pharyngienne, lorsqu’en tenant la langue abaissée, on fait prononcer par le malade la voyelle a, ou bien lorsqu’on soulève la luette et le voile du palais avec une spatule ». Quant aux excroissances, absolument indolentes, elles ne se révéleraient que lors d’un examen fortuit de l’arrière-gorge pour un autre motif.

L’article consacré par Rollet à la syphilis du pharynx est non seulement une excellente mise à point, fournissant en quelque sorte l’inventaire des connaissances de l’époque sur le sujet, mais il renferme çà et là des vues particulières à l’auteur. Il accentue, plus que Baumès, Cazenave, La Martellières et Pillon, le tableau de l’angine syphilitique du début i, au lieu d’en faire un simple érythème à réaction locale généralement très atténuée, ce Cette angine est caractérisée au début par une rougeur vive de l’isthme du gosier avec gonflement et douleur, gène parfois assez grande de la déglutition. » Ce stade congestif ferait place à des lésions de tout autre caractère, cc Le plus souvent l’angine, après avoir été d’abord érythémateuse, devient papuleuse, ulcéreuse ». D’ailleurs, elle pourrait commencer par ces altérations spéciales ; « ou bien elle (l’angine) débute par l’état papuleux, c’est-à-dire qu’elle se manifeste d' emblèe~ sous forme de plaques muqueuses avec les caractères

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